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 A glass of blood || Mezariel

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MessageSujet: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 12:10



Mezariel D. de SaintLouis ~



Informations



© Livejournal - Len Kagamine || Vocaloid

Nom : de SaintLouis
Prénoms : Mezariel Denovan Emmanuel Elison
Sexe : Masculin
Date de naissance : 25 Décembre
Âge : 25 ans
Race : Lycan (bâtard hybride)
Classe : Paladin
Métier : Marquis
Armes : Une épée à une main
Sorts : //
Pouvoirs : //
Orientation amoureuse : Hétérosexuel, les femmes sont délicieuses
Situation amoureuse : Célibataire, coeur à prendre


Description Mentale

   Le plus ironique, ce soit que cette créature, à mi-chemin entre l’humanité et tout autre chose, ne soit pas le plus grand des dangers pour ses pairs, quel qu’ils puissent être. Son âme, si tant est qu’il en possède une, puisque le Seigneur n’a jamais accepté un seul loup dans les limbes du Paradis, n’a pas pour vocation de partir en quête de problèmes avec qui que ce soit. D’un tempérament calme et droit, le Marquis de SaintLouis sait parfaitement qu’agir aussi bêtement ne ferait que le rabaisser au même niveau que tous ces êtres pathétiques qui ont passés des années à s’acharner sur lui avec une certaine persévérance malsaine. Et ça, plutôt être pendu aux premières lueurs du jour que de laisser une aberration de cette sorte arriver un jour.

   Ce n’est pas qu’il enferme en son âme et conscience un orgueil ou une fierté particulièrement marqué - loin de là, puisqu’il en possède une juste dose – mais il aime à s’estimer tout de même d’un tout autre niveau que ces gens-là. Ou du moins, il essaie de s’en convaincre, puisque lui-même flanche parfois contre l’amère vérité qui s’impose à lui, et le fait se sentir comme un monstre, un banni, une chose qui ne devrait même pas avoir droit d’existence. Tout ceci est faux, bien entendu, mais dans de tels moments de troubles, rien ne saurait lui faire entrevoir une vérité autre que celle qu’il s’inflige, meurtrissant a chaque fois un peu plus son cœur trop tendre.

   Mais, s’il n’est pas le genre de personnages fourbes et détestables, il n’en reste pas moins qu’il se renferme un peu sur lui-même pour contenir une certaine tristesse, tout au fond de son âme écorchée vive depuis sa venue au monde. Entre le meurtre de sa mère par son Grand Père parce qu’elle était une humaine bohémienne et les sévices auxquels l’avaient presque habitués ses cousins et cousines durant une partie de son enfance, il a eu un peu de mal à faire abstraction de tout cela. Ainsi, pour ne pas étendre ses problèmes à tout le monde, il les garde pour lui, en prenant soin de rester évasif s’il en parle. Il faut vraiment le surprendre en plein élan de nostalgie pour espérer pouvoir en tirer davantage de lui. Oui, en temps de très grand trouble en lui, il devient un peu plus « bavard » de temps en temps. Inutile de chercher à en savoir plus par la force, ça ne fonctionnera nullement. Ceci produira même l’effet inverse à vos espoirs alors mieux vaut ne pas tenter le diable de la violence si vous souhaitez en savoir plus sur lui.

   Sa naïveté et sa gentillesse parfois trop poussées font qu’il se retrouve bien souvent déçu et rejeté du reste d’une communauté. Il tente de ne pas se lier de trop avec des êtres autres que celles formant sa meute, mais il ne parvient jamais à tenir cet objectif, et toujours, le retour de la lame finit par l’atteindre, de façon plus ou moins prononcé. Et le pire dans ce genre de situation, c’est qu’en grand et bon blessé de la vie, il va se rejeter la faute dessus de façon sempiternelle. Il redevient fragile tel l’enfant qu’il n’est plus lorsque ces rares « crises » font leurs apparitions – souvent au mauvais moment.

   Puisque la sympathie profonde hante ce corps-ci, il est sans doute inutile de préciser que les termes tels que ; vil, mesquin, malsain, fourbe et l’entièreté de leurs déclinaisons sont à bannir de la partition des agissements du Noble dont il est question ici. Il n’est rien de tout ça, au contraire même, il respecte la vie de tous a chacun bien plus que la sienne propre.

   Il est gentleman et très bon amant bien que la séduction ne soit pas l’activité à laquelle il s’adonne le plus. Jamais, en fait en y regardant bien car il appréhende un peu le contact avec autrui aussi intimement. Cela ne l’empêche malgré tout pas de savoir séduire et charmer les demoiselles avec de doux mots et des compliments bien placés. Il lui arrive de faire de même avec des jouvenceaux mais là… ce n’est pas volontaire du tout, notre jeune homme étant totalement tourné vers la gente féminine en matière d’orientation sexuelle.

   Bien que la foule trop compacte le mette de temps à autre mal à l’aise, il ne refusa pas une danse lors d’un bal et saura prendre sur lui, comme il l’a toujours fait, afin d’honorer au mieux le rang de Marquis qu’on lui a attribué, lorsque son père lui céda sa place. L’une de ses grandes hantises reste tout de même de décevoir un jour son père, plus qu’il ne l’a déjà fait par le passé.

   Malgré tout, il existe une entité qui est parvenu à accomplir l’exploit d’appliquer régulièrement un certain baume un tantinet appréciable, sinon réparateur, sur le cœur disloqué de cet hybride ; il s’agit de la merveilleuse mélopée des cloches saintes de grande qualité, dont les sons arrivent à calmer tous ses émois, qu’ils soient bons ou mauvais, comme c’est le cas la plupart du temps.

   Cet amour inconditionnel pour cette mélodie a tout de même un revers. Cela a fait naître chez lui une sorte, non pas de rancœur mais.. de jalousie envers les êtres humains. Il n’est pas rare qu’il soit témoin de cérémonie comme des Funérailles certes mais aussi, des Communions, des Confirmations et bien sûr… des Mariages. C’est précisément là qu’il faut regarder attentivement. A cause de son œil étrange, il est certain que jamais personne ne pourra totalement croiser son regard, et donc l’aimer pour ce qu’il est. Voilà bien longtemps qu’il a renoncé à l’illusion d’un amour partagé ; résigné à devoir prendre pour épouse, un jour, l’une de ses jeunes cousines. Ainsi, il a au moins l’impression que sa vie à une valeur moins anarchique que ce qu’il été habituée à entendre à propos de ça depuis sa plus tendre enfance. Et ça lui suffit pour se persuader qu’il y a peut-être un destin moins sombre qui s’offre à lui, pour peu qu’il prenne la peine de s’accrocher et de le rechercher convenablement. Mais ceci est encore un autre des mystères de sa complexe existence.

   A cause de son cache œil qui voile son orbe « difforme » aux yeux de ses congénères ainsi qu'une partie de la cicatrice qui parsème le côté droit de son crâne, il est rendu triste par ce genre de Messes car à son sens, les humains sont heureux, joyeux. Les voir « convoler » tous au fur et à mesure que le temps passe, le plonge dans un désarroi plus au moins profond car pour lui, à cause de ses stigmates, aucunes femmes ne le regardera jamais dans les yeux, et de telles pensées le blesse. Ce n’est pas parce qu’il est de temps à autres maladroit avec les relations intimes qu’il n’en désire pas, il est tout de même à moitié humain et surtout à moitié loup ; Et, ne l’oublions pas, ces animaux sont très sociables même si cela ne saute pas immédiatement aux yeux du commun des mortels… Alors il tente de se consoler aux sons des chants de Cloches. Celles-là même qui n’ont jamais encore sonné pour lui, et il sait bien cela.

   Complétons enfin cette description en y apportant une touche de ténèbres. Car aussi aimant et sympathique – bien que régulièrement sur la défensive – puis-ce être ce spécimen d’Infant, il recèle tout de même en lui l’un des principaux pêché Capitaux, puni par la sacralité elle-même. La Colère. Noire, sourde, profonde, celle que tout le monde cultive mais n’ose jamais laisser s’exprimer. Et bien le Marquis est ce genre de personne. Il ne laisse pas sa rage divulguer ses pensées à la moindre provocation ou moqueries, ça il y a été suffisamment habitué lors de son enfance pour ne pas en faire cas. Mais si, en revanche, vous avez l’audace de toucher à quelque chose qui lui est cher –même s’il ne le montre pas forcément – attendez-vous à affronter un véritable mur. Dans de telles situations, il ne saurait contenir ses envies et ses instincts, si meurtriers soient-ils. Nul ne l’a encore vu en proie à un pareil sentiment.

   Maintenant que vous en connaissez un peu plus sur cette étrange unité, Invité serez-vous de ceux qui l’observe seulement de loin, sans jamais interférer avec lui ou bien…Changerez-vous la donne présentement consignée ici, en quelques lignes ? Il n’y a bien que vous pour pouvoir nous le dire.



Description Physique


   Cet homme, regardez le bien. Observez attentivement les traits de son visage, les courbes de son corps, son entière unité. Ne laissez rien vous déconcentrer outre mesure car il vous est demandé une acuité en excellente forme pour la tâche que nous nous apprêtons à vous donner. Votre regard perçant coule sur sa silhouette tandis qu’il semblerait presque attendre en retrait du reste des nobles en train de danser les uns avec le autres, présentement. Un verre à la main, il ne cherche guère à se faire remarquer outre mesure.

   Cet individu a vu le jour il y a un peu plus de deux décennies désormais. Le voile du temps ne gâche en rien sa beauté, présente de façon bien naturelle sur son derme. Ce bel inconnu ne vous laissera pas de marbre, ceci est certain.

   Bien des femmes ont tenté de l’ignorer depuis son entrée officielle à la Cour, mais toutes s’y sont cassé les dents, certaine allant même réclamer implicitement sa présence au creux de leurs draps satinés. Ce fut également le cas pour beaucoup d’hommes se cherchant encore, mais là, en revanche, leurs avances ne connurent ni réponses ni échos d’aucune sorte. Cet excentrique apprécie exclusivement la compagnie de la gente féminine dès lors que les circonstances font que les conversations deviennent plus intenses qu’un simple échanges de mots et d’opinions. Non intéressés par ces messieurs les hommes, il n’en demeure pas moins poli, courtois et respectueux en toutes circonstances.

   Cet homme, regardez le bien, encore. Il attise la curiosité, partout où il passe ou presque. Malgré sa volonté désespérée de vouloir se fondre dans la masse, et disparaitre un instant, loin des regards enflammés qui pointent dans son dos, il n’y parvient pas. Pire encore, sa détermination à s’essayer au camouflage de l’ombre dans les grandes salles de réceptions ne fait qu’attirer encore plus les yeux des convives à prendre racine sur sa personne. Il ne connait pas la monotonie, encore moins que l’anonymat, lors des bals organisés au Palais. Que ce soit pour sa chevelure aussi chatoyante que l’or, son visage d’ange ou encore son cache œil dés plus intriguant, il ne se passe jamais un tel événement sans que l’on vienne l’aborder au moins une fois.

   Tantôt des filles de joie qui ne verront pas leur requête obtenir satisfaction, tantôt nobles de grandes familles bien vite intrigués par sa stature et son élégance innée, il aura toujours quelqu’un avec qui converser.

