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 A glass of blood || Mezariel

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MessageSujet: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 12:10



Mezariel D. de SaintLouis ~



Informations



© Livejournal - Len Kagamine || Vocaloid

Nom : de SaintLouis
Prénoms : Mezariel Denovan Emmanuel Elison
Sexe : Masculin
Date de naissance : 25 Décembre
Âge : 25 ans
Race : Lycan (bâtard hybride)
Classe : Paladin
Métier : Marquis
Armes : Une épée à une main
Sorts : //
Pouvoirs : //
Orientation amoureuse : Hétérosexuel, les femmes sont délicieuses
Situation amoureuse : Célibataire, coeur à prendre


Description Mentale

   Le plus ironique, ce soit que cette créature, à mi-chemin entre l’humanité et tout autre chose, ne soit pas le plus grand des dangers pour ses pairs, quel qu’ils puissent être. Son âme, si tant est qu’il en possède une, puisque le Seigneur n’a jamais accepté un seul loup dans les limbes du Paradis, n’a pas pour vocation de partir en quête de problèmes avec qui que ce soit. D’un tempérament calme et droit, le Marquis de SaintLouis sait parfaitement qu’agir aussi bêtement ne ferait que le rabaisser au même niveau que tous ces êtres pathétiques qui ont passés des années à s’acharner sur lui avec une certaine persévérance malsaine. Et ça, plutôt être pendu aux premières lueurs du jour que de laisser une aberration de cette sorte arriver un jour.

   Ce n’est pas qu’il enferme en son âme et conscience un orgueil ou une fierté particulièrement marqué - loin de là, puisqu’il en possède une juste dose – mais il aime à s’estimer tout de même d’un tout autre niveau que ces gens-là. Ou du moins, il essaie de s’en convaincre, puisque lui-même flanche parfois contre l’amère vérité qui s’impose à lui, et le fait se sentir comme un monstre, un banni, une chose qui ne devrait même pas avoir droit d’existence. Tout ceci est faux, bien entendu, mais dans de tels moments de troubles, rien ne saurait lui faire entrevoir une vérité autre que celle qu’il s’inflige, meurtrissant a chaque fois un peu plus son cœur trop tendre.

   Mais, s’il n’est pas le genre de personnages fourbes et détestables, il n’en reste pas moins qu’il se renferme un peu sur lui-même pour contenir une certaine tristesse, tout au fond de son âme écorchée vive depuis sa venue au monde. Entre le meurtre de sa mère par son Grand Père parce qu’elle était une humaine bohémienne et les sévices auxquels l’avaient presque habitués ses cousins et cousines durant une partie de son enfance, il a eu un peu de mal à faire abstraction de tout cela. Ainsi, pour ne pas étendre ses problèmes à tout le monde, il les garde pour lui, en prenant soin de rester évasif s’il en parle. Il faut vraiment le surprendre en plein élan de nostalgie pour espérer pouvoir en tirer davantage de lui. Oui, en temps de très grand trouble en lui, il devient un peu plus « bavard » de temps en temps. Inutile de chercher à en savoir plus par la force, ça ne fonctionnera nullement. Ceci produira même l’effet inverse à vos espoirs alors mieux vaut ne pas tenter le diable de la violence si vous souhaitez en savoir plus sur lui.

   Sa naïveté et sa gentillesse parfois trop poussées font qu’il se retrouve bien souvent déçu et rejeté du reste d’une communauté. Il tente de ne pas se lier de trop avec des êtres autres que celles formant sa meute, mais il ne parvient jamais à tenir cet objectif, et toujours, le retour de la lame finit par l’atteindre, de façon plus ou moins prononcé. Et le pire dans ce genre de situation, c’est qu’en grand et bon blessé de la vie, il va se rejeter la faute dessus de façon sempiternelle. Il redevient fragile tel l’enfant qu’il n’est plus lorsque ces rares « crises » font leurs apparitions – souvent au mauvais moment.

   Puisque la sympathie profonde hante ce corps-ci, il est sans doute inutile de préciser que les termes tels que ; vil, mesquin, malsain, fourbe et l’entièreté de leurs déclinaisons sont à bannir de la partition des agissements du Noble dont il est question ici. Il n’est rien de tout ça, au contraire même, il respecte la vie de tous a chacun bien plus que la sienne propre.

   Il est gentleman et très bon amant bien que la séduction ne soit pas l’activité à laquelle il s’adonne le plus. Jamais, en fait en y regardant bien car il appréhende un peu le contact avec autrui aussi intimement. Cela ne l’empêche malgré tout pas de savoir séduire et charmer les demoiselles avec de doux mots et des compliments bien placés. Il lui arrive de faire de même avec des jouvenceaux mais là… ce n’est pas volontaire du tout, notre jeune homme étant totalement tourné vers la gente féminine en matière d’orientation sexuelle.

   Bien que la foule trop compacte le mette de temps à autre mal à l’aise, il ne refusa pas une danse lors d’un bal et saura prendre sur lui, comme il l’a toujours fait, afin d’honorer au mieux le rang de Marquis qu’on lui a attribué, lorsque son père lui céda sa place. L’une de ses grandes hantises reste tout de même de décevoir un jour son père, plus qu’il ne l’a déjà fait par le passé.

   Malgré tout, il existe une entité qui est parvenu à accomplir l’exploit d’appliquer régulièrement un certain baume un tantinet appréciable, sinon réparateur, sur le cœur disloqué de cet hybride ; il s’agit de la merveilleuse mélopée des cloches saintes de grande qualité, dont les sons arrivent à calmer tous ses émois, qu’ils soient bons ou mauvais, comme c’est le cas la plupart du temps.

   Cet amour inconditionnel pour cette mélodie a tout de même un revers. Cela a fait naître chez lui une sorte, non pas de rancœur mais.. de jalousie envers les êtres humains. Il n’est pas rare qu’il soit témoin de cérémonie comme des Funérailles certes mais aussi, des Communions, des Confirmations et bien sûr… des Mariages. C’est précisément là qu’il faut regarder attentivement. A cause de son œil étrange, il est certain que jamais personne ne pourra totalement croiser son regard, et donc l’aimer pour ce qu’il est. Voilà bien longtemps qu’il a renoncé à l’illusion d’un amour partagé ; résigné à devoir prendre pour épouse, un jour, l’une de ses jeunes cousines. Ainsi, il a au moins l’impression que sa vie à une valeur moins anarchique que ce qu’il été habituée à entendre à propos de ça depuis sa plus tendre enfance. Et ça lui suffit pour se persuader qu’il y a peut-être un destin moins sombre qui s’offre à lui, pour peu qu’il prenne la peine de s’accrocher et de le rechercher convenablement. Mais ceci est encore un autre des mystères de sa complexe existence.

   A cause de son cache œil qui voile son orbe « difforme » aux yeux de ses congénères ainsi qu'une partie de la cicatrice qui parsème le côté droit de son crâne, il est rendu triste par ce genre de Messes car à son sens, les humains sont heureux, joyeux. Les voir « convoler » tous au fur et à mesure que le temps passe, le plonge dans un désarroi plus au moins profond car pour lui, à cause de ses stigmates, aucunes femmes ne le regardera jamais dans les yeux, et de telles pensées le blesse. Ce n’est pas parce qu’il est de temps à autres maladroit avec les relations intimes qu’il n’en désire pas, il est tout de même à moitié humain et surtout à moitié loup ; Et, ne l’oublions pas, ces animaux sont très sociables même si cela ne saute pas immédiatement aux yeux du commun des mortels… Alors il tente de se consoler aux sons des chants de Cloches. Celles-là même qui n’ont jamais encore sonné pour lui, et il sait bien cela.

   Complétons enfin cette description en y apportant une touche de ténèbres. Car aussi aimant et sympathique – bien que régulièrement sur la défensive – puis-ce être ce spécimen d’Infant, il recèle tout de même en lui l’un des principaux pêché Capitaux, puni par la sacralité elle-même. La Colère. Noire, sourde, profonde, celle que tout le monde cultive mais n’ose jamais laisser s’exprimer. Et bien le Marquis est ce genre de personne. Il ne laisse pas sa rage divulguer ses pensées à la moindre provocation ou moqueries, ça il y a été suffisamment habitué lors de son enfance pour ne pas en faire cas. Mais si, en revanche, vous avez l’audace de toucher à quelque chose qui lui est cher –même s’il ne le montre pas forcément – attendez-vous à affronter un véritable mur. Dans de telles situations, il ne saurait contenir ses envies et ses instincts, si meurtriers soient-ils. Nul ne l’a encore vu en proie à un pareil sentiment.