   Il se remarque également par sa taille et son apparence. Nulle ne penserait que ce damoiseau puisse faire courir le fil de son épée sur une gorge ennemie si cette dernière avait menacée d’une façon ou d’un autre la Royauté ; Et pourtant…

   Mais ceci est un tout autre débat auquel nous ne devons pas encore accorder toute son importance. Nous y reviendrons. Détaillons encore un peu plus cette divine esquisse qui se déploie devant nos yeux curieux.

   Surélevé à une hauteur totale d’un mètre soixante-dix-sept pour un poids dérisoire, cet insolent fait plus d’un jaloux au sein de la Noblesse. Mais on ne peut lui en vouloir ; Car quoi qu’il en soit, le simple acte qu’est celui de déposé nos agapes sur lui fait s’envoler immédiatement toute colère et toute animosité, surtout si l’on est une femme dans la fleur de l’âge, rêvant aux contes bonne enfant sur les preux chevalier et autres paladins emplis d’une galanterie aussi rare que naturelle, tel un diamant.

   Il est vrai que si ce garçon reflète presque l’expression d’un doux songe, il n’en reste pas moins un « simple » Marquis, et en ce sens, la rêverie des chastes demoiselles ne saurait être appliquée dans toute son entièreté au sujet de notre hôte.

   Ses muscles paraissent taillés à la manière des sculpteurs italiens, ceux-là même qui n’accepterait jamais un seul défaut sur leurs créations et préféreraient se pendre haut et court plutôt que de laisser subsister une imperfection sur leurs œuvres, quelles qu’elles soient. Il est vrai que le peu de personne ayant pu voir ce qui se dissimulait en dessous e ces épaisseurs de vêtements couteux ne furent guère déçues du voyage et de la patience qui leur aura été nécessaire afin d’observer cet étrange régalia.

   Mais c’est encore et toujours son visage qui magnétise la curiosité de tout à chacun. Même alors qu’il se décide enfin à danser avec une bien entreprenante dame de compagnie de sa Majesté, n’ayant démontré aucune gêne à lui prendre elle-même le bras pour l’entrainer sur le piste de danse, ou il commence à œuvrer en bon privilégié qu’il est. Chacun des mouvements qu’il engage montre presque la souplesse et l’agilité dont il est capable au reluisant rangs des Dons. Au rythme de la musique de l’orchestre, il tournoi sur lui-même, faisant ressentir a sa partenaire combien il sait être admirable, et à quel point elle n’a pas eu tort de le dévorer du regard non sans une gourmandise palpable, depuis le début de la soirée.

   De prés, elle ne peut que rougir devant l’adonis qui la tient dans ses bras puissants et vigoureux, que l’on sent parfaitement musclés – sans trop l’être toute fois- rien qu’en apposant ses paumes sur l’un des avant-bras et l’une des épaules du Notable. Enfin, à l’apogée de sa démonstration, son parfum doux et musqué réveille chez la jeune femme des instincts précaires. Elle se mord la lèvre inférieure, continuant sa mutine observation tout en se rapprochant toujours plus de lui, avec l’espoir que, peut-être, il l’invitera dans ses appartements pour une petite visite privée… Voir plus encore.

   Les traits finement présents de son visage en font presque froids dans le dos. La perfection aurait pu se faire encore plus appliquée, par-delà cette peau sucrée presque uniformément laiteuse, douce et sans aucun défauts visibles. Toutefois, sans doute le Ciel, jaloux d’une pareille somptuosité, décida de punir cette intolérable insulte a ses propres anges en condamnant l’être décrit en ces quelques lignes à porter la majeure partie de son temps un épais cache-œil de cuir noir sur son orbe droit ; Ou plutôt, ce qu’il semble en rester. Une cicatrice, légèrement plus foncée que le reste de l’épiderme de ce supposé adolescent, a probablement essayé d’entacher son superbe faciès, presque comparable à une œuvre d’art. Mais cette bien vaine tentative n’eut point l’effet escompté, bien au contraire, elle ne fait qu’en rehausser le mystère, le rendant toujours plus beaux sous les frasques imaginatives de ses courtisanes.

   Que peut-il bien cacher ainsi sous cet accessoire ? La plupart restent persuadés qu’un œil lui a été retiré, mais tout au fonds d’eux, au sein de leur maladive curiosité naturelle, ils aimeraient le vérifier par eux-mêmes en lui ôtant cette chose qu’ils considèrent comme étant une fantaisie. Oh, tient, d’ailleurs, puisque l’on en parle, voici que la donzelle, animé par un courage soudain, essayât de faire glisser le cache-œil par-delà le crâne portant la tignasse blonde. Mais ses doigts baladeurs sont rapidement stoppées par la poigne ferme mais délicate du Marquis qui l’empêche de mener à bien ses desseins.

   Elle en demeure frustrée, cela se lit parfaitement sur son visage, mais elle n’ajoute rien de plus, par fierté déplacée, sans doute.
   Comprenant cela, l’homme exécute alors une superbe révérence et pivote pour faire demi-tour et rejoindre alors ses appartements. Il s’en va, seul. Tant pis pour l’autre jeune femme, si l’un des défauts les plus prononcé de l’humanité ne lui avait pas dicté sa conduite, peut-être que ses espoirs n’auraient pas été totalement vains, en définitive.

   De retour entre les murs de son logement, le Noble se dévêtit. Enfin, après avoir pris le temps d’observer encore un peu les jardins Royaux par la fenêtre de son lieu de vie, il délit le lien de cuir qui maintient son secret embastillé aux yeux de tous. Maintenant libre, son œil difforme, dont l’apparence est caractéristique des orbes de loups enchaine les mouvements dans plusieurs direction, afin d’être sûr de n’avoir pas perdu ne serait-ce qu’un dixième de ses compétences visuelles. Tous ignore que c’est bien cette étrangeté qui en fit un paria auprès des « siens », le menant presque à la frontière du bannissement de sa « meute ».

   Il secoue la tête, à présent, éreinté. Il a besoin de repos et resonger au passé n’est en rien une solution à ses problèmes de l’heure. Ôtant de sa chevelure mi- longue la cordelette qui la maintenait jusque-là en une forme de queue de cheval haute et sans défauts, il laisse ses cheveux reprendre leurs pleins pouvoirs sur son visage, ses joues et ses tempes.

   Sa mâchoire se décroche, il est l’heure pour lui d’aller se coucher et d’amasser suffisamment de force après cette soirée de distractions. S’avançant vers son lit à côté duquel, sur la table de chevet en bois noir, se consume encore une bougie presque arrivée à sa limite, ses lèvres se courbent en un « o » et il souffle tendrement sur la vaillante étincelle restante. Il vient de tuer la lumière de ce lieu, jusqu’à ce que le disque solaire daigne revenir meubler le ciel, d’ici quelques heures. Ses paupières se closent et il lui tarde de parvenir à se reposer comme il se le doit. Après tout, la prochaine nuit sera richement parée d’adrénaline.

   Sous sa forme empruntée aux légendes obscures, lors des nuits de pleine lune seulement, ce bellâtre laisse parader tout sa superbe.

   Les marques laissées sur la peau de son visage disparaissent, bien vite recouverte d’un épais pelage oscillant entre les tons miel et champagne, le tout dans une troublante harmonie. L’animal mesure deux mètres au garrot mais est plus petit que la moyenne au niveau du buste, qui est bien moins proéminent que ceux de ses pairs. Cette carrure est parfaite davantage pour la course que l’affrontement direct.

   La douceur de sa fourrure est visible sans même avoir besoin de le toucher. Nombre de chasseurs imprudents ont ardemment désirés clouer cette apparition sous la forme d’une vague descente de lit ou d’un splendide manteau de fourrure, mais jamais personne n’y parvint. La bête est intelligente, et à ce titre, elle sait parfaitement ou se dissimuler et comment s’y prendre pour ne pas être vue par l’ennemi.

   Ses agapes azures et pour le coup jumelles savent comment embastiller une âme humaine dans un carcan de folie terrifiante, forçant n’importe quel individu un tant soit peu conscient a prendre la fuite devant cette bête de cauchemar. Pourtant, peu d’âmes se doutent que malgré les apparences, malgré les crocs luisants sous la nitescence de l’astre de la nuit, ce n’est pas de ce loup-ci qu’il faut avoir peur. Lui, jamais il n’a eu, malgré ses facilités à le faire, à ôter une vie à l’aide de ses mâchoires remplies d’un décor dentelé. Jamais. Il s’y refuse. Aucune ressemblance n’existe de façon profonde entre lui et les vicieux avatars du malin que l’on cite toujours dans les rumeurs qui se transmettent de générations en générations depuis l’aube des temps. A le voir ainsi, on peut douter de son appartenance au clan lycanthrope ; Preuve s’il en est, que cet être est bel et bien à part de tout le reste, comme indéfinissable.

   Il serait impossible de mettre toutes les âmes d’accord sur la « beauté » d’une seule et même personne. Chacun possède des « canons » de magnificence qui diffère de ceux de son voisin ou de son plus proche ami. Ici se termine le portrait dressé de ce Marquis, avec un point de vue sans doute tout autre que le vôtre. Mais ne soyez pas intimidé, voyons ; Invité, prenez la plume a votre tour et décrivez le comme vous entendez le faire ; Nos ouïes sont impatientes de connaître les mots que vous utiliserez a cette ouvrage.



Histoire


Prologue - Partie Première;

Sur les plaines enneigées du territoire lycan, un cri strident perce la nuit et son manteau de silence. Nul terreur dans cette troublante vocalise, seulement de la douleur. Encore et encore, sans que cela na paraisse pouvoir s’arrêter un jour. Le sang coule a flot, entourant le corps pâle et neuf, réveillant l’instinct primaire des créatures qui l’entourent. Mais elles doivent garder leurs sang-froid et leurs maîtrises absolues d’elles-mêmes des bêtes féroces qui se débattent furieusement à l’intérieur de leurs corps, voulant sortir et se repaitre de la nouvelle chaire moelleuse qui gesticule alors sous des yeux arrondis par la satisfaction. Les visages se fendent un a un d’une batterie de sourires solides, réconfortant peu a peu l’éprouvée. Douze heures qu’elle vient de passée, allongée sur ce lit inconfortable, rempli de paille ; Douze heures qui lui parurent interminablement longues. Et pourtant, voici que le Divin jugeât bon de mettre un terme a son impitoyable souffrance. Enfin, elle peut respirer comme elle le désire.

Le petit être, tout juste expulser de la matrice chaude et charnue, l’ayant accueilli gracieusement pendant bien des lunes, se voit envelopper dans un drap propre, avant d’être porté auprès de celle qu’il a tant fait souffrir, mais qui n’attendait que sa venue pour donner un sens a cette fastidieuse épreuve.

Nul mot n’est prononcé alors, le silence règne. Comme si chaque âme dans cette pièce retenait son souffle, a l’approche d’un danger invisible. La scène ne saurait être plus émouvante, surtout lorsque l’on voit la jeune mère caresser ainsi tendrement, du bout de ses doigts endoloris par l’effort, le visage calme de son poupon, qu’elle ne manque pas de bercer et d’embrasser. Comme s’il était la huitième merveille du monde. La vérité s’en approche, il est vrai. Quelle mère n’a jamais trouvé son nouveau né comme étant le plus beau de tous, entaché d’aucun défaut que la nature aurait pu vicieusement laissé trainé a l’insu de tous ? Aucune.