   Maintenant que vous en connaissez un peu plus sur cette étrange unité, Invité serez-vous de ceux qui l’observe seulement de loin, sans jamais interférer avec lui ou bien…Changerez-vous la donne présentement consignée ici, en quelques lignes ? Il n’y a bien que vous pour pouvoir nous le dire.



Description Physique


   Cet homme, regardez le bien. Observez attentivement les traits de son visage, les courbes de son corps, son entière unité. Ne laissez rien vous déconcentrer outre mesure car il vous est demandé une acuité en excellente forme pour la tâche que nous nous apprêtons à vous donner. Votre regard perçant coule sur sa silhouette tandis qu’il semblerait presque attendre en retrait du reste des nobles en train de danser les uns avec le autres, présentement. Un verre à la main, il ne cherche guère à se faire remarquer outre mesure.

   Cet individu a vu le jour il y a un peu plus de deux décennies désormais. Le voile du temps ne gâche en rien sa beauté, présente de façon bien naturelle sur son derme. Ce bel inconnu ne vous laissera pas de marbre, ceci est certain.

   Bien des femmes ont tenté de l’ignorer depuis son entrée officielle à la Cour, mais toutes s’y sont cassé les dents, certaine allant même réclamer implicitement sa présence au creux de leurs draps satinés. Ce fut également le cas pour beaucoup d’hommes se cherchant encore, mais là, en revanche, leurs avances ne connurent ni réponses ni échos d’aucune sorte. Cet excentrique apprécie exclusivement la compagnie de la gente féminine dès lors que les circonstances font que les conversations deviennent plus intenses qu’un simple échanges de mots et d’opinions. Non intéressés par ces messieurs les hommes, il n’en demeure pas moins poli, courtois et respectueux en toutes circonstances.

   Cet homme, regardez le bien, encore. Il attise la curiosité, partout où il passe ou presque. Malgré sa volonté désespérée de vouloir se fondre dans la masse, et disparaitre un instant, loin des regards enflammés qui pointent dans son dos, il n’y parvient pas. Pire encore, sa détermination à s’essayer au camouflage de l’ombre dans les grandes salles de réceptions ne fait qu’attirer encore plus les yeux des convives à prendre racine sur sa personne. Il ne connait pas la monotonie, encore moins que l’anonymat, lors des bals organisés au Palais. Que ce soit pour sa chevelure aussi chatoyante que l’or, son visage d’ange ou encore son cache œil dés plus intriguant, il ne se passe jamais un tel événement sans que l’on vienne l’aborder au moins une fois.

   Tantôt des filles de joie qui ne verront pas leur requête obtenir satisfaction, tantôt nobles de grandes familles bien vite intrigués par sa stature et son élégance innée, il aura toujours quelqu’un avec qui converser.

   Il se remarque également par sa taille et son apparence. Nulle ne penserait que ce damoiseau puisse faire courir le fil de son épée sur une gorge ennemie si cette dernière avait menacée d’une façon ou d’un autre la Royauté ; Et pourtant…

   Mais ceci est un tout autre débat auquel nous ne devons pas encore accorder toute son importance. Nous y reviendrons. Détaillons encore un peu plus cette divine esquisse qui se déploie devant nos yeux curieux.

   Surélevé à une hauteur totale d’un mètre soixante-dix-sept pour un poids dérisoire, cet insolent fait plus d’un jaloux au sein de la Noblesse. Mais on ne peut lui en vouloir ; Car quoi qu’il en soit, le simple acte qu’est celui de déposé nos agapes sur lui fait s’envoler immédiatement toute colère et toute animosité, surtout si l’on est une femme dans la fleur de l’âge, rêvant aux contes bonne enfant sur les preux chevalier et autres paladins emplis d’une galanterie aussi rare que naturelle, tel un diamant.

   Il est vrai que si ce garçon reflète presque l’expression d’un doux songe, il n’en reste pas moins un « simple » Marquis, et en ce sens, la rêverie des chastes demoiselles ne saurait être appliquée dans toute son entièreté au sujet de notre hôte.

   Ses muscles paraissent taillés à la manière des sculpteurs italiens, ceux-là même qui n’accepterait jamais un seul défaut sur leurs créations et préféreraient se pendre haut et court plutôt que de laisser subsister une imperfection sur leurs œuvres, quelles qu’elles soient. Il est vrai que le peu de personne ayant pu voir ce qui se dissimulait en dessous e ces épaisseurs de vêtements couteux ne furent guère déçues du voyage et de la patience qui leur aura été nécessaire afin d’observer cet étrange régalia.

   Mais c’est encore et toujours son visage qui magnétise la curiosité de tout à chacun. Même alors qu’il se décide enfin à danser avec une bien entreprenante dame de compagnie de sa Majesté, n’ayant démontré aucune gêne à lui prendre elle-même le bras pour l’entrainer sur le piste de danse, ou il commence à œuvrer en bon privilégié qu’il est. Chacun des mouvements qu’il engage montre presque la souplesse et l’agilité dont il est capable au reluisant rangs des Dons. Au rythme de la musique de l’orchestre, il tournoi sur lui-même, faisant ressentir a sa partenaire combien il sait être admirable, et à quel point elle n’a pas eu tort de le dévorer du regard non sans une gourmandise palpable, depuis le début de la soirée.

   De prés, elle ne peut que rougir devant l’adonis qui la tient dans ses bras puissants et vigoureux, que l’on sent parfaitement musclés – sans trop l’être toute fois- rien qu’en apposant ses paumes sur l’un des avant-bras et l’une des épaules du Notable. Enfin, à l’apogée de sa démonstration, son parfum doux et musqué réveille chez la jeune femme des instincts précaires. Elle se mord la lèvre inférieure, continuant sa mutine observation tout en se rapprochant toujours plus de lui, avec l’espoir que, peut-être, il l’invitera dans ses appartements pour une petite visite privée… Voir plus encore.

   Les traits finement présents de son visage en font presque froids dans le dos. La perfection aurait pu se faire encore plus appliquée, par-delà cette peau sucrée presque uniformément laiteuse, douce et sans aucun défauts visibles. Toutefois, sans doute le Ciel, jaloux d’une pareille somptuosité, décida de punir cette intolérable insulte a ses propres anges en condamnant l’être décrit en ces quelques lignes à porter la majeure partie de son temps un épais cache-œil de cuir noir sur son orbe droit ; Ou plutôt, ce qu’il semble en rester. Une cicatrice, légèrement plus foncée que le reste de l’épiderme de ce supposé adolescent, a probablement essayé d’entacher son superbe faciès, presque comparable à une œuvre d’art. Mais cette bien vaine tentative n’eut point l’effet escompté, bien au contraire, elle ne fait qu’en rehausser le mystère, le rendant toujours plus beaux sous les frasques imaginatives de ses courtisanes.

   Que peut-il bien cacher ainsi sous cet accessoire ? La plupart restent persuadés qu’un œil lui a été retiré, mais tout au fonds d’eux, au sein de leur maladive curiosité naturelle, ils aimeraient le vérifier par eux-mêmes en lui ôtant cette chose qu’ils considèrent comme étant une fantaisie. Oh, tient, d’ailleurs, puisque l’on en parle, voici que la donzelle, animé par un courage soudain, essayât de faire glisser le cache-œil par-delà le crâne portant la tignasse blonde. Mais ses doigts baladeurs sont rapidement stoppées par la poigne ferme mais délicate du Marquis qui l’empêche de mener à bien ses desseins.

   Elle en demeure frustrée, cela se lit parfaitement sur son visage, mais elle n’ajoute rien de plus, par fierté déplacée, sans doute.
   Comprenant cela, l’homme exécute alors une superbe révérence et pivote pour faire demi-tour et rejoindre alors ses appartements. Il s’en va, seul. Tant pis pour l’autre jeune femme, si l’un des défauts les plus prononcé de l’humanité ne lui avait pas dicté sa conduite, peut-être que ses espoirs n’auraient pas été totalement vains, en définitive.

   De retour entre les murs de son logement, le Noble se dévêtit. Enfin, après avoir pris le temps d’observer encore un peu les jardins Royaux par la fenêtre de son lieu de vie, il délit le lien de cuir qui maintient son secret embastillé aux yeux de tous. Maintenant libre, son œil difforme, dont l’apparence est caractéristique des orbes de loups enchaine les mouvements dans plusieurs direction, afin d’être sûr de n’avoir pas perdu ne serait-ce qu’un dixième de ses compétences visuelles. Tous ignore que c’est bien cette étrangeté qui en fit un paria auprès des « siens », le menant presque à la frontière du bannissement de sa « meute ».