Les serviteurs et sages-femmes voient alors leurs sens s’élever a un niveau d’alerte rare. Tous fixent la seule porte de l’endroit. Une odeur familière flotte dans l’air, du même acabit que celle qui nage dans le sillage de la Faucheuse après son funeste passage. Mais aucun ne se laisse impressionner et bien vite la détente vient apposer son baume sur leurs nerfs à vifs. Il était temps.

Le plus responsable du petit groupe – exception faite de la mère qui cajole toujours sa progéniture -, qui se trouve être également le maître de tout les serviteurs, s’avance jusqu'à la pièce de bois, et d’un geste fluide et agréable a l’œil, se glisse sans bruit a l’extérieur, se retrouvant ainsi les deux pieds dans l’épaisse couche neigeuse qui continu de croitre en cette obscurité troublée par les ô combien nombreux flocons. Il n’a point oublier de se munir d’un vêtement adéquate, bien entendu. Mais cette étoffe ne lui étant pas destinée, il se contente de la porter sur son avant bras.

Soudain, deux colonnes de fumée se dessinent dans la noirceur de la nuit, tout prés du domestique. La lourdeur de pattes puissamment abattus sur le sol, afin d’avancer au mieux se fait également entendre sans mal aucun. Et voici la bête de qui tout le monde est censée avoir peur. Elle s’approche sans crainte aucun vers l’homme et le regarde droit dans les yeux, armée de ses crocs dissimulés mais pourtant très présent et ses yeux inquisiteurs, comme si ces deux cristaux flamboyants attendaient une quelconque réponse. Le bipède incline poliment la tête et va même jusqu'à poser un genou à terre, ressentant alors pleinement la morsure du givre, malicieusement caché sous la pâleur de l’eau cristallisée. Mais il n’en a cure et s’empresse alors que rompre la litanie que le vent s’autorise seul en flirtant dans les vallées assombries des alentours en délivrant la réponse tant attendue par l’animal devant lui. Aucune trace de surprise ou de peur sur son visage, il sait ou est sa place. En face de lui se trouve l’Alpha.

   « C’est un garçon, Monsieur. »

Aussitôt, a la simple prononciation de ses paroles, la créature laisse s’évader un grondement de sa gorge puissante et diminue alors de volume, de plus en plus, et en seulement quelques secondes. La fourrure dévoile alors une peau nue et laiteuse, les griffes mortelles et les crocs cèdent leurs places à de communes dents d’humains et des ongles tout aussi inoffensifs. Comme taillé dans du marbre de première qualité, voici le Chef de la famille qui s’expose a la vue de son serviteur, sans pudeur.

Immédiatement, ledit soumis se relève alors et vient apposer sur les épaules de son dominant le tissu qu’il n’avait pas omis de prendre avant de venir a sa rencontre pour l’accueillir. Maintenant chaudement abrité sur la majeure partie de son corps, il ne reste plus que ses pieds pour venir contredire cette vérité, en restant là, a même le sol refroidi par la saison hivernale.

N’y prêtant cependant aucune attention, au contraire du bêta, il attend que ce dernier lui ouvre la porte afin de pénétrer à l’intérieur de la bâtisse. Comprenant l’implicité de l’ordre enroué par le creux de parole volontairement laissé, le serviteur s’exécute rapidement, ouvrant grand la porte et s’écartant respectueusement, reprenant par après sa position d’entière soumission face à la hiérarchie, soit agenouillée sur la terre glacée. Le Maître entre alors tout entier a l’intérieur des lieux, ou l’agitation retombe tout juste, celui venu l’accueillir sur ses talons, refermant rapidement la porte afin que la vie supplémentaire alors a l’air libre ne soit pas frapper par la crève ou un quelconque autre mal lié à la nature sauvage et impétueuse.

Sa cape de lin flottant dans son dos, il s’approche de l’épuisée et porte immédiatement son regard sur le morceau de chaire rose qui se tient tranquille entre les bras de cette dernière. Son fils ; Le premier d’une fratrie. Une certaine fierté s’empare de l’homme à cette pensée. Et, tandis qu’il apostrophe de son descendant, il le soulève alors en le tenant fermement en dessous des bras, juste au dessous de sa tête. Comme une cérémonie de baptême pour le moins singulière, la lourde voix rauque du chef de meute résonne alors entre ces quatre murs d’une maisonnette isolée, devant tout ses « compatriotes ».

   « Te voici venu au monde, mon fils, Denovan Elison de SaintLouis. »

Comme si le nourrisson avait pu comprendre les mots de son père, bien que cela soit clairement impossible alors qu’il a moins d’une heure de vie en sa possession, il émet un rire plaisant aux oreilles des créatures a forme humaine puis se retrouve de nouveau entre les bras protecteur de sa madone, qui le blottit contre sa poitrine, gorgée de lait nourrissant a son intention.

L’Alpha s’éloigne alors, en retrait, observant son épouse et la chaire de sa chaire remuer a l’intérieur du cocon protecteur formé par le corps tout entier de cette dernière. Voici trente trois ans qu’il vit ; Et il goute encore au nectar suave de l’inconnu en devenant père pour la toute première fois. Le sang des Triquavel, -anciens guerriers celtes devenus les Seigneurs de ces terres- qui coulait dans ses veines uniquement jusqu’ici, vient d’être transmis a un être tout frais, promis sans aucun doute a un merveilleux destin. Comblé d’ajouter un nouveau nom a sa lignée de sang-pur, il promène son regard sur la nymphe du diable ayant revêtu forme humaine tout le long de sa grossesse, sa femme. En tant d’années d’existence, il ne se souvient pas avoir jamais vu de louve plus belle que celle-ci. De quinze ans sa cadette, elle n’en demeure pas moins parfaite pour sa personne. Ils pensent exactement de la même manière et aime a diriger comme il l’entende la meute qu’ils se constituèrent peu a peu, avant de procréer.

En cet an de grâce est alors venu au monde l’âme souillée par son propre sang qu’est celle de Denovan Elison de SaintLouis. Amené à être un jour Marquis à la Cour du Roi des Lycans, il ignore encore les épreuves que le Destin a prévu de lui jouer avec félonie. Heureusement pour lui, d’ailleurs. Pour le moment, encore innocent et inconscient du monde qui l’entoure, seulement préoccupé par le liquide savoureux que lui délivre sa mère, il ne fait qu’agir comme le nouveau né qu’il est, sans aucun sens de la perspective. Il s’endort a présent, repu et réchauffé. Sa mère sourit alors en le tendant a l’une des louves sages femmes, qui l’aida dans tout le processus de mise au monde de son tout premier enfant. Puis, elle sourit a son époux. Ce rictus veut tout dire. Voici neuf mois qu’elle n’a pu se transformer en bête, et l’impatience la ronge au point qu’elle se sent capable de mettre la fatigue accumulée de côté pour profiter, au côté de son aimé, des joies de la chasse sous sa forme primitive.
Ce soir là, inexplicablement, plusieurs vies furent ôtées, afin de compenser l’énergie dépensée pour permettre a Denovan Elison de voir la lumière, non pas du jour, mais du feu qui dansait dans la cheminée toute proche. Telle est la loi primaire à laquelle obéissent toutes les créatures de fantasmes, dont les loups font partis.

Prologue - Partie Seconde;

L’année était déjà bien entamée, de même que le dix septième siècle. Le doux parfum des fleurs d’acacias flottait dans l’air, balloté par la brise légère de ce matin d’Avril. Sur la rive d’un lac est arrêtée une carriole pour le moins particulière. Les chevaux savourent de succulentes pousses d’herbes encore humides de rosée, ne se souciant guère de l’agitation prédatrice s’étant emparée sans pitié aucune des occupants de la roulottes. Pourtant les bruis de pas cognant contre le bois faisant office de sol se font de plus en plus nombreux et rapides. Toutes les minuscules fenêtre de la caravane ont été ouvertes au maximum, afin que l’air, bien que déjà chaud, ne manque pas a la pauvre fille nomade qui se cambre, encore et encore sous le joug de l’intolérable douleur dont son corps est l’hôte depuis bien trop longtemps a son goût. Une poignée de minute lui semble déjà être une éternité, et ses hurlements n’arrangent rien aux faits. Son impression est telle qu’elle a la certitude qu’on l’éviscère vivante, a l’aide d’un couteau émoussé, peu recommandé pour cet usage. Pourtant il n’en est rien.

Absolument rien.

En revanche, il est vrai que son accouchement se fait bien plus douloureux que prévu. Elle qui avait déjà donné la vie par le passé ne comprends guère pourquoi diable cette naissance est plus douloureuse que les autres. Rien ne diffère des précédentes, les enfants ont le même père et aucun pêché d’adultère n’est a reproché a la splendide incarnation féminine que voici car bien qu’elle en ait du de nombreuses fois l’occasion, jamais ô grand jamais elle n’aurait osé tromper l’homme qu’elle s’était elle-même choisit. Les incohérences de ses interrogations tournoient à l’intérieur de sa tête, inhibant sa logique, sombrant de plus en plus vers l’exotisme des complaintes qu’elle invente sans mal alors que la souffrance grimpe encore d’un subtil niveau pourtant bien ressenti.

A côté d’elle, son propre mère lui tient la main, épongeant son front d’un mouchoir séculaire, tandis que sa grand-mère quant a elle, récite quelques incantations étranges, convaincue que sa supposée magie lui permettra de délivrer sa petite-fille des griffes acérées du malin, celui là même qui prend grand plaisir a la torturé de l’intérieur, par le biais de son enfant.

Bien vite, des tâches rougeâtres viennent colorées a leur tour ce moment paradoxale, ou douleur et bonheur se confrontent, se caressent, s’hypnotisent mutuellement jusqu'à s’ignorer eux-mêmes et tromper les sens des êtres humains au mieux. Le travail est harassant, et les muscles se contractent autant que le leur permette la physionomie sur laquelle ils ont été bâtis sans discontinuer. Donner la vie est une épreuve, et la jeune femme répondant au nom d’Eliade n’ira jamais plus se risquer à prétendre le contraire. Vite, elle a grand hâte que son bébé s’extirpe de ses entrailles afin de pouvoir reposer tout son corps et dormir aussi longtemps qu’elle le désirera.
Les hommes attendent devant la porte fermé de leur maison montée sur roues. Impatients et jeter vif dans les filets du stress le plus intense, ils espèrent que tout se passe au mieux a l’intérieur, même si les cris de la femme les plonge a chaque fois un peu plus dans l’immense océan du doute, en plus de geler d’effroi leurs échines respectives.

C’est alors qu’une petite tête surmontée d’une épaisse forêt de boucles sombres fait son apparition, derrière l’un des grands cercles de bois supportant le poids conséquent de la carriole. Ses grands yeux noisette se baladent tantôt sur les plaines vertes, aux superbes couleurs, dans laquelle ils se sont récemment arrêtés tous, tantôt sur les silhouettes des deux gaillards prenant leur mal en patience, les mains croisées dans le dos et des mines sombres accrochées au visage.