   Il secoue la tête, à présent, éreinté. Il a besoin de repos et resonger au passé n’est en rien une solution à ses problèmes de l’heure. Ôtant de sa chevelure mi- longue la cordelette qui la maintenait jusque-là en une forme de queue de cheval haute et sans défauts, il laisse ses cheveux reprendre leurs pleins pouvoirs sur son visage, ses joues et ses tempes.

   Sa mâchoire se décroche, il est l’heure pour lui d’aller se coucher et d’amasser suffisamment de force après cette soirée de distractions. S’avançant vers son lit à côté duquel, sur la table de chevet en bois noir, se consume encore une bougie presque arrivée à sa limite, ses lèvres se courbent en un « o » et il souffle tendrement sur la vaillante étincelle restante. Il vient de tuer la lumière de ce lieu, jusqu’à ce que le disque solaire daigne revenir meubler le ciel, d’ici quelques heures. Ses paupières se closent et il lui tarde de parvenir à se reposer comme il se le doit. Après tout, la prochaine nuit sera richement parée d’adrénaline.

   Sous sa forme empruntée aux légendes obscures, lors des nuits de pleine lune seulement, ce bellâtre laisse parader tout sa superbe.

   Les marques laissées sur la peau de son visage disparaissent, bien vite recouverte d’un épais pelage oscillant entre les tons miel et champagne, le tout dans une troublante harmonie. L’animal mesure deux mètres au garrot mais est plus petit que la moyenne au niveau du buste, qui est bien moins proéminent que ceux de ses pairs. Cette carrure est parfaite davantage pour la course que l’affrontement direct.

   La douceur de sa fourrure est visible sans même avoir besoin de le toucher. Nombre de chasseurs imprudents ont ardemment désirés clouer cette apparition sous la forme d’une vague descente de lit ou d’un splendide manteau de fourrure, mais jamais personne n’y parvint. La bête est intelligente, et à ce titre, elle sait parfaitement ou se dissimuler et comment s’y prendre pour ne pas être vue par l’ennemi.

   Ses agapes azures et pour le coup jumelles savent comment embastiller une âme humaine dans un carcan de folie terrifiante, forçant n’importe quel individu un tant soit peu conscient a prendre la fuite devant cette bête de cauchemar. Pourtant, peu d’âmes se doutent que malgré les apparences, malgré les crocs luisants sous la nitescence de l’astre de la nuit, ce n’est pas de ce loup-ci qu’il faut avoir peur. Lui, jamais il n’a eu, malgré ses facilités à le faire, à ôter une vie à l’aide de ses mâchoires remplies d’un décor dentelé. Jamais. Il s’y refuse. Aucune ressemblance n’existe de façon profonde entre lui et les vicieux avatars du malin que l’on cite toujours dans les rumeurs qui se transmettent de générations en générations depuis l’aube des temps. A le voir ainsi, on peut douter de son appartenance au clan lycanthrope ; Preuve s’il en est, que cet être est bel et bien à part de tout le reste, comme indéfinissable.

   Il serait impossible de mettre toutes les âmes d’accord sur la « beauté » d’une seule et même personne. Chacun possède des « canons » de magnificence qui diffère de ceux de son voisin ou de son plus proche ami. Ici se termine le portrait dressé de ce Marquis, avec un point de vue sans doute tout autre que le vôtre. Mais ne soyez pas intimidé, voyons ; Invité, prenez la plume a votre tour et décrivez le comme vous entendez le faire ; Nos ouïes sont impatientes de connaître les mots que vous utiliserez a cette ouvrage.



Histoire


Prologue - Partie Première;

Sur les plaines enneigées du territoire lycan, un cri strident perce la nuit et son manteau de silence. Nul terreur dans cette troublante vocalise, seulement de la douleur. Encore et encore, sans que cela na paraisse pouvoir s’arrêter un jour. Le sang coule a flot, entourant le corps pâle et neuf, réveillant l’instinct primaire des créatures qui l’entourent. Mais elles doivent garder leurs sang-froid et leurs maîtrises absolues d’elles-mêmes des bêtes féroces qui se débattent furieusement à l’intérieur de leurs corps, voulant sortir et se repaitre de la nouvelle chaire moelleuse qui gesticule alors sous des yeux arrondis par la satisfaction. Les visages se fendent un a un d’une batterie de sourires solides, réconfortant peu a peu l’éprouvée. Douze heures qu’elle vient de passée, allongée sur ce lit inconfortable, rempli de paille ; Douze heures qui lui parurent interminablement longues. Et pourtant, voici que le Divin jugeât bon de mettre un terme a son impitoyable souffrance. Enfin, elle peut respirer comme elle le désire.

Le petit être, tout juste expulser de la matrice chaude et charnue, l’ayant accueilli gracieusement pendant bien des lunes, se voit envelopper dans un drap propre, avant d’être porté auprès de celle qu’il a tant fait souffrir, mais qui n’attendait que sa venue pour donner un sens a cette fastidieuse épreuve.

Nul mot n’est prononcé alors, le silence règne. Comme si chaque âme dans cette pièce retenait son souffle, a l’approche d’un danger invisible. La scène ne saurait être plus émouvante, surtout lorsque l’on voit la jeune mère caresser ainsi tendrement, du bout de ses doigts endoloris par l’effort, le visage calme de son poupon, qu’elle ne manque pas de bercer et d’embrasser. Comme s’il était la huitième merveille du monde. La vérité s’en approche, il est vrai. Quelle mère n’a jamais trouvé son nouveau né comme étant le plus beau de tous, entaché d’aucun défaut que la nature aurait pu vicieusement laissé trainé a l’insu de tous ? Aucune.

Les serviteurs et sages-femmes voient alors leurs sens s’élever a un niveau d’alerte rare. Tous fixent la seule porte de l’endroit. Une odeur familière flotte dans l’air, du même acabit que celle qui nage dans le sillage de la Faucheuse après son funeste passage. Mais aucun ne se laisse impressionner et bien vite la détente vient apposer son baume sur leurs nerfs à vifs. Il était temps.

Le plus responsable du petit groupe – exception faite de la mère qui cajole toujours sa progéniture -, qui se trouve être également le maître de tout les serviteurs, s’avance jusqu'à la pièce de bois, et d’un geste fluide et agréable a l’œil, se glisse sans bruit a l’extérieur, se retrouvant ainsi les deux pieds dans l’épaisse couche neigeuse qui continu de croitre en cette obscurité troublée par les ô combien nombreux flocons. Il n’a point oublier de se munir d’un vêtement adéquate, bien entendu. Mais cette étoffe ne lui étant pas destinée, il se contente de la porter sur son avant bras.

Soudain, deux colonnes de fumée se dessinent dans la noirceur de la nuit, tout prés du domestique. La lourdeur de pattes puissamment abattus sur le sol, afin d’avancer au mieux se fait également entendre sans mal aucun. Et voici la bête de qui tout le monde est censée avoir peur. Elle s’approche sans crainte aucun vers l’homme et le regarde droit dans les yeux, armée de ses crocs dissimulés mais pourtant très présent et ses yeux inquisiteurs, comme si ces deux cristaux flamboyants attendaient une quelconque réponse. Le bipède incline poliment la tête et va même jusqu'à poser un genou à terre, ressentant alors pleinement la morsure du givre, malicieusement caché sous la pâleur de l’eau cristallisée. Mais il n’en a cure et s’empresse alors que rompre la litanie que le vent s’autorise seul en flirtant dans les vallées assombries des alentours en délivrant la réponse tant attendue par l’animal devant lui. Aucune trace de surprise ou de peur sur son visage, il sait ou est sa place. En face de lui se trouve l’Alpha.

   « C’est un garçon, Monsieur. »

Aussitôt, a la simple prononciation de ses paroles, la créature laisse s’évader un grondement de sa gorge puissante et diminue alors de volume, de plus en plus, et en seulement quelques secondes. La fourrure dévoile alors une peau nue et laiteuse, les griffes mortelles et les crocs cèdent leurs places à de communes dents d’humains et des ongles tout aussi inoffensifs. Comme taillé dans du marbre de première qualité, voici le Chef de la famille qui s’expose a la vue de son serviteur, sans pudeur.

Immédiatement, ledit soumis se relève alors et vient apposer sur les épaules de son dominant le tissu qu’il n’avait pas omis de prendre avant de venir a sa rencontre pour l’accueillir. Maintenant chaudement abrité sur la majeure partie de son corps, il ne reste plus que ses pieds pour venir contredire cette vérité, en restant là, a même le sol refroidi par la saison hivernale.

N’y prêtant cependant aucune attention, au contraire du bêta, il attend que ce dernier lui ouvre la porte afin de pénétrer à l’intérieur de la bâtisse. Comprenant l’implicité de l’ordre enroué par le creux de parole volontairement laissé, le serviteur s’exécute rapidement, ouvrant grand la porte et s’écartant respectueusement, reprenant par après sa position d’entière soumission face à la hiérarchie, soit agenouillée sur la terre glacée. Le Maître entre alors tout entier a l’intérieur des lieux, ou l’agitation retombe tout juste, celui venu l’accueillir sur ses talons, refermant rapidement la porte afin que la vie supplémentaire alors a l’air libre ne soit pas frapper par la crève ou un quelconque autre mal lié à la nature sauvage et impétueuse.

Sa cape de lin flottant dans son dos, il s’approche de l’épuisée et porte immédiatement son regard sur le morceau de chaire rose qui se tient tranquille entre les bras de cette dernière. Son fils ; Le premier d’une fratrie. Une certaine fierté s’empare de l’homme à cette pensée. Et, tandis qu’il apostrophe de son descendant, il le soulève alors en le tenant fermement en dessous des bras, juste au dessous de sa tête. Comme une cérémonie de baptême pour le moins singulière, la lourde voix rauque du chef de meute résonne alors entre ces quatre murs d’une maisonnette isolée, devant tout ses « compatriotes ».

   « Te voici venu au monde, mon fils, Denovan Elison de SaintLouis. »

Comme si le nourrisson avait pu comprendre les mots de son père, bien que cela soit clairement impossible alors qu’il a moins d’une heure de vie en sa possession, il émet un rire plaisant aux oreilles des créatures a forme humaine puis se retrouve de nouveau entre les bras protecteur de sa madone, qui le blottit contre sa poitrine, gorgée de lait nourrissant a son intention.

L’Alpha s’éloigne alors, en retrait, observant son épouse et la chaire de sa chaire remuer a l’intérieur du cocon protecteur formé par le corps tout entier de cette dernière. Voici trente trois ans qu’il vit ; Et il goute encore au nectar suave de l’inconnu en devenant père pour la toute première fois. Le sang des Triquavel, -anciens guerriers celtes devenus les Seigneurs de ces terres- qui coulait dans ses veines uniquement jusqu’ici, vient d’être transmis a un être tout frais, promis sans aucun doute a un merveilleux destin. Comblé d’ajouter un nouveau nom a sa lignée de sang-pur, il promène son regard sur la nymphe du diable ayant revêtu forme humaine tout le long de sa grossesse, sa femme. En tant d’années d’existence, il ne se souvient pas avoir jamais vu de louve plus belle que celle-ci. De quinze ans sa cadette, elle n’en demeure pas moins parfaite pour sa personne. Ils pensent exactement de la même manière et aime a diriger comme il l’entende la meute qu’ils se constituèrent peu a peu, avant de procréer.

En cet an de grâce est alors venu au monde l’âme souillée par son propre sang qu’est celle de Denovan Elison de SaintLouis. Amené à être un jour Marquis à la Cour du Roi des Lycans, il ignore encore les épreuves que le Destin a prévu de lui jouer avec félonie. Heureusement pour lui, d’ailleurs. Pour le moment, encore innocent et inconscient du monde qui l’entoure, seulement préoccupé par le liquide savoureux que lui délivre sa mère, il ne fait qu’agir comme le nouveau né qu’il est, sans aucun sens de la perspective. Il s’endort a présent, repu et réchauffé. Sa mère sourit alors en le tendant a l’une des louves sages femmes, qui l’aida dans tout le processus de mise au monde de son tout premier enfant. Puis, elle sourit a son époux. Ce rictus veut tout dire. Voici neuf mois qu’elle n’a pu se transformer en bête, et l’impatience la ronge au point qu’elle se sent capable de mettre la fatigue accumulée de côté pour profiter, au côté de son aimé, des joies de la chasse sous sa forme primitive.
Ce soir là, inexplicablement, plusieurs vies furent ôtées, afin de compenser l’énergie dépensée pour permettre a Denovan Elison de voir la lumière, non pas du jour, mais du feu qui dansait dans la cheminée toute proche. Telle est la loi primaire à laquelle obéissent toutes les créatures de fantasmes, dont les loups font partis.

Prologue - Partie Seconde;

L’année était déjà bien entamée, de même que le dix septième siècle. Le doux parfum des fleurs d’acacias flottait dans l’air, balloté par la brise légère de ce matin d’Avril. Sur la rive d’un lac est arrêtée une carriole pour le moins particulière. Les chevaux savourent de succulentes pousses d’herbes encore humides de rosée, ne se souciant guère de l’agitation prédatrice s’étant emparée sans pitié aucune des occupants de la roulottes. Pourtant les bruis de pas cognant contre le bois faisant office de sol se font de plus en plus nombreux et rapides. Toutes les minuscules fenêtre de la caravane ont été ouvertes au maximum, afin que l’air, bien que déjà chaud, ne manque pas a la pauvre fille nomade qui se cambre, encore et encore sous le joug de l’intolérable douleur dont son corps est l’hôte depuis bien trop longtemps a son goût. Une poignée de minute lui semble déjà être une éternité, et ses hurlements n’arrangent rien aux faits. Son impression est telle qu’elle a la certitude qu’on l’éviscère vivante, a l’aide d’un couteau émoussé, peu recommandé pour cet usage. Pourtant il n’en est rien.

Absolument rien.

En revanche, il est vrai que son accouchement se fait bien plus douloureux que prévu. Elle qui avait déjà donné la vie par le passé ne comprends guère pourquoi diable cette naissance est plus douloureuse que les autres. Rien ne diffère des précédentes, les enfants ont le même père et aucun pêché d’adultère n’est a reproché a la splendide incarnation féminine que voici car bien qu’elle en ait du de nombreuses fois l’occasion, jamais ô grand jamais elle n’aurait osé tromper l’homme qu’elle s’était elle-même choisit. Les incohérences de ses interrogations tournoient à l’intérieur de sa tête, inhibant sa logique, sombrant de plus en plus vers l’exotisme des complaintes qu’elle invente sans mal alors que la souffrance grimpe encore d’un subtil niveau pourtant bien ressenti.

A côté d’elle, son propre mère lui tient la main, épongeant son front d’un mouchoir séculaire, tandis que sa grand-mère quant a elle, récite quelques incantations étranges, convaincue que sa supposée magie lui permettra de délivrer sa petite-fille des griffes acérées du malin, celui là même qui prend grand plaisir a la torturé de l’intérieur, par le biais de son enfant.

Bien vite, des tâches rougeâtres viennent colorées a leur tour ce moment paradoxale, ou douleur et bonheur se confrontent, se caressent, s’hypnotisent mutuellement jusqu'à s’ignorer eux-mêmes et tromper les sens des êtres humains au mieux. Le travail est harassant, et les muscles se contractent autant que le leur permette la physionomie sur laquelle ils ont été bâtis sans discontinuer. Donner la vie est une épreuve, et la jeune femme répondant au nom d’Eliade n’ira jamais plus se risquer à prétendre le contraire. Vite, elle a grand hâte que son bébé s’extirpe de ses entrailles afin de pouvoir reposer tout son corps et dormir aussi longtemps qu’elle le désirera.
Les hommes attendent devant la porte fermé de leur maison montée sur roues. Impatients et jeter vif dans les filets du stress le plus intense, ils espèrent que tout se passe au mieux a l’intérieur, même si les cris de la femme les plonge a chaque fois un peu plus dans l’immense océan du doute, en plus de geler d’effroi leurs échines respectives.

C’est alors qu’une petite tête surmontée d’une épaisse forêt de boucles sombres fait son apparition, derrière l’un des grands cercles de bois supportant le poids conséquent de la carriole. Ses grands yeux noisette se baladent tantôt sur les plaines vertes, aux superbes couleurs, dans laquelle ils se sont récemment arrêtés tous, tantôt sur les silhouettes des deux gaillards prenant leur mal en patience, les mains croisées dans le dos et des mines sombres accrochées au visage.