Timidement, il s’avance a pas tremblant vers son père et son grand-père. Il a peur. Oui, entendre sa mère pousser de telles plaintes déchirantes, comme si un monstre était en train de la dévorer vive, fait s’activer son imagination bien trop débordante et lui noue l’estomac. Il a besoin de savoir ce qu’il se trame a l’intérieur. Pourquoi tout ce brouhaha et cette précipitation ? Serait-ce l’enfant ayant arrondi de par sa présence le ventre de sa mère, qui est responsable de tout ça ? Il ne comprends pas. Aussi, tirant doucement l’une des manches de son géniteur, il attend sagement que ce dernier daigne tourner la tête vers lui avant de l’interroger de sa voix de tout jeune enfant :

   « Dis dis.. Pourquoi Maman elle cri ? Qui est-ce qui lui fait du mal, dis ? »

Ses prunelles d’argile commencent a s’embuer a cause des larmes naissantes, n’attendant qu’une seule mauvaise nouvelle pour faire craquer la barrière fine de ses yeux et dévaler ses joues de pêche. Son paternel lui sourit malgré l’angoisse qui le tient lui aussi au ventre et pose un genou à terre afin de se mettre a la même hauteur que son garçon. Passant une main dans ses cheveux, il frictionne vigoureusement le crâne du garçonnet dans le but de lui retirer toutes ces mauvaises pensées de la tête. Il aimerait qu’il en soit de même pour lui, mais les craintes qui bouleverse alors son âme sont belles et biens présentes. Toutefois, dans le souci de ne pas inquiéter inutilement l’enfant, il lui sourit aussi grand que possible et assorti ce rictus a quelques mots balancés en l’état, sans véritable profondeur.

   « Ne t’en fais pas, Lino, tout va bien, Maman est très heureuse en ce moment. »

L’homme remercia le ciel, a ce moment là, que son fils soit trop jeune pour comprendre les subtilité et comprendre l’essence même de son mensonge. Il n’avait pas d’autre choix que de fausser les vérités pour rendre au petit son sourire d’ange qu’il arbore tout les jours d’ordinaire. Déformer les faits et les arranger comme bon lui semblait étaient la seule solution qui paraissait s’offrir tout entière a lui, alors sans réfléchir, il s’en est saisi. Pour le bien de son fils.

De son côté, le dénommé Lino ne se posa pas davantage de questions et enlaça le cou de son père avec toute la force dont il était porteur, afin de la remercier de lui avoir ôter tout son tracas. Il ne comprenait pas tout, néanmoins, être assuré par son père que tout allait bien l’avait énormément soulagé. Après, quant a savoir pourquoi sa douce maman était heureuse de crier de la sorte, il n’en savait rien. Mais ne voulant pas se poser plus de questions maintenant qu’il avait la garantie que tout se passait pour le mieux, comme pour éviter de briser l’illusoire magie qui entourait les mots de son paternel, il fit prestement demi-tour et s’enfuit a toutes jambes pour aller jouer avec le petit poulain, né il y a deux semaines de cela. Et puis qui sait, peut-être trouverait-il de jolies fleurs dans la verdure, qu’il pourrait rapporter a sa génitrice, pour lui faire plaisir.

Le vieillard et son gendre échangèrent quelques paroles après cela, puis tout retomba dans un mutisme assuré par leurs angoisses. Intérieurement, tout deux priait un Seigneur en lequel ils avaient foi jusqu'à la moelle, de préserver leur famille du chagrin et d’empêcher que le démon ne prêche la vie de la jeune femme allongée là sur le lit de fortune, a l’intérieur de la roulotte. L’un craignait pour sa fille unique et l’autre pour sa tendre femme. Jamais il ne s’en remettrait s’il venait a lui arriver malheur.

Mais les brebis virent leur souhait commun exaucé très peu de temps après. Tout d’abord, nul n’entendit plus rien. Les cris de douleur avaient cessé et le calme était retombé, comme par magie, sur l’ensemble du panorama sur lequel leurs yeux s’efforçaient de ne pas glisser, pour mieux se concentrer sur leurs prières muettes. Rien, ni le hennissement de la jument toute proche, ni le craquement du bois de leur habitation n’aurait pu les préparer à ce qui allait suivre.

Effectivement, curieux de savoir ce qu’il s’était passé et n’en pouvant plus d’attendre ainsi, les mains pleines de fourmis tant elles avaient été serrées l’une contre l’autre, l’époux de la suppliciée tenta d’ouvrir la porte de la caravane. Ce fut a la fois un succès et un échec ; Au même moment, sa belle-mère poussa vigoureusement ladite pièce de bois, lui claquant la main jusqu’au poignet tant elle n’avait pas ménagé sa force d’ancêtre et jeta a sa figure deux seaux vides avant de devoir être réduite a crier ses ordres d’une voix stridente aux deux hommes hébétés qui se tenaient là devant elle.

   « Mais aller donc me chercher de l’eau fraiche au lac, sombres idiots ! » beuglât-elle, de sa bouche a l’intérieur de laquelle il manquait presque dix dents.

Illico-presto, le grand-père et le gendre s’emparèrent chacun d’un seau et se dirigèrent au pas de course vers la grande étendue d’eau qui léchait les pieds de la colline sur laquelle se trouvait leur charrette. Mine de rien, l’aïeule faisait mille fois plus peur que la Mort ou la crainte de cette dernière, lorsqu’elle s’y mettait sérieusement…Ou se mettait en colère, aussi.

Ayant ouïe la voix de sa grand-mère, Lino revint de nouveau sur ses pas, avec une expression qui voulait tout dire sur sa bouille d’enfant. Lui souriant, sa « mémé », comme il aimait a l’appeler, l’aida à monter a l’intérieur et le conduisit jusqu'à la couche ou se trouvait sa mère, en sueur, épuisée, mais heureuse comme il ne l’avait encore jamais vu l’être. Un large sourire étirant ses lèvres roses, semblables à un papillon aux ailes entièrement étendues, la maternité posa pour la seconde fois sur elle, un voile de pureté, serti d’embruns de douceurs, pour rehausser sa beauté naturelle. Le petit garçon arrêta alors son regard sur la petite chose qui gigotait contre sa mère. Une minuscule petite boule de chaire rosée, sans un seul cheveux ni rien qui aurait pu le rendre ne serait-ce qu’un peu plus beau. Il était… laid ce bébé. Enfin, c’est là ce qu’avait pensé le jeunot en apercevant sa petite sœur pour la toute première fois de sa vie.

La nature toute entière paraissait réfléchir, s’était tut un instant, le temps que l’enfant assimile bien que désormais, il n’était plus le seul chérubin de cette famille.

Intrigué, il osa approcher un petit doigt maladroit sur les lèvres du poupon et parvint a lui ouvrir la bouche. La encore, rien d’un temps soit peu élégant. Nulle dent bien blanche présente a l’intérieur de cette cavité détrempée de salive.

   « Bwark ! Il est pas bô ! Fit le petit brun avant de se reculer promptement, comme s’il avait vu l’incarnation latente d’un démon. Hilarité générale, les deux femmes sourirent encore plus a la prononciation de cette simple phrase.
   -Elle, Lino, c’est une petite fille. Rétorqua sa mère, tenant comme il le fallait son second enfant dans ses bras charnus.
   -Oui et bah elle est pas jolie, nah ! » Asséna le susnommé pour toute réponse hasardeuse avant d’aller s’agripper aux vêtement de sa grand-mère, s’y cachant a moitié tout en conservant ce petit œil observateur sur la silhouette rayonnante de leur mère, a lui et a la nouvelle arrivante.

En vérité, il était tout simplement jaloux de voir cette chose prendre sa place au creux des bras de sa maman. Ceci ne durera pas, et très bientôt il idolâtrera sa chère et tendre cadette ; Mais ça, il ne le sait pas encore, le Destin garde ce fait bien secret pour le moment.

Peu après, c’est essoufflé et suant comme des bœufs se tuant à la tâche que les deux hommes de la maison revinrent, chacun un seau rempli a ras bord d’une eau fraiche et pétillante de vie, parfaite pour la toilette du nourrisson et le rafraichissement de la mère. Après s’être fait houleusement gourmandé par l’ancêtre féminin pour avoir été si long, le père des enfants s’approcha, penaud, de sa femme tout juste en train de reprendre sa respiration, leur fille dans le berceau de chaire et d’os que formaient ses deux bras joints l’un a l’autre.
Le soleil était alors hauts dans le ciel d’un bleu pur et vierge du moindre nuage ; Les rayons de l’astre illuminait la vallée et ne se gênèrent nullement pour passer par la fenêtre la plus proche de l’accouchée et réchauffer de leurs présences invisibles, la mère comme l’enfant- qui tordit sa bouche en un demi-sourire. Y voyant là un présage du Seigneur tout puissant, lorsque le grand père, enfin rassuré, laissa s’échapper de sa gorge un « Hallellujah, vous aller bien… », sa fille unique posa alors son regard illuminé et auburn sur lui, souriant de toute ses dents bien que son corps commençait à se faire lourd a cause de la fatigue. La concertation quant au choix du prénom ne fut pas longue et ne nécessita même pas l’usage de quelconques mots pour que les amoureux se fixent sur un nom.

En silence, lorsque les yeux des parents se rencontrèrent les uns les autres, l’époux comprit que sa femme avait déjà une idée en tête. Il lui faisait confiance entièrement, aussi hocha t-il simplement la tête, ignorant tout des intentions malicieuse de sa tendre femme qui l’était tout autant. A l’unisson, ils se tournèrent alors vers les parents de la belle, ainsi que vers leur fils, toujours dissimulé presque entièrement dans les jupons de son aïeule. Le plus vieux commençait à perdre patience, il n’appréciait que fort peu le suspense et tout ce qui pouvait s’en rapprocher. Aussi, coupant court a cette attente, il demanda sans détour la question qui lui trottait dans la tête depuis le lever du jour.

   « Alors ?! Comment allez-vous l’appelez, ce petit ange ?
   -Hallelujah.
   -Hum ?
   -C’est son nom, Hallelujah. » Conclut la nouvelle mère, en serrant tendrement sa fille déjà chérie contre elle, afin d’être sure et certaine qu’elle n’était pas tout simplement en train de rêver.

Mais non, ce n’était nullement le fruit des malices de Satan et elle en fut des plus épanouie… Même si elle se jura que c’était là le dernier enfant qu’elle aurait ! Pas question de remettre le couvert de sitôt avec une douleur pareille, même si le constat final était baigné de merveilles.

C’est ainsi qu’en ce monde débuta la vie d’Hallelujah, progéniture de bohémiens, destinée à suivre le même chemin en grandissant.



La Bête derrière le PC

Ton prénom : Omnos
Ton âge : 22 ans
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Quelque chose à dire? : Je trouve simplement dommage que les lycans ne soient pas "immortels", tout comme les vampires.



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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 12:13

Bienvenue

Bonjour et bienvenue à toi =3

Bonne chance pour ta fiche.
Par contre, ta classe n'est pas bonne. Il faut que tu lise ce sujet http://monde-cruel.forumactif.org/t4-classes

Choisit l'une des classes. Noble n'est pas une classe ^^' C'est plus un métier.
N'oublie pas de lire tout les topics de la catégorie "Il était une fois".


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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 20 Jan - 14:28

Suite de l'histoire

Chapitre Premier;
Inéluctablement les années filent et défilent dans le grand sablier du temps, chacune semblable a un grain de sable sombrant vers les profondeurs du récipient, pour mieux laisser son successeur prendre sa place et chuter a son tour. Et ainsi et suite.