Timidement, il s’avance a pas tremblant vers son père et son grand-père. Il a peur. Oui, entendre sa mère pousser de telles plaintes déchirantes, comme si un monstre était en train de la dévorer vive, fait s’activer son imagination bien trop débordante et lui noue l’estomac. Il a besoin de savoir ce qu’il se trame a l’intérieur. Pourquoi tout ce brouhaha et cette précipitation ? Serait-ce l’enfant ayant arrondi de par sa présence le ventre de sa mère, qui est responsable de tout ça ? Il ne comprends pas. Aussi, tirant doucement l’une des manches de son géniteur, il attend sagement que ce dernier daigne tourner la tête vers lui avant de l’interroger de sa voix de tout jeune enfant :

   « Dis dis.. Pourquoi Maman elle cri ? Qui est-ce qui lui fait du mal, dis ? »

Ses prunelles d’argile commencent a s’embuer a cause des larmes naissantes, n’attendant qu’une seule mauvaise nouvelle pour faire craquer la barrière fine de ses yeux et dévaler ses joues de pêche. Son paternel lui sourit malgré l’angoisse qui le tient lui aussi au ventre et pose un genou à terre afin de se mettre a la même hauteur que son garçon. Passant une main dans ses cheveux, il frictionne vigoureusement le crâne du garçonnet dans le but de lui retirer toutes ces mauvaises pensées de la tête. Il aimerait qu’il en soit de même pour lui, mais les craintes qui bouleverse alors son âme sont belles et biens présentes. Toutefois, dans le souci de ne pas inquiéter inutilement l’enfant, il lui sourit aussi grand que possible et assorti ce rictus a quelques mots balancés en l’état, sans véritable profondeur.

   « Ne t’en fais pas, Lino, tout va bien, Maman est très heureuse en ce moment. »

L’homme remercia le ciel, a ce moment là, que son fils soit trop jeune pour comprendre les subtilité et comprendre l’essence même de son mensonge. Il n’avait pas d’autre choix que de fausser les vérités pour rendre au petit son sourire d’ange qu’il arbore tout les jours d’ordinaire. Déformer les faits et les arranger comme bon lui semblait étaient la seule solution qui paraissait s’offrir tout entière a lui, alors sans réfléchir, il s’en est saisi. Pour le bien de son fils.

De son côté, le dénommé Lino ne se posa pas davantage de questions et enlaça le cou de son père avec toute la force dont il était porteur, afin de la remercier de lui avoir ôter tout son tracas. Il ne comprenait pas tout, néanmoins, être assuré par son père que tout allait bien l’avait énormément soulagé. Après, quant a savoir pourquoi sa douce maman était heureuse de crier de la sorte, il n’en savait rien. Mais ne voulant pas se poser plus de questions maintenant qu’il avait la garantie que tout se passait pour le mieux, comme pour éviter de briser l’illusoire magie qui entourait les mots de son paternel, il fit prestement demi-tour et s’enfuit a toutes jambes pour aller jouer avec le petit poulain, né il y a deux semaines de cela. Et puis qui sait, peut-être trouverait-il de jolies fleurs dans la verdure, qu’il pourrait rapporter a sa génitrice, pour lui faire plaisir.

Le vieillard et son gendre échangèrent quelques paroles après cela, puis tout retomba dans un mutisme assuré par leurs angoisses. Intérieurement, tout deux priait un Seigneur en lequel ils avaient foi jusqu'à la moelle, de préserver leur famille du chagrin et d’empêcher que le démon ne prêche la vie de la jeune femme allongée là sur le lit de fortune, a l’intérieur de la roulotte. L’un craignait pour sa fille unique et l’autre pour sa tendre femme. Jamais il ne s’en remettrait s’il venait a lui arriver malheur.

Mais les brebis virent leur souhait commun exaucé très peu de temps après. Tout d’abord, nul n’entendit plus rien. Les cris de douleur avaient cessé et le calme était retombé, comme par magie, sur l’ensemble du panorama sur lequel leurs yeux s’efforçaient de ne pas glisser, pour mieux se concentrer sur leurs prières muettes. Rien, ni le hennissement de la jument toute proche, ni le craquement du bois de leur habitation n’aurait pu les préparer à ce qui allait suivre.

Effectivement, curieux de savoir ce qu’il s’était passé et n’en pouvant plus d’attendre ainsi, les mains pleines de fourmis tant elles avaient été serrées l’une contre l’autre, l’époux de la suppliciée tenta d’ouvrir la porte de la caravane. Ce fut a la fois un succès et un échec ; Au même moment, sa belle-mère poussa vigoureusement ladite pièce de bois, lui claquant la main jusqu’au poignet tant elle n’avait pas ménagé sa force d’ancêtre et jeta a sa figure deux seaux vides avant de devoir être réduite a crier ses ordres d’une voix stridente aux deux hommes hébétés qui se tenaient là devant elle.

   « Mais aller donc me chercher de l’eau fraiche au lac, sombres idiots ! » beuglât-elle, de sa bouche a l’intérieur de laquelle il manquait presque dix dents.

Illico-presto, le grand-père et le gendre s’emparèrent chacun d’un seau et se dirigèrent au pas de course vers la grande étendue d’eau qui léchait les pieds de la colline sur laquelle se trouvait leur charrette. Mine de rien, l’aïeule faisait mille fois plus peur que la Mort ou la crainte de cette dernière, lorsqu’elle s’y mettait sérieusement…Ou se mettait en colère, aussi.

Ayant ouïe la voix de sa grand-mère, Lino revint de nouveau sur ses pas, avec une expression qui voulait tout dire sur sa bouille d’enfant. Lui souriant, sa « mémé », comme il aimait a l’appeler, l’aida à monter a l’intérieur et le conduisit jusqu'à la couche ou se trouvait sa mère, en sueur, épuisée, mais heureuse comme il ne l’avait encore jamais vu l’être. Un large sourire étirant ses lèvres roses, semblables à un papillon aux ailes entièrement étendues, la maternité posa pour la seconde fois sur elle, un voile de pureté, serti d’embruns de douceurs, pour rehausser sa beauté naturelle. Le petit garçon arrêta alors son regard sur la petite chose qui gigotait contre sa mère. Une minuscule petite boule de chaire rosée, sans un seul cheveux ni rien qui aurait pu le rendre ne serait-ce qu’un peu plus beau. Il était… laid ce bébé. Enfin, c’est là ce qu’avait pensé le jeunot en apercevant sa petite sœur pour la toute première fois de sa vie.

La nature toute entière paraissait réfléchir, s’était tut un instant, le temps que l’enfant assimile bien que désormais, il n’était plus le seul chérubin de cette famille.

Intrigué, il osa approcher un petit doigt maladroit sur les lèvres du poupon et parvint a lui ouvrir la bouche. La encore, rien d’un temps soit peu élégant. Nulle dent bien blanche présente a l’intérieur de cette cavité détrempée de salive.

   « Bwark ! Il est pas bô ! Fit le petit brun avant de se reculer promptement, comme s’il avait vu l’incarnation latente d’un démon. Hilarité générale, les deux femmes sourirent encore plus a la prononciation de cette simple phrase.
   -Elle, Lino, c’est une petite fille. Rétorqua sa mère, tenant comme il le fallait son second enfant dans ses bras charnus.
   -Oui et bah elle est pas jolie, nah ! » Asséna le susnommé pour toute réponse hasardeuse avant d’aller s’agripper aux vêtement de sa grand-mère, s’y cachant a moitié tout en conservant ce petit œil observateur sur la silhouette rayonnante de leur mère, a lui et a la nouvelle arrivante.

En vérité, il était tout simplement jaloux de voir cette chose prendre sa place au creux des bras de sa maman. Ceci ne durera pas, et très bientôt il idolâtrera sa chère et tendre cadette ; Mais ça, il ne le sait pas encore, le Destin garde ce fait bien secret pour le moment.

Peu après, c’est essoufflé et suant comme des bœufs se tuant à la tâche que les deux hommes de la maison revinrent, chacun un seau rempli a ras bord d’une eau fraiche et pétillante de vie, parfaite pour la toilette du nourrisson et le rafraichissement de la mère. Après s’être fait houleusement gourmandé par l’ancêtre féminin pour avoir été si long, le père des enfants s’approcha, penaud, de sa femme tout juste en train de reprendre sa respiration, leur fille dans le berceau de chaire et d’os que formaient ses deux bras joints l’un a l’autre.
Le soleil était alors hauts dans le ciel d’un bleu pur et vierge du moindre nuage ; Les rayons de l’astre illuminait la vallée et ne se gênèrent nullement pour passer par la fenêtre la plus proche de l’accouchée et réchauffer de leurs présences invisibles, la mère comme l’enfant- qui tordit sa bouche en un demi-sourire. Y voyant là un présage du Seigneur tout puissant, lorsque le grand père, enfin rassuré, laissa s’échapper de sa gorge un « Hallellujah, vous aller bien… », sa fille unique posa alors son regard illuminé et auburn sur lui, souriant de toute ses dents bien que son corps commençait à se faire lourd a cause de la fatigue. La concertation quant au choix du prénom ne fut pas longue et ne nécessita même pas l’usage de quelconques mots pour que les amoureux se fixent sur un nom.

En silence, lorsque les yeux des parents se rencontrèrent les uns les autres, l’époux comprit que sa femme avait déjà une idée en tête. Il lui faisait confiance entièrement, aussi hocha t-il simplement la tête, ignorant tout des intentions malicieuse de sa tendre femme qui l’était tout autant. A l’unisson, ils se tournèrent alors vers les parents de la belle, ainsi que vers leur fils, toujours dissimulé presque entièrement dans les jupons de son aïeule. Le plus vieux commençait à perdre patience, il n’appréciait que fort peu le suspense et tout ce qui pouvait s’en rapprocher. Aussi, coupant court a cette attente, il demanda sans détour la question qui lui trottait dans la tête depuis le lever du jour.

   « Alors ?! Comment allez-vous l’appelez, ce petit ange ?
   -Hallelujah.
   -Hum ?
   -C’est son nom, Hallelujah. » Conclut la nouvelle mère, en serrant tendrement sa fille déjà chérie contre elle, afin d’être sure et certaine qu’elle n’était pas tout simplement en train de rêver.

Mais non, ce n’était nullement le fruit des malices de Satan et elle en fut des plus épanouie… Même si elle se jura que c’était là le dernier enfant qu’elle aurait ! Pas question de remettre le couvert de sitôt avec une douleur pareille, même si le constat final était baigné de merveilles.

C’est ainsi qu’en ce monde débuta la vie d’Hallelujah, progéniture de bohémiens, destinée à suivre le même chemin en grandissant.



La Bête derrière le PC

Ton prénom : Omnos
Ton âge : 22 ans
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Quelque chose à dire? : Je trouve simplement dommage que les lycans ne soient pas "immortels", tout comme les vampires.



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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 12:13

Bienvenue

Bonjour et bienvenue à toi =3

Bonne chance pour ta fiche.
Par contre, ta classe n'est pas bonne. Il faut que tu lise ce sujet http://monde-cruel.forumactif.org/t4-classes

Choisit l'une des classes. Noble n'est pas une classe ^^' C'est plus un métier.
N'oublie pas de lire tout les topics de la catégorie "Il était une fois".


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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 14:28

Suite de l'histoire

Chapitre Premier;
Inéluctablement les années filent et défilent dans le grand sablier du temps, chacune semblable a un grain de sable sombrant vers les profondeurs du récipient, pour mieux laisser son successeur prendre sa place et chuter a son tour. Et ainsi et suite.

Hallellujah grandit aimée, entourée de toute sa petite famille. Ensemble, tractés par leurs puissants animaux de traits, ils parcoururent bien des lieux. Des terres humaines chauffées par le soleil aux steppes froides des Vampires en passant par le territoire elfique et ses merveilles, l’âme dont il est ici question eut tout loisir de se cultiver de la meilleure des façon ; En apprenant d’elle-même. Loin d’être une idiote finie comme aime à le penser certains nobles hautains sous prétexte qu’elle était une bohème au grand cœur, elle savait conquérir le savoir qu’il lui manquait de bien des façons. Créer le contact avec les populations qu’elle rencontrait n’avait absolument rien de compliquer pour elle qui, d’un simple enchainement de pas de danse, savait attiser leur attention. En découlait de passionnantes discussions sur tous les sujets possibles et imaginables, par après.

Elle était si belle, cette bohémienne. Sa grand-mère maintint toute sa vie qu’elle tenait cette beauté rare et féline du lait de jument dont elle avait été alimenté dés sa naissance ; D’après l’ancêtre, ce liquide aux fortes propriétés nutritives n’avait fait que renforcé la quintessence naturelle dont avait été serti sa petite-fille. Peut-être est-ce vrai ; Peut-être est-ce faux ; C’est là un mystère que nul ne jeta au flammes de la vérité ; emporté avec les défunts dans leurs tombes. À moins qu’eux non plus n’en connaissent la réponse ? C’est également fort probable. En tout les cas, une chose ne pourra jamais être balayé par les mauvaises langues et autres jalouses mégères ; A l’instar du vilain petit canard transformé a l’âge des amours en magnifique cygne au plumage blanc virginal, la cadette de Lino n’eut point a attendre d’être adulte pour que sa splendeur ne s’exprime sans aucune retenue.

Autrement, quoi qu’il en fut-ce, dés son plus jeune âge, Hallellujah fut initié a la danse, au chant et a l’art de la musique avec le meilleur des professeurs qui soit ; Sa propre mère. Eliade avait le dos de faire s’exalter les vertus de chacun, par dieu sait quelle alchimie inexplicable. Et sur la personne de sa propre fille, elle était persuadée d’avoir ressenti un talent tout particulier pour les trois activités précédemment citées, bien que la danse l’emporte tout de même très largement sur les deux autres. Ainsi fut bâti l’entrainement intensif de la plus jeune des demoiselles, alors qu’elle commençait à peine à se tenir assurée sur ses petites jambes de bambin. Mais ces exercices intenses payèrent bien assez tôt et le fruit de ce dur labeur ne put qu’être admiré, surtout lorsque la jeune bohémienne donnait cette impression singulière d’être dans un autre monde dés lors que ses pieds la guidaient sur une ligne imaginaire, pour le plus grand plaisir des yeux des badauds et autres personnages du même genre.

Elle était encore bien loin, a cet âge, de ce douter que d’ici quelques années, le destin lui avait concocté un chemin fort épineux, qui n’épargnera ni ses pieds, ni son âme.

Auparavant, c’est bien malgré eux que les migrants croisèrent la route de créatures sataniques, aux mâchoires aussi démesurées que leurs tailles, aux yeux immensément rempli de rage de vaincre et à l’instinct de traque pour le moins développé.

L’hiver avait déjà abattu sa brillante parure de neige sur les terres lupines lorsqu’ils découvrirent cette tragique malédiction de leurs propres yeux. La forêt était bien plus calme qu’a l’accoutumée, mais n’étant guère originaire de ce pays, le petit groupe se contentait d’avancer tranquillement, au rythme que les chevaux étaient en mesure de tenir par ce temps froid et sec. Hallellujah avait seulement seize ans a l’époque, mais malgré qu’elle ait été la plus jeune, elle n’en restait pas moins très lucide. C’est elle qui remarqua la première que les trois animaux de traits qui tiraient la caravane paraissaient stressés et apeurés, bien qu’elle ne sut expliquer pourquoi dans un premier temps. Son frère ainé ayant les rennes bien en main, elle n’avait pas jugé approprié de s’inquiéter immédiatement.

Toutefois, dés lors que les équidés refusèrent d’avancer plus avant, la bohémienne n’attendit pas l’autorisation de ses parents pour tenter elle aussi sa chance a l’extérieur, bien que le vent avait commencé à se lever, fouettant sans aucun remords ses jambes dénudées. Mais ce n’était pas son état qui la préoccupait ; Elle angoissait d’avantage pour les chevaux que pour elle-même, ne faisant pas cas des dires du plus grand de la fratrie qui lui ordonnait ni plus ni moins que de remonter immédiatement dans la carriole sous peine de se recevoir une bonne correction. Il n’était pas violent de nature, mais la crainte qu’il puisse arriver malheur à sa sœur prenait parfois le dessus sur son sang-froid et le poussait à dire des choses qu’il ne pensait nullement.

Le manque de volonté dans ces mots devaient être flagrant puisque ce n’est guère cela qui ému l’adolescente, trop occupée a caresser tendrement l’encolure de l’étalon a l’avant.

Ironiquement, c’est sans doute les cris colérique du premier enfant du couple qui attira davantage l’attention des créatures sur eux qu’autre chose. A cet instant précis, le premier cheval rua avec une fougue certaine, bientôt imité par les deux autres, joignant leurs hennissements à celui de l’étalon, dans un grand chambardement. La surprise fut telle qu’Hallellujah en tomba a la renverse dans la neige, ses cheveux noirs tranchant magnifiquement avec l’absence de couleur du sol. Mais contre toute attente, ce n’est pas le choc d’être tombé qui polarisa l’attention de la demoiselle. Effectivement, elle vit a quelques mètres d’elle, juste devant les chevaux agités, apparaitre un animal somptueux. Sa fourrure, se confondant avec la neige, devait assurément être aussi douce que la plus rare des étoffe de soie ; Ses yeux, a l’intérieur desquelles on aurait pu jurer voir scintiller une flamme, hypnotisa la jeune fille qui, toujours au sol, ne parvenait plus a se relever. Une mèche de cheveux lui traversant le visage, elle se trouvait être littéralement sous le charme de l’animal. Sauf que.