Hallellujah grandit aimée, entourée de toute sa petite famille. Ensemble, tractés par leurs puissants animaux de traits, ils parcoururent bien des lieux. Des terres humaines chauffées par le soleil aux steppes froides des Vampires en passant par le territoire elfique et ses merveilles, l’âme dont il est ici question eut tout loisir de se cultiver de la meilleure des façon ; En apprenant d’elle-même. Loin d’être une idiote finie comme aime à le penser certains nobles hautains sous prétexte qu’elle était une bohème au grand cœur, elle savait conquérir le savoir qu’il lui manquait de bien des façons. Créer le contact avec les populations qu’elle rencontrait n’avait absolument rien de compliquer pour elle qui, d’un simple enchainement de pas de danse, savait attiser leur attention. En découlait de passionnantes discussions sur tous les sujets possibles et imaginables, par après.

Elle était si belle, cette bohémienne. Sa grand-mère maintint toute sa vie qu’elle tenait cette beauté rare et féline du lait de jument dont elle avait été alimenté dés sa naissance ; D’après l’ancêtre, ce liquide aux fortes propriétés nutritives n’avait fait que renforcé la quintessence naturelle dont avait été serti sa petite-fille. Peut-être est-ce vrai ; Peut-être est-ce faux ; C’est là un mystère que nul ne jeta au flammes de la vérité ; emporté avec les défunts dans leurs tombes. À moins qu’eux non plus n’en connaissent la réponse ? C’est également fort probable. En tout les cas, une chose ne pourra jamais être balayé par les mauvaises langues et autres jalouses mégères ; A l’instar du vilain petit canard transformé a l’âge des amours en magnifique cygne au plumage blanc virginal, la cadette de Lino n’eut point a attendre d’être adulte pour que sa splendeur ne s’exprime sans aucune retenue.

Autrement, quoi qu’il en fut-ce, dés son plus jeune âge, Hallellujah fut initié a la danse, au chant et a l’art de la musique avec le meilleur des professeurs qui soit ; Sa propre mère. Eliade avait le dos de faire s’exalter les vertus de chacun, par dieu sait quelle alchimie inexplicable. Et sur la personne de sa propre fille, elle était persuadée d’avoir ressenti un talent tout particulier pour les trois activités précédemment citées, bien que la danse l’emporte tout de même très largement sur les deux autres. Ainsi fut bâti l’entrainement intensif de la plus jeune des demoiselles, alors qu’elle commençait à peine à se tenir assurée sur ses petites jambes de bambin. Mais ces exercices intenses payèrent bien assez tôt et le fruit de ce dur labeur ne put qu’être admiré, surtout lorsque la jeune bohémienne donnait cette impression singulière d’être dans un autre monde dés lors que ses pieds la guidaient sur une ligne imaginaire, pour le plus grand plaisir des yeux des badauds et autres personnages du même genre.

Elle était encore bien loin, a cet âge, de ce douter que d’ici quelques années, le destin lui avait concocté un chemin fort épineux, qui n’épargnera ni ses pieds, ni son âme.

Auparavant, c’est bien malgré eux que les migrants croisèrent la route de créatures sataniques, aux mâchoires aussi démesurées que leurs tailles, aux yeux immensément rempli de rage de vaincre et à l’instinct de traque pour le moins développé.

L’hiver avait déjà abattu sa brillante parure de neige sur les terres lupines lorsqu’ils découvrirent cette tragique malédiction de leurs propres yeux. La forêt était bien plus calme qu’a l’accoutumée, mais n’étant guère originaire de ce pays, le petit groupe se contentait d’avancer tranquillement, au rythme que les chevaux étaient en mesure de tenir par ce temps froid et sec. Hallellujah avait seulement seize ans a l’époque, mais malgré qu’elle ait été la plus jeune, elle n’en restait pas moins très lucide. C’est elle qui remarqua la première que les trois animaux de traits qui tiraient la caravane paraissaient stressés et apeurés, bien qu’elle ne sut expliquer pourquoi dans un premier temps. Son frère ainé ayant les rennes bien en main, elle n’avait pas jugé approprié de s’inquiéter immédiatement.

Toutefois, dés lors que les équidés refusèrent d’avancer plus avant, la bohémienne n’attendit pas l’autorisation de ses parents pour tenter elle aussi sa chance a l’extérieur, bien que le vent avait commencé à se lever, fouettant sans aucun remords ses jambes dénudées. Mais ce n’était pas son état qui la préoccupait ; Elle angoissait d’avantage pour les chevaux que pour elle-même, ne faisant pas cas des dires du plus grand de la fratrie qui lui ordonnait ni plus ni moins que de remonter immédiatement dans la carriole sous peine de se recevoir une bonne correction. Il n’était pas violent de nature, mais la crainte qu’il puisse arriver malheur à sa sœur prenait parfois le dessus sur son sang-froid et le poussait à dire des choses qu’il ne pensait nullement.

Le manque de volonté dans ces mots devaient être flagrant puisque ce n’est guère cela qui ému l’adolescente, trop occupée a caresser tendrement l’encolure de l’étalon a l’avant.

Ironiquement, c’est sans doute les cris colérique du premier enfant du couple qui attira davantage l’attention des créatures sur eux qu’autre chose. A cet instant précis, le premier cheval rua avec une fougue certaine, bientôt imité par les deux autres, joignant leurs hennissements à celui de l’étalon, dans un grand chambardement. La surprise fut telle qu’Hallellujah en tomba a la renverse dans la neige, ses cheveux noirs tranchant magnifiquement avec l’absence de couleur du sol. Mais contre toute attente, ce n’est pas le choc d’être tombé qui polarisa l’attention de la demoiselle. Effectivement, elle vit a quelques mètres d’elle, juste devant les chevaux agités, apparaitre un animal somptueux. Sa fourrure, se confondant avec la neige, devait assurément être aussi douce que la plus rare des étoffe de soie ; Ses yeux, a l’intérieur desquelles on aurait pu jurer voir scintiller une flamme, hypnotisa la jeune fille qui, toujours au sol, ne parvenait plus a se relever. Une mèche de cheveux lui traversant le visage, elle se trouvait être littéralement sous le charme de l’animal. Sauf que.

La créature a quatre pattes brisa alors cet intense instant d’observation et hurla en direction du ciel. Un cri effroyable, beau mais tétanisant. Tout les membres d’Hallellujah tremblaient alors que la certitude que cette chose allait la dévorer se frayait un passage vers sa conscience. La peur la clouait sur place et rien de ce que pouvait lui dire ses proches ne la fit réagir. Alors, sous l’inquiétude de plus en plus grandissante, ce fut son père qui sortit de la roulotte, la saisie par les épaules – lui faisant par la même occasion reprendre pied avec la réalité – et la releva instamment avant de la ramener à l’abri. Ou du moins ce qu’il pensait pouvoir appeler comme tel. Mais l’infâme chien démon comprit immédiatement ce qu’il tentait de faire, aussi, sans même prendre d’élan, il fondit sur les deux âmes en passe de remonter dans la carriole, n’attendant pas la venue, pourtant toute proche, de ses acolytes aussi satyriques que lui.

Si la chance sourit alors a Hallellujah, ce ne fut pas le cas de son paternel. Le pauvre bougre sentit les crocs du félon démon s’enfoncer dans la chaire de sa jambe encore a l’extérieur. Il fut emporté par la bête et projeter quelques mètres plus loin. Et aucun des cris que poussaient alors en chœur sa fille et sa femme ne purent rien y changer. Son sang, s’écoulant d’une plaie béante, colorait alors le parvis blanc des bois. Malgré tout, la première pensée qui lui traversa l’esprit fut de mettre sa famille à l’abri, même si cela signifiait en être a tout jamais séparé. Fouillant le sol, sous la surface nacrée, l’homme dénicha deux petits cailloux dont il se servit le plus astucieusement du monde. Le premier fut envoyé sur le crâne de l’animal blanc qui commençait déjà à faire demi-tour, en direction de la charrette, prés à dévorer tout ces occupants un à un. Cela ne plus guère a la créature qui se décida finalement, tout crocs dehors a s’occuper du gêneur avant de passer au plat de résistance que constituaient les autres bohémiens. Mais le patriarche n’entendait pas mourir sans agir une toute dernière fois dans l’intérêt de ses proches. Leur hurlant a quel point il les aimait, et voyant que son fils s’apprêtait à venir le rejoindre pour se battre contre le loup, il empoigna fermement la seconde pierre qu’il projeta sur l’arrière train de l’étalon, en tête d’attelage. L’animal, sous l’effet de la douleur succincte mais aussi de la peur, se mit à galoper, entrainant les autres équidés avec lui, afin de faire avancer l’habitation mouvante le plus vite possible. Objectif atteint car nul ne parvint à faire stopper les animaux de traits alors qu’elles galopaient comme si l’Enfer les poursuivait. Dans les faits, ce n’était pas entièrement faux.

Hallellujah, mais aussi tous les autres membres de sa famille pleurèrent la perte de cet être qui leur était si cher. Un père, un mari, un gendre. Il avait été énormément perdu ce jour là.

Mais la famille migrante n’était pas tirée d’affaire pour autant. Le loup blanc ayant hululé pour attiré l’attention de ses compères, les bohémiens ne tardèrent pas a apercevoir les formes longilignes et disproportionnés des animaux qui les traquaient de très prés. Ils pensèrent alors que le sacrifice qu’ils avaient été forcés de faire à l’instant – contre leur gré de surcroit- n’avait servit a rien, et l’amertume s’empara alors de chacun d’entre eux, même d’Hallellujah.

Son frère ayant du mal à maintenir une trajectoire correcte avec des chevaux aussi déchainés, la jeune femme le rejoignit aussitôt en quelques acrobaties et autres tractions accomplies avec brio à la surface d’une carriole en proie à l’agitation la plus totale. Sa grand-mère était resté avec sa génitrice, qui s’était évanouie sous le coup des trop fortes émotions ressenties d’un seul coup. Armant ses mains d’une écharpe cousue main afin de ne pas souffrir des potentielles brulures que pourrait causer le cuir des harnais sur ses fines mains, la brune s’empara a son tour des rennes, apportant ainsi tout son soutien a son ainé qui, malgré la peur qui le prenait alors au ventre, apprécia un tel geste. Leurs forces combinées eurent raison de la résistance des sangles et les équidés suivirent bientôt le chemin qu’on leur ordonnait d’emprunter.

Mais soudainement, les bêtes infernales ralentirent de plus en plus, comme si elles ne souciaient plus du tout de la famille de bohémiens, dont le chef avait été arraché brusquement, quelques minutes auparavant. Les toisant avec ses yeux sombres et pleins de larmes, la jeune danseuse finit par découvrir la raison de tout ceci. A moins de trente mètres – qui se réduisaient toujours plus vu l’allure à laquelle l’attelage détalait- devant la carriole, sur le même chemin, une silhouette se dessina. « Quel fou ! » pensât alors Hallellujah en remarquant cet individu dont la capuche masquait le visage. S’il restait là ou il était, les loups le dévoreraient probablement d’une traite !

Elle aurait voulu lui venir en aide, mais il ne paraissait pas réagir a ses appels. La vérité était qu’il n’en avait cure. Lorsque la calèche passa prés de lui, à une cadence suffisamment soutenue pour soulever sur ses flans quelques courants d’airs, le morceau de tissu qui dissimulait alors le visage de l’étranger fut repoussé dans le dos de ce dernier. Et là, un visage aussi beau qu’une statue de cristal fut dévoilé au regard de la ravissante Hallellujah. Et pendant un infime instant, elle cru que son cœur s’était arrêté de battre tant cet homme était d’une splendeur interdite. Pourtant, il ne la regarda même pas, ses yeux rivés sur les poursuivants de la roulotte, et laissa passé la petite famille traumatisée comme si de rien n’était. Ils continuèrent a rouler a cette vitesse jusqu’au petit jour, lorsqu’ils furent tous certains que les bêtes ne se trouvaient plus sur leur talons.
Hallellujah ne le su jamais, mais l’homme qu’elle avait entre-aperçu dans le bois cette nuit là n’était autre qu’un vampire, qui se battit vaillamment contre la meute puissante jusque là aux trousses de la caravane. Il ne l’avait pas fait pour sauver les quelques bohémiens mais uniquement pour abattre ces engeances qui demeuraient être ses ennemies naturelles. Un besoin de lutter contre l’adversaire, voici tous ce qui avait motivé cet individu a agir de la sorte. En l’espace d’une nuit seulement, l’artiste des rues côtoyât la Mort sous deux de ses formes les plus répandues. Les Loups et les suceurs de sang.

Bien loin de tout ce crescendo de terreur obnubilant, dans la majesté royale de la Cour du Roi des hommes, était entré depuis plusieurs années déjà un Seigneur répondant au nom de Denovan Elison De SaintLouis ; Officiant dans la Haute Société sous le rang de Marquis, son efficacité n’était plus a prouvée. Voila déjà presque deux décennies qu’il arpentait les territoires dans l’unique but de satisfaire les désirs du Monarque de l’époque, et par la même occasion, doré le blason de sa famille auprès de ce dernier. Après tout, dés lors que l’on possédait les bonnes grâces du Souverain, il n’y avait que peu de portes qui persistaient a resté fermées devant vous. C’était un but a atteindre pour ce lycan au sang pur âgé de plus de trente ans alors.

Depuis peu, il se devait également de remplir les fonctions d’Alpha de la meute des De SaintLouis – et des familles associées à ce nom également -, délégué par son propre père quelques mois auparavant. Soixantenaire déjà – et allant bon train vers sa prochaine décennie avec entrain-, il avait jugé bon de donner a son fils ainé, les rennes de la famille toute entière, en lui accordant donc le rôle de l’Alpha, rang suprême chez les loups. Bien évidemment, l’ancien veillerait scrupuleusement dans l’ombre, en ne manquant jamais de donner son avis si quelque chose venait à lui déplaire, mais puisque Denovan démontrait des qualités de leader naturelles, il avait parut logique a son épouse et lui-même que ce dernier leur succèdent en bon et du forme a la tête du clan. Tous les enfants de la fratrie qu’ils avaient constitués avaient été surpris par une pareille décision, et Elison le premier de surcroit. Mais aucun ne fit preuve de jalousie et il prit possession de ses nouveaux droits très peu de temps après.

Pour fêter dignement cette « promotion » au sein de la hiérarchie familiale, tout les lycanthropes s’était décidés à organiser une vaste chasse de vampire et d’humains, dans l’optique de se remplir rapidement la panse et de reconnaitre le frère ainé en tant que chef véritable puisque c’est lui et uniquement lui qui les guidait lors de cette festivité purement lycane. Malgré tout, Denovan demeurait quelqu’un de très intelligent ; Évidement, au court des années précédentes, il avait eu l’occasion de tuer bien des humains pour se repaitre de leurs chaires, si tendre, innocents ou non et de terrasser plus d’une fleur du mal nocturne, plus communément appelé Vampire. Combien avait tenté de s’en prendre à sa famille sans prendre les mesures nécessaires par avant ? Au moins autant que ceux ayant eu la possibilité de gouter a la solidité de ses crocs luisant de leurs sangs tandis qu’ils se refermaient sur eux. Aucune pitié dans ce genre de situation.

Toutefois, le nouvel Alpha avait bien comprit une chose ; Au contraire du passé qu’il était habitué à prendre pour modèle, désormais les humains étaient… plus méfiants et plus suspicieux envers leurs prochains. Pour ne pas se faire remarquer, ou alors le strict minimum, il valait mieux prendre pour cible les humains condamnés a mort ou ayant commis d’affreux crimes alors qu’ils pouvaient gambader en liberté sans aucunes craintes ; Du moins le pensaient-ils tous. Voici la théorie pour le moins criante de vérité que le fils de Castiel mit sur pied lorsque son rang le lui permit. Impressionné par une déduction telle que celle-ci, l’ancien chef ordonna à tous les membres de la famille d’agir comme l’avait suggéré l’ainé de ses fils. Après tout, des criminels et des condamnés… Personne ne les regretterait, c’était évident. Cette proposition ne fit que renforcer le précédent Alpha que son choix s’avérait juste et véridique. Son fils ne le décevrait pas, c’était impossible. C’est avec une pensée pareille qu’il céda définitivement ses avantages d’Alpha a son premier enfant, a qui il souhaitait un règne aussi grandiose que le sien – sinon plus- a la tête de la famille De SaintLouis.

Pour honorer au mieux le statut que lui conférait légitimement sa naissance, Denovan devait à présent se chercher une épouse digne de ce nom. Son seul problème fut bien celui-ci. Aucune des louves de sang-pur qu’il avait eu la possibilité de rencontré jusqu’ici – son père ne tolérant les « mordus » qu’au stade de serviteurs tout au plus – ne lui avait convenu parfaitement. Il y avait toujours un infime détail pour venir encrasser le tableau enjôleur qu’il pouvait se faire d’elles. Trop immatures, trop violentes, trop sanguinaires. Si tous les défauts n’ont pas été cités, la liste n’en demeure pas moins longue pour autant.

Puisqu’il était un sang-pur de toute première catégorie, rien ne l’empêchait de patienter encore une dizaine d’années, voir même deux, avant de s’investir franchement dans la quête d’une partenaire idéale dans le rôle d’Alpha, a ses côtés ; Celle qui serait en mesure de lui donner des louveteaux forts et a la hauteurs du sang et du nom qu’il leur transmettrait sans réserve. Il avait donc tout le temps dont il pouvait avoir besoin pour dénicher une compagne en suivant, malgré tout, les exigences inflexibles de son propre père. « Pas d’humaine ou de vampire, souviens t-en. » lui avait murmuré le vieux patriarche, une main posé sur son épaule, alors qu’il s’apprêtait à aller se coucher, juste après la chasse familiale. Aimant son clan plus que tout au monde, a l’instant même ou le précédent chef lui avait inculqué cette requête, cela lui avait sauté aux yeux comme étant une évidence pure et simple qu’il ne franchirait jamais, ne voulant pas inutilement blessé ceux qu’il aimait davantage que lui-même et le pays qu’il servait pourtant avec ferveur et vélocité.

Il n’était pas encore très égoïste, en ce temps-là.


Chapitre Second;

Les destins ne sont jamais prévisibles. Même eux ignorent parfois ou le chemin que leur hôte empruntent les conduira ; Tout simplement parce que ces entités invisibles sont aussi capricieuses qu’indécises.

Leurs réactions ne peuvent être sondées a comprises a l’avance ; Ou serait le charme de la vie sinon ? Quand bien même le sang recouvre l’intégralité d’un canevas, il y aura toujours un fil coloré d’une autre teinte pour faire poindre l’espoir là ou on n’aurait par ailleurs, jamais soupçonné l’existence. Ceci n’est guère la solution d’une énigme recherchée, mais seulement une vérité absolue. C’est la douceur du courant de pensée typiquement humain qui dit qu’après la pluie vient le beau temps ; En théorie. En ces termes donc, personne, pas même Hallellujah ou Denovan Elison de SaintLouis n’aurait été en mesure de prévoir le présent imposé par Mère Nature mais avant tout le hasard lui-même, sur lequel ils danseraient ensembles, à la vie à la mort, comme s’il s’agissait de braises ardentes, les consumant petit a petit sur le chemin de l’amour pur et parfait.

Le Soleil s’acharnait à chasser les dernières plaques de givre résistantes sur les pavés des rues, mais aussi sur les toits de tous les bâtiments formant le labyrinthe vertigineux de la ville. Déjà, les plus vaillants sortaient de leurs logements pour aller vendre leurs produits sur les étales des différents marchés ou aller travailler dans l’une des nombreuses tanneries que comptait la capitale en son sein. Chacun y allait de bon cœur pour gagner son paix chaque jour, terrifié a la simple idée que le froid ait pu chasser tout les clients des commerces. C’aurait été une chose terrible, c’était certain. Une période de disette ne pouvait être permise, surtout dans un tel contexte. Parfois, le Roi des Humains venait flâner en ville, sans doute pour prendre le pouls de la population et s’enquérir des dernières nouvelles qui ne lui parvenaient pas a la Cour.

Il valait donc mieux éviter de se retrouver sans le sou afin de donner une bonne image de soit au Souverain. Par soucis d’honneur et de servitude, chacun travaillait d’arrache-pied ; Créant par la même occasion donc, de terribles embouteillages dans tout les recoins de la Capitale.

Nombres de nobles fulminaient de devoir patienter ainsi a l’intérieur de leurs luxueux carrosses, initialement en route vers le château de son Altesse Royale.

L’un d’eux finit par passer outre la contraignante attente et décida, sur un coup de tête, de continuer son ascension vers le palais de lui-même, sur ses deux pieds. Les domestiques présents avec lui tentèrent de le raisonner, en usant de l’argument phare en ce temps là ; Comme quoi les nobles faisaient des cibles de choix pour les brigands et autres voleurs à la sauvette, qui pullulaient alors dans les rues de la belle ville des humains. Mais eux comme lui savaient pertinemment que rien de ce genre ne serait en mesure d’arrêter son avancée. Ils manquaient simplement d’autres arguments, au point de s’abaisser a ceux du commun des mortels, voila tout.

Personne, pas même cet individu a la chevelure d’or et aux yeux parés des couleurs du ciel, ne se serait douter qu’il était en train de mettre un pied dans un concours de circonstances décisif. Son avenir en serait changé, mais pour l’heure, il ne le savait pas encore. Peut-être, non, sans doute est-ce mieux ainsi.

Serpentant entre les convois et autres établis sans escorte, le noble se vit tout de même obligé de passé devant la Grand Place de l'Eglise puisque sa route ordinaire était bloquée par d’importants décombres. Certes, il était impatient, mais pas au point de prendre le risque de salir ses couteux vêtements, taillés sur mesure. Ainsi, rechignant tout de même un peu, il s’engagea sur le parvis ou régnait une agitation de tout les Diables. Tout les habitants courraient a droite, a gauche, partout ! De temps a autre, un imprudent laissait son regard glisser sur la silhouette du notable, songeant a comment il pourrait s’y prendre pour le détrousser de sa bourse sans doute pleine a craquer ! Mais il se ravisait sitôt après avoir croisé le regard dudit noble. Mieux valait ne pas faire de grabuge si l’on espérait vivre.

Mais le désespoir guide parfois les pas des plus démunis sur le chemin de la déraison. C’est sans aucun doute pour cela qu’un fou a lier fit mine de bousculer l’homme de haute société, dans le but de lui dérober ses possessions en or. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que sa cible possédait d’excellents réflexes, entre autre (inutile de préciser que bien des humains étaient morts sous ses crocs par la même occasion) et que son frêle poignet se retrouva engoncé dans une paume ferme et puissante. Il avait mal, son sang parvenait difficilement jusqu’au bout de ses doigts qu’il sentait s’engourdir de plus en plus a mesure que les secondes s’écoulaient autour de lui. De plus, les yeux furibonds de l’homme qu’il avait a tord prit pour un imbécile de noble le fixaient avec une lueur mauvaise, dont l’effet était rehaussé par le froncement des sourcils au dessus d’eux.

Le voleur improvisé sentait ses jambes sur le point de se dérober sous son poids. L’aura que cet homme dégageait n’était pas commune ; Elle était tétanisante, comme s’il se trouvait face a un prédateur surréaliste. Jamais cet insolent ne su a quel point il était dans le vrai. Mais les anges se firent cléments envers lui et s’arrangèrent alors pour attirer l’attention du monstre sur une toute autre chose. Une jeune femme.


Son regard rivé sur le visage du voleur – qui ne devait pas avoir plus de douze ans – s’était levé une petite seconde a peine, pour Dieu sait quelle raison. Mais cela avait largement suffit pour capter son intérêt. Car c’est là qu’il l’a vit. Envoutante, elle dansait sur le sommet d’un tonneau, un foulard dans ses mains aux graciles mouvements. Le noble répondant au nom de Denovan Elison de StaintLouis aurait pu sans mal aucun juré qu’il n’avait jamais rien vu de tel jusqu'à présent. Pourtant il en avait fait et vu des choses tout au long de sa vie. Mais là, il était subjugué au point d’en oublier tout ce qui se passait autour de lui. Relâchant sans même s’en rendre compte le poignet de l’impertinent – qui remercia le ciel nuit et jour pendant une semaine suite a cela- il laissait ses yeux courir sur les courbes de la demoiselle qui ne semblait même pas l’avoir remarqué, au milieu de toute cette foule grouillante, pareille à une fourmilière en ébullition.

De beaux cheveux noirs voletant dans les airs avec la grâce des derniers corbeaux de l’hiver, une peau sans doute dorée sous le soleil le plus ardent, un sourire magnifique accompagné d’un rire tout aussi charmeur, et enfin, un visage a la beauté transcendante. Telle une poupée de porcelaine de haute qualité – quoi que le Marquis n’eut jamais vu pareille splendeur même dans ce genre de création- elle paraissait capable d’éblouir toute la ville par ses simples pas de danses assemblés à la vas vite, uniquement pour rendre le bonheur et la joie, pendant un court instant, a son public improvisé, principalement composé de marchands malchanceux et de mendiants estropiés.

Mais cela n’eut pas raison de la bonne humeur dont irradiait la jeune et magnifique jeune femme puisque, de ses pieds nus, elle continuait à danser, encore et encore, dans un rythme effréné. Comme si elle était l’étoile qui pouvait régir a elle seule les lois de l’univers.
Même si rien de tout ça n’était vrai. Et la réalité rattrapa alors le Notable.

   « ..tre ?... Maître ?.... Maître, est-ce que m’entendez ? »

Il aurait presque sursauté alors que l’un de ses plus fervents domestiques tirait vers lui un morceau d’étoffe de son costume, pour capter son attention le plus possible, sans doute. Affichant un air hébété, le noble dû se faire rappeler par ledit serviteur ce qu’il en était.

   « Monsieur ? Tout va bien ?
   -Oui, oui oui je vais bien, merci.
   -Bien, dans ce cas, continuons-nous a pied jusqu’au Château ? Ou rebroussons-nous chemin vers votre voiture, Monsieur ? »

L’homme eut du mal a aligné plus de deux pensées correctes, tout juste sorti d’un état pour le moins étrange, ou plus rien n’importait. Portant ses phalanges gauche a son visage – réalisant par la même que le garçonnet turbulent n’en était plus prisonnier-, il se pinça fortement l’arête du nez, comme pour essayer de reprendre pied avec le réel. Il secoua la tête et décida de suivre ses domestiques jusqu'à la calèche qui l’attendait toujours, revenant donc sur sa propre décision de départ. Toutefois, il ne put s’empêcher, une fois tout ses esprits recouvrés, de jeter un coup d’œil furtif par-dessus son épaule, dans l’espoir d’entre apercevoir encore les mouvements de cette danseuse; sans succès en revanche.

Une fois parvenu au Château, non sans grand mal, le Marquis apposa sa main droite sur sa propre hanche, a la recherche d’un objet en particulier. Tiens, sa bourse ne se trouvait plus là. Écarquillant les yeux, il finit par sourire mystérieusement avant de secouer la tête. Décidément, elle lui avait fait perdre tout ses moyens sans même lui adresser une parole. Quelle décadence ! Et en vers et contre tout, le Noble n’en fut même pas outragé, bien au contraire puisqu’il ria alors si fort qu’on l’entendit jusque dans les jardins du palais. Lui seul pouvait comprendre. C’était son secret, et uniquement le sien.

Il aurait voulu en cet instant faire croitre ce secret. Sans savoir que son désir ne restera pas en berne.

Elle riait et dansait avec davantage de fougue et de quintessence a mesure que ses pas s’entrelaçaient sur le haut de ce tonneau de vin vide. Un sourire écartant ses lèvres, Hallellujah distribua sans modération de la joie et de l’amour a quiconque en quémanderait présence. Voici deux ans qu’elle et sa famille se sont établis dans les catacombes de ces lieux, souterain mystique ou tout les bohémiens savent se retrouvés, mais surtout se dissimuler aux autorités. En tant d’années d’existence, la bohémienne avait comprit une chose fondamentale ; Le monde est ce qu’il est. Même en s’acharnant contre les monarchies injustes ou la noblesse, rien ne changerait de sitôt. Les croyances et les habitudes étaient bien trop tournées vers les forts des nations et non vers la majeure partie de la population. C’était cruel, fourbe et mesquin, mais le fait était là et la brune ne pourrait rien y changer, jamais.

Convaincue de ce constat, pour tromper le malheur de ses compatriotes, qu’elle connaissait bien à présent, elle ne pouvait faire qu’une chose : Les distraire. Et danser comme si elle se trouvait être en flammes faisait partie de ses activités favorites, dont elle ne se lassait jamais.

Tandis que sa mère comptait la bonne aventure, son frère ainé s’évertuait à œuvrer pour la famille en rapportant un peu d’argent chaque soir, grâce aux divers tours d’adresses qu’il avait apprit et perfectionner au fil des années. Paix a l’âme de leur grand-mère qui ne connu jamais ce territoire. Peu de temps après la disparition de leur père, la belle-mère de ce dernier tomba grièvement malade, au point de ne plus pouvoir se lever vers la fin. Ne disposant pas de moyen suffisant, le petit groupe tenta vainement de la soigner par leurs propres moyens, mais se fut inutile. Elle s’éteignit en quelques jours seulement, rouvrant ainsi la plaie encore saignante de ses proches qui la pleurèrent longtemps. Enterrée dans un cimetière elfique grâce à la sympathie d’un évêque, elle peut au moins reposer dignement en paix.

Ils avaient continuer leur chemin a trois, jusqu'à atteindre le pays frontalier des nations de l’est et eurent tôt fait de s’établir dans un camp de bohémiens de tout horizons, comme eux. Bien plus nombreux qu’ils n’auraient jamais osé l’espérer, leurs semblables les convièrent a leurs rassemblement, les comptant comme membres de la grande famille que tous formaient ensembles. C’est dans cet atmosphère joyeuse, bien que miséreuse, que le trio passa les deux dernières années de sont existence, persuadé qu’un jour ou l’autre, un futur brillant s’annoncerait a eux.

Chapitre Troisième;

Hallellujah avait désormais dix huit ans et demeurait être une ravissante jeune femme, dont le nombre de courtisans ne cessait de croitre de jour en jour. Mais jamais ô non jamais un seul d’entre eux n’avait réussit a éveillé en sont être les germes de sentiments forts, fusionnels, éprouvants. Nul ne l’a fit tombé amoureuse de lui, bien que les tentatives furent aussi nombreuses qu’originales. Mais rien à faire, elle refusait à chaque fois, si bien que, vexés, certains soupirants lui prêtaient d’ores et déjà des penchants malsains envers les autres femmes. Mais cette hypothèse, née dans le chaudron de la vile jalousie n’était que mensonge. Car si la belle bohème se savait difficile, elle connaissait d’autant plus son attirance pour les hommes. Et puis ce n’est pas qu’aucun de ses prétendants n’était porteur de beauté, -loin de là puisque la plupart se trouvait être les plus somptueux du camp – mais ils ne parvenaient tout simplement pas a faire en sorte de la faire tomber réellement amoureuse d’eux au point de se damner. Frustrant, même pour elle, mais pas insurmontable pour autant. Pour compenser, elle améliorait ses danses et ses numéros, pour se sentir utile et surtout penser a autre chose.

Même si certains, plus égocentriques que d’autres, allèrent prêcher les malédictions de la vieille sorcière, recluses quelque part dans les égouts. Demandant a faire maudire Hallellujah, ils repartirent le cœur léger, tels les immatures qu’ils étaient.

Personne ne sut jamais si les événements qui se déroulèrent par la suite avaient un lien avec la noire magicienne.


Le lendemain, sur une nouvelle estrade improvisée, la bohémienne mêlait danse et acrobaties avec son frère, qui la soutenait tout au long de leur spectacle de rue. Quelques pièces de monnaie tombait ça et là sur leur scène de bois sec, tandis que d’autres leur jetait des projectiles bien moins plaisant, comme des pierres ou autre os rongés par les chiens du quartiers. Le public n’était jamais vraiment le même – car bien que les pas d’Hallellujah soient salvateur au regard, tous savaient que du travail les attendait, un peu partout dans la ville – mais les mécontents et jaloux eux, répondaient toujours présents avec les mêmes voix et les mêmes visages. Toujours.

Mais il n’en fallait pas si peu pour décourager la sublime immigrée, qui continuait ses chorégraphie improvisée avec morne et indolence, comme si les avatars de la Rage n’existaient pas et ne pouvait l’atteindre tandis qu’elle se mouvait gracieusement sur ces planches instables.

Un peu en retrait, une paire d’yeux céruléen observait l’ensemble de la scène, en silence. Ces habits ne laissaient aucun doute planer sur sa classe sociale, mais personne n’osa aller l’interroger ; D’une part parce qu’interpeler un individu d’un tel rang lorsque l’on est simple habitant de la ville ne se faisait pas – et n’était même pas autorisé, les condamnations pour outrage a la noblesse faisait bon train en ces temps-ci – et ensuite parce que le regard frigide mais apparemment attentif qu’il portait à la danseuse en effrayèrent plus d’un, qui préférèrent même le contourner plutôt que de passer devant lui et se risquer à le déranger. Chose fort peu probable puisque de part sa taille, il dominait l’entièreté des badauds passant à proximité.

Cette façon délicate et sincère qu’avait la bohémienne de se donner sans retenue en quelques féminines enjambées tout en esquivant adroitement les symboles de mauvais augure la rendait… particulière. Il n’aurait su expliquer pourquoi il était revenu sur ces lieux en ce jour ou on l’attendait pourtant au Château afin qu’il remplisse ses fonctions de Marquis, mais une alchimie inexplicable l’y avait poussé ; Et, tout lycan qu’il demeurait être, son instinct primait sur toute chose.

Adossé contre une bâtisse aux mûrs poussiéreux, les bras croisés, faisant fit des salissures qui pouvaient avoir l’audace de venir marquer les étoffes précieuses qu’il portait sur son dos, Denovan continuait d’observer tranquillement la danse d’Hallellujah, sans prêter une seule once d’attention aux manants alentours. Il n’y avait qu’elle qui comptait. Son frère n’aurait pas été sur scène que cela n’aurait rien changé à ses observations dépourvues de réflexions. Le temps paraissait stoppé lorsque ses orbes glacés se posaient sur elle. Pourtant, il ne l’a connaissait nullement, et ne l’avait vu en tout et pour tout que la veille, dansant sur un tonneau recouvert de salissures. Alors par tout les saints – quelle ironie venant d’une bête rejetée par la sacralité – pourquoi s’était-il sentit presque obligé de remettre les pieds devant ce parvis ou les « traines misères », comme on les appelait communément dans la noblesse, pullulaient ? Il n’avait pas en sa possession la réponse a cette question.

Et toute la magie de l’instant, celle là même qui l’étreignait dans une catatonie certaine, s’évanouit toute entière dés lors ou les yeux d’argiles de la demoiselle affrontèrent les siens, par pur hasard. La Terre contre le Ciel, voici ce qui peut résumer la confrontation silence mais pourtant bien réelle qui eut lieu rien qu’entre ces deux êtres. La danseuse ne s’arrêta pas de se donner en démonstration pour autant, bien que ses yeux restaient fixés sur l’homme de qui elle devinait être épiée depuis bien longtemps autant que cela lui fut possible. Se dévissant le cou par moment, on aurait juré que son intérêt avait été enflammé tout à coup ; Et en un sens, ce n’était pas entièrement faux.

Denovan, quant a lui, sentit son échine être parcouru par ce qu’il qualifia de décharge électrique, lui intimant de quitter les lieux avant de se faire trop remarquer et d’attirer plus l’attention sur lui que ce n’était déjà le cas. Il obéit sans discuter outre mesure et se redressa hâtivement avant de disparaitre dans le manteau de chaire peuplant les différentes rues de la Capitale, prenant la direction du palais, sans regarder par-dessus son épaule, cette fois ci. Hallellujah en resta médusée malgré ses gestes restés fluides et aguicheurs par moment.
Cette nuit là, les deux personnages, le loup comme l’humaine, songèrent longtemps a ce qui s’était produit. Si l’envie du noble l’avait fait revenir devant la danseuse – et le suppliait presque de réitérer cet acte alors qu’il essayait de se distraire en faisant tourner une pomme rouge dans sa main-, le cœur de la bohémienne avait presque fait un bon dans sa poitrine dés lors que son regard croisa l’océan captif dans celui de l’homme dont elle devina le rang sans aucun problème. Pourquoi ? Elle l’ignorait, mais jamais elle n’aurait osé demander une chose pareille a sa mère ou a son père, craignant bien trop les représailles par la suite. Alors, elle fit le silence autour d’elle et garda pour elle ce secret qui lui réchauffait tout le corps rien que d’y songer. Sa carapace était-elle en train de céder ? Peut-être.

Mais il n’y avait pas que la sienne, que cela soit bien clair.

Le jour suivant, encore une fois le De SaintLouis revint sur le territoire bohémien, bien mieux armé cela dit, cette fois – du moins le pensait-il. Une longue cape taillé à la va vite dans un rideau sur les épaules, son veston, aussi honorifique que militaire, se retrouvait dissimulé à la vu des passants, quels qu’ils soient. Certes, sa grande taille le faisait se distinguer encore un peu, et si l’on regardait au niveau du sol, ses bottes de cuir le trahissait, mais il se trouvait être déjà moins voyant que le jour précédent, ou il s’était aventurer en cet endroit sans la moindre préparation préalable.

Il gardait secret, ce genre de petite escapade récente, ne tenant pas a ce que cela s’ébruite et dans le monde de la noblesse, et parmi les siens. Ce serait laissé une porte ouverte a de multiples catastrophes par la suite et il ne désirait nullement provoquer autant de grabuge. Ce jour là il observa, en retrait derrière un étal marchand, les pas de danse de la donzelle, qui auraient dû être aussi élégants que ceux de la veille. Toutefois, ses sens de loups détectèrent une anomalie déplaisante. En effet, seul une créature de son genre pouvait le distinguer, mais parfois, la bohémienne lançait de furtifs regards a la foule, un sourire plein d’espoir peint sur son visage tandis qu’elle entamait un tour sur elle-même ; Et dés lors que son tournoiement était achevé, une micro-expression suintant la déception s’empressait de l’enlaidir aussitôt, le temps d’un battement de cil. Mais pour le noble qu’était le lycanthrope, c’était déjà trop. Il resta là longtemps, jusqu'à ce qu’il ne puisse plus justifier son absence à la Cour et soit contraint de faire demi-tour pour retrouver son « monde », laissant sa belle danseuse en arrière, le regrettant déjà amèrement a peine lui avait-il tourné le dos. Tout du long du chemin le ramenant a la noblesse auquel il appartenait, il réfléchissait a ce qui avait pu provoquer cet air peiné sur le visage de la jeune femme. Il ne trouva en revanche, aucune explication et cessa ses élucubrations sitôt la porte du lieu de vie du Roi passée. Tant pis, il aurait le temps d’y songer une fois prochaine.

Ce manège privé dura une dizaine de jours, se répétant inlassablement, comme les coups précis d’une horloge bien réglée. A chaque fois, le notable revêtait sa cape de fortune sur ses épaules et allait observer en retrait, la bohémienne enchainer les pas de danse. C’était presque devenu, non pas un rituel, mais au moins une habitude, que de venir en ce lieu ou seule la basse population était habituée a évoluer. Mais lui, le Grand Marquis de Saintlouis, savait faire la part des choses. Il se rendait sur ce parvis uniquement pour admirer les courbes affriolantes de l’étrangère, et rien de plus. Jamais il n’aurait songer un jour devoir intervenir en sa faveur, d’ailleurs.

Mais c’est pourtant très précisément ce qui poussa leurs deux destins à s’entrechoquer encore une fois.
Alors qu’il laissa ses yeux rirent, fixés sur l’unique vedette de cette estrade, il fut contraint de se rapprocher afin de mieux profiter du spectacle, étant donner que des artistes de rue tout autre que celle qui l’intéressait tout particulièrement avaient trouvé intelligent d’installer leur matériel juste devant lui, bouchant ainsi sa vue en plus de l’agacer. Mais il ne dit rien, ce contentant de se rapprocher seulement un petit peu, sans penser que ces quelques pas en direction de la bohème changerait le cours de sa vie a tout jamais.

En raison d’obligations nobles, il n’avait pu se libérer de l’enceinte du Palais avant la tombée du jour, ce qui l’avait prodigieusement asticoté bien qu’il n’en dit rien, ne souhaitant guère éveiller les soupçons quand a sa nouvelle « activité d’extérieur ». Une bourse remplie de louis d’or qu’il n’avait pas eu le temps de déposer dans ses appartements, il était donc parti en direction du lieu-dit, vêtu d’un manteau dérober a un habitant endormi sur le bas côté de la route. La fête battait son plein devant la célèbre cathédrale, si bien que le noble eut du mal a trouver une place qui lui conviendrait, en arrière. Aussi, obligé de se rapprocher un peu de la scène, le lycan déguisé tenta de se faire le plus discret possible. La bohémienne ne semblait pas l’avoir remarqué, ce qui était parfait. Il continuerait donc à agir de la sorte. Sauf que. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que malgré l’ambiance joviale régnant en impératrice ici bas, les fauteurs de troubles étaient également de la partie. Et son sang ne fit qu’un tour dans ses veines vibrantes alors qu’il vit une pierre – sans doute issue des nombreuses carrières érigées sur flan de scène – fondre sur la danseuse. Malgré tout le talent dont la nature l’avait gâtée, elle ne pourrait éviter ce projectile ci, il en était persuadé.

Tout paraissait réunit pour qu’elle soit blessée. Mais parmi la foule gesticulante, elle ignorait posséder un allié de premier choix.

Un second projectile s’insinuât dans les airs avec une précision et une rapidité troublante. Un éclat doré, imperceptible par la plupart des manants, attira tout de même sur lui le regard auburn de la fille des rues. Qu’était-ce donc que cela ? La réponse tomba en un chuintement métallique alors qu’il percutait la pierraille destinée a injuriée le corps de la danseuse, avant de retomber avec, au centre du chapeau posé a même le sol, un peu en avant de la scène, là ou les pièces des passants étaient récoltées. Et alors que sa muse s’approcha, curieuse de savoir ce qui l’avait tiré d’affaire, il vit ses yeux s’écarquiller en apercevant la pièce toute faite d’or, au milieu de ses consœurs plus petites. La seule erreur qu’aura fait le noble en cette soirée ci fut de ne pas remettre son avant bras droit sous le couvert de son étoffe pauvre immédiatement après avoir habilement lancé cette pièce avec son pouce pour contrecarrer les desseins sombre du saboteur, qui se trouvait encore quelques part parmi les simples humains ici présents. Ce geste venait de le trahir et il le savait parfaitement ; Aussi, n’attendant pas une seconde de plus, il rebroussa chemin vers son chez-lui, s’empressant d’emprunter la voie la plus courte, soit par le pont le plus proche. Il ne fit pas attention aux questions sur lesquelles s’extasiait la populace, préférant concentrer son attention sur la vitesse de ses pas que sur les racontars de ces gens qui n’appartenaient pas au même univers que lui. Pourtant, il y a une âme qui n’était pas décidé à la laisser fuir de la sorte.

Le déclic s’était fait.

Elle savait pertinemment que cette pierre allait lui faire mal. Jamais elle n’aurait eu le temps d’esquiver, et son frère ainé n’était pas assez près d’elle pour la préserver d’un tel mal. Dans sa tête, elle se préparait a encaisser la douleur, celle qui la rebutait tant. Mais rien ne vint, jamais. Et de ses yeux sombres, elle vit d’abord une vive lumière d’or qui mit fin, de par sa simple présence, a tout ce qui aurait pu lui arriver, avant même que cela ne commence. Hallellujah – et son frère également- s’était penchée au dessus du chapeau qui leur servait de réceptacle de paiement pour leurs numéros dans l’optique de comprendre un peu mieux ce qui s’était passé. C’est là qu’elle le vit, le louis d’or. Médusée, elle n’aurait pu l’être plus. Même si elle dansait rudement bien, pour elle, ses prouesses ne valaient pas la peine de dépenser tant d’argent ! La stupeur s’empara de son corps tout entier, au même titre que la foule danse qui louchait dangereusement sur son important gain. Toutefois, elle réfléchit suffisamment longtemps pour se faire une idée de la situation. Personne a des lieux à la ronde ne possédait pareille monnaie, ou alors si tel état le cas, ne prenait la peine de la lancer dans ce chapeau rapiécé de part et d’autres. Il eut fallut être un marchand très riche pour se permettre une fantaisie de cette sorte. Ou alors être noble. Et là, dans son esprit, tout s’arrêta.

Son regard s’arqua immédiatement, cherchant parmi son public, celui qu’elle soupçonnait capable d’une folie telle. Et elle le trouva en une poignée de secondes a peine puis que de sous sa cape dépassait une manche de veston, faite sans aucun doute avec les plus précieux matériau qui soit. Le doute lui était permit a présent et, tandis que son suspect venait de tenter de disparaitre dans les rues sombres – qu’elle connaissait en revanche comme sa poche -, elle sauta de sa scène et de la pièce d’or avant de partir sans demander a son frère et de rester là et de ne pas la suivre. Elle espérait qu’il accepterait de lui obéir, pour une fois. Mais ses