La créature a quatre pattes brisa alors cet intense instant d’observation et hurla en direction du ciel. Un cri effroyable, beau mais tétanisant. Tout les membres d’Hallellujah tremblaient alors que la certitude que cette chose allait la dévorer se frayait un passage vers sa conscience. La peur la clouait sur place et rien de ce que pouvait lui dire ses proches ne la fit réagir. Alors, sous l’inquiétude de plus en plus grandissante, ce fut son père qui sortit de la roulotte, la saisie par les épaules – lui faisant par la même occasion reprendre pied avec la réalité – et la releva instamment avant de la ramener à l’abri. Ou du moins ce qu’il pensait pouvoir appeler comme tel. Mais l’infâme chien démon comprit immédiatement ce qu’il tentait de faire, aussi, sans même prendre d’élan, il fondit sur les deux âmes en passe de remonter dans la carriole, n’attendant pas la venue, pourtant toute proche, de ses acolytes aussi satyriques que lui.

Si la chance sourit alors a Hallellujah, ce ne fut pas le cas de son paternel. Le pauvre bougre sentit les crocs du félon démon s’enfoncer dans la chaire de sa jambe encore a l’extérieur. Il fut emporté par la bête et projeter quelques mètres plus loin. Et aucun des cris que poussaient alors en chœur sa fille et sa femme ne purent rien y changer. Son sang, s’écoulant d’une plaie béante, colorait alors le parvis blanc des bois. Malgré tout, la première pensée qui lui traversa l’esprit fut de mettre sa famille à l’abri, même si cela signifiait en être a tout jamais séparé. Fouillant le sol, sous la surface nacrée, l’homme dénicha deux petits cailloux dont il se servit le plus astucieusement du monde. Le premier fut envoyé sur le crâne de l’animal blanc qui commençait déjà à faire demi-tour, en direction de la charrette, prés à dévorer tout ces occupants un à un. Cela ne plus guère a la créature qui se décida finalement, tout crocs dehors a s’occuper du gêneur avant de passer au plat de résistance que constituaient les autres bohémiens. Mais le patriarche n’entendait pas mourir sans agir une toute dernière fois dans l’intérêt de ses proches. Leur hurlant a quel point il les aimait, et voyant que son fils s’apprêtait à venir le rejoindre pour se battre contre le loup, il empoigna fermement la seconde pierre qu’il projeta sur l’arrière train de l’étalon, en tête d’attelage. L’animal, sous l’effet de la douleur succincte mais aussi de la peur, se mit à galoper, entrainant les autres équidés avec lui, afin de faire avancer l’habitation mouvante le plus vite possible. Objectif atteint car nul ne parvint à faire stopper les animaux de traits alors qu’elles galopaient comme si l’Enfer les poursuivait. Dans les faits, ce n’était pas entièrement faux.

Hallellujah, mais aussi tous les autres membres de sa famille pleurèrent la perte de cet être qui leur était si cher. Un père, un mari, un gendre. Il avait été énormément perdu ce jour là.

Mais la famille migrante n’était pas tirée d’affaire pour autant. Le loup blanc ayant hululé pour attiré l’attention de ses compères, les bohémiens ne tardèrent pas a apercevoir les formes longilignes et disproportionnés des animaux qui les traquaient de très prés. Ils pensèrent alors que le sacrifice qu’ils avaient été forcés de faire à l’instant – contre leur gré de surcroit- n’avait servit a rien, et l’amertume s’empara alors de chacun d’entre eux, même d’Hallellujah.

Son frère ayant du mal à maintenir une trajectoire correcte avec des chevaux aussi déchainés, la jeune femme le rejoignit aussitôt en quelques acrobaties et autres tractions accomplies avec brio à la surface d’une carriole en proie à l’agitation la plus totale. Sa grand-mère était resté avec sa génitrice, qui s’était évanouie sous le coup des trop fortes émotions ressenties d’un seul coup. Armant ses mains d’une écharpe cousue main afin de ne pas souffrir des potentielles brulures que pourrait causer le cuir des harnais sur ses fines mains, la brune s’empara a son tour des rennes, apportant ainsi tout son soutien a son ainé qui, malgré la peur qui le prenait alors au ventre, apprécia un tel geste. Leurs forces combinées eurent raison de la résistance des sangles et les équidés suivirent bientôt le chemin qu’on leur ordonnait d’emprunter.

Mais soudainement, les bêtes infernales ralentirent de plus en plus, comme si elles ne souciaient plus du tout de la famille de bohémiens, dont le chef avait été arraché brusquement, quelques minutes auparavant. Les toisant avec ses yeux sombres et pleins de larmes, la jeune danseuse finit par découvrir la raison de tout ceci. A moins de trente mètres – qui se réduisaient toujours plus vu l’allure à laquelle l’attelage détalait- devant la carriole, sur le même chemin, une silhouette se dessina. « Quel fou ! » pensât alors Hallellujah en remarquant cet individu dont la capuche masquait le visage. S’il restait là ou il était, les loups le dévoreraient probablement d’une traite !

Elle aurait voulu lui venir en aide, mais il ne paraissait pas réagir a ses appels. La vérité était qu’il n’en avait cure. Lorsque la calèche passa prés de lui, à une cadence suffisamment soutenue pour soulever sur ses flans quelques courants d’airs, le morceau de tissu qui dissimulait alors le visage de l’étranger fut repoussé dans le dos de ce dernier. Et là, un visage aussi beau qu’une statue de cristal fut dévoilé au regard de la ravissante Hallellujah. Et pendant un infime instant, elle cru que son cœur s’était arrêté de battre tant cet homme était d’une splendeur interdite. Pourtant, il ne la regarda même pas, ses yeux rivés sur les poursuivants de la roulotte, et laissa passé la petite famille traumatisée comme si de rien n’était. Ils continuèrent a rouler a cette vitesse jusqu’au petit jour, lorsqu’ils furent tous certains que les bêtes ne se trouvaient plus sur leur talons.
Hallellujah ne le su jamais, mais l’homme qu’elle avait entre-aperçu dans le bois cette nuit là n’était autre qu’un vampire, qui se battit vaillamment contre la meute puissante jusque là aux trousses de la caravane. Il ne l’avait pas fait pour sauver les quelques bohémiens mais uniquement pour abattre ces engeances qui demeuraient être ses ennemies naturelles. Un besoin de lutter contre l’adversaire, voici tous ce qui avait motivé cet individu a agir de la sorte. En l’espace d’une nuit seulement, l’artiste des rues côtoyât la Mort sous deux de ses formes les plus répandues. Les Loups et les suceurs de sang.

Bien loin de tout ce crescendo de terreur obnubilant, dans la majesté royale de la Cour du Roi des hommes, était entré depuis plusieurs années déjà un Seigneur répondant au nom de Denovan Elison De SaintLouis ; Officiant dans la Haute Société sous le rang de Marquis, son efficacité n’était plus a prouvée. Voila déjà presque deux décennies qu’il arpentait les territoires dans l’unique but de satisfaire les désirs du Monarque de l’époque, et par la même occasion, doré le blason de sa famille auprès de ce dernier. Après tout, dés lors que l’on possédait les bonnes grâces du Souverain, il n’y avait que peu de portes qui persistaient a resté fermées devant vous. C’était un but a atteindre pour ce lycan au sang pur âgé de plus de trente ans alors.

Depuis peu, il se devait également de remplir les fonctions d’Alpha de la meute des De SaintLouis – et des familles associées à ce nom également -, délégué par son propre père quelques mois auparavant. Soixantenaire déjà – et allant bon train vers sa prochaine décennie avec entrain-, il avait jugé bon de donner a son fils ainé, les rennes de la famille toute entière, en lui accordant donc le rôle de l’Alpha, rang suprême chez les loups. Bien évidemment, l’ancien veillerait scrupuleusement dans l’ombre, en ne manquant jamais de donner son avis si quelque chose venait à lui déplaire, mais puisque Denovan démontrait des qualités de leader naturelles, il avait parut logique a son épouse et lui-même que ce dernier leur succèdent en bon et du forme a la tête du clan. Tous les enfants de la fratrie qu’ils avaient constitués avaient été surpris par une pareille décision, et Elison le premier de surcroit. Mais aucun ne fit preuve de jalousie et il prit possession de ses nouveaux droits très peu de temps après.

Pour fêter dignement cette « promotion » au sein de la hiérarchie familiale, tout les lycanthropes s’était décidés à organiser une vaste chasse de vampire et d’humains, dans l’optique de se remplir rapidement la panse et de reconnaitre le frère ainé en tant que chef véritable puisque c’est lui et uniquement lui qui les guidait lors de cette festivité purement lycane. Malgré tout, Denovan demeurait quelqu’un de très intelligent ; Évidement, au court des années précédentes, il avait eu l’occasion de tuer bien des humains pour se repaitre de leurs chaires, si tendre, innocents ou non et de terrasser plus d’une fleur du mal nocturne, plus communément appelé Vampire. Combien avait tenté de s’en prendre à sa famille sans prendre les mesures nécessaires par avant ? Au moins autant que ceux ayant eu la possibilité de gouter a la solidité de ses crocs luisant de leurs sangs tandis qu’ils se refermaient sur eux. Aucune pitié dans ce genre de situation.

Toutefois, le nouvel Alpha avait bien comprit une chose ; Au contraire du passé qu’il était habitué à prendre pour modèle, désormais les humains étaient… plus méfiants et plus suspicieux envers leurs prochains. Pour ne pas se faire remarquer, ou alors le strict minimum, il valait mieux prendre pour cible les humains condamnés a mort ou ayant commis d’affreux crimes alors qu’ils pouvaient gambader en liberté sans aucunes craintes ; Du moins le pensaient-ils tous. Voici la théorie pour le moins criante de vérité que le fils de Castiel mit sur pied lorsque son rang le lui permit. Impressionné par une déduction telle que celle-ci, l’ancien chef ordonna à tous les membres de la famille d’agir comme l’avait suggéré l’ainé de ses fils. Après tout, des criminels et des condamnés… Personne ne les regretterait, c’était évident. Cette proposition ne fit que renforcer le précédent Alpha que son choix s’avérait juste et véridique. Son fils ne le décevrait pas, c’était impossible. C’est avec une pensée pareille qu’il céda définitivement ses avantages d’Alpha a son premier enfant, a qui il souhaitait un règne aussi grandiose que le sien – sinon plus- a la tête de la famille De SaintLouis.

Pour honorer au mieux le statut que lui conférait légitimement sa naissance, Denovan devait à présent se chercher une épouse digne de ce nom. Son seul problème fut bien celui-ci. Aucune des louves de sang-pur qu’il avait eu la possibilité de rencontré jusqu’ici – son père ne tolérant les « mordus » qu’au stade de serviteurs tout au plus – ne lui avait convenu parfaitement. Il y avait toujours un infime détail pour venir encrasser le tableau enjôleur qu’il pouvait se faire d’elles. Trop immatures, trop violentes, trop sanguinaires. Si tous les défauts n’ont pas été cités, la liste n’en demeure pas moins longue pour autant.

Puisqu’il était un sang-pur de toute première catégorie, rien ne l’empêchait de patienter encore une dizaine d’années, voir même deux, avant de s’investir franchement dans la quête d’une partenaire idéale dans le rôle d’Alpha, a ses côtés ; Celle qui serait en mesure de lui donner des louveteaux forts et a la hauteurs du sang et du nom qu’il leur transmettrait sans réserve. Il avait donc tout le temps dont il pouvait avoir besoin pour dénicher une compagne en suivant, malgré tout, les exigences inflexibles de son propre père. « Pas d’humaine ou de vampire, souviens t-en. » lui avait murmuré le vieux patriarche, une main posé sur son épaule, alors qu’il s’apprêtait à aller se coucher, juste après la chasse familiale. Aimant son clan plus que tout au monde, a l’instant même ou le précédent chef lui avait inculqué cette requête, cela lui avait sauté aux yeux comme étant une évidence pure et simple qu’il ne franchirait jamais, ne voulant pas inutilement blessé ceux qu’il aimait davantage que lui-même et le pays qu’il servait pourtant avec ferveur et vélocité.

Il n’était pas encore très égoïste, en ce temps-là.


Chapitre Second;

Les destins ne sont jamais prévisibles. Même eux ignorent parfois ou le chemin que leur hôte empruntent les conduira ; Tout simplement parce que ces entités invisibles sont aussi capricieuses qu’indécises.

Leurs réactions ne peuvent être sondées a comprises a l’avance ; Ou serait le charme de la vie sinon ? Quand bien même le sang recouvre l’intégralité d’un canevas, il y aura toujours un fil coloré d’une autre teinte pour faire poindre l’espoir là ou on n’aurait par ailleurs, jamais soupçonné l’existence. Ceci n’est guère la solution d’une énigme recherchée, mais seulement une vérité absolue. C’est la douceur du courant de pensée typiquement humain qui dit qu’après la pluie vient le beau temps ; En théorie. En ces termes donc, personne, pas même Hallellujah ou Denovan Elison de SaintLouis n’aurait été en mesure de prévoir le présent imposé par Mère Nature mais avant tout le hasard lui-même, sur lequel ils danseraient ensembles, à la vie à la mort, comme s’il s’agissait de braises ardentes, les consumant petit a petit sur le chemin de l’amour pur et parfait.

Le Soleil s’acharnait à chasser les dernières plaques de givre résistantes sur les pavés des rues, mais aussi sur les toits de tous les bâtiments formant le labyrinthe vertigineux de la ville. Déjà, les plus vaillants sortaient de leurs logements pour aller vendre leurs produits sur les étales des différents marchés ou aller travailler dans l’une des nombreuses tanneries que comptait la capitale en son sein. Chacun y allait de bon cœur pour gagner son paix chaque jour, terrifié a la simple idée que le froid ait pu chasser tout les clients des commerces. C’aurait été une chose terrible, c’était certain. Une période de disette ne pouvait être permise, surtout dans un tel contexte. Parfois, le Roi des Humains venait flâner en ville, sans doute pour prendre le pouls de la population et s’enquérir des dernières nouvelles qui ne lui parvenaient pas a la Cour.

Il valait donc mieux éviter de se retrouver sans le sou afin de donner une bonne image de soit au Souverain. Par soucis d’honneur et de servitude, chacun travaillait d’arrache-pied ; Créant par la même occasion donc, de terribles embouteillages dans tout les recoins de la Capitale.

Nombres de nobles fulminaient de devoir patienter ainsi a l’intérieur de leurs luxueux carrosses, initialement en route vers le château de son Altesse Royale.

L’un d’eux finit par passer outre la contraignante attente et décida, sur un coup de tête, de continuer son ascension vers le palais de lui-même, sur ses deux pieds. Les domestiques présents avec lui tentèrent de le raisonner, en usant de l’argument phare en ce temps là ; Comme quoi les nobles faisaient des cibles de choix pour les brigands et autres voleurs à la sauvette, qui pullulaient alors dans les rues de la belle ville des humains. Mais eux comme lui savaient pertinemment que rien de ce genre ne serait en mesure d’arrêter son avancée. Ils manquaient simplement d’autres arguments, au point de s’abaisser a ceux du commun des mortels, voila tout.

Personne, pas même cet individu a la chevelure d’or et aux yeux parés des couleurs du ciel, ne se serait douter qu’il était en train de mettre un pied dans un concours de circonstances décisif. Son avenir en serait changé, mais pour l’heure, il ne le savait pas encore. Peut-être, non, sans doute est-ce mieux ainsi.

Serpentant entre les convois et autres établis sans escorte, le noble se vit tout de même obligé de passé devant la Grand Place de l'Eglise puisque sa route ordinaire était bloquée par d’importants décombres. Certes, il était impatient, mais pas au point de prendre le risque de salir ses couteux vêtements, taillés sur mesure. Ainsi, rechignant tout de même un peu, il s’engagea sur le parvis ou régnait une agitation de tout les Diables. Tout les habitants courraient a droite, a gauche, partout ! De temps a autre, un imprudent laissait son regard glisser sur la silhouette du notable, songeant a comment il pourrait s’y prendre pour le détrousser de sa bourse sans doute pleine a craquer ! Mais il se ravisait sitôt après avoir croisé le regard dudit noble. Mieux valait ne pas faire de grabuge si l’on espérait vivre.

Mais le désespoir guide parfois les pas des plus démunis sur le chemin de la déraison. C’est sans aucun doute pour cela qu’un fou a lier fit mine de bousculer l’homme de haute société, dans le but de lui dérober ses possessions en or. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que sa cible possédait d’excellents réflexes, entre autre (inutile de préciser que bien des humains étaient morts sous ses crocs par la même occasion) et que son frêle poignet se retrouva engoncé dans une paume ferme et puissante. Il avait mal, son sang parvenait difficilement jusqu’au bout de ses doigts qu’il sentait s’engourdir de plus en plus a mesure que les secondes s’écoulaient autour de lui. De plus, les yeux furibonds de l’homme qu’il avait a tord prit pour un imbécile de noble le fixaient avec une lueur mauvaise, dont l’effet était rehaussé par le froncement des sourcils au dessus d’eux.

Le voleur improvisé sentait ses jambes sur le point de se dérober sous son poids. L’aura que cet homme dégageait n’était pas commune ; Elle était tétanisante, comme s’il se trouvait face a un prédateur surréaliste. Jamais cet insolent ne su a quel point il était dans le vrai. Mais les anges se firent cléments envers lui et s’arrangèrent alors pour attirer l’attention du monstre sur une toute autre chose. Une jeune femme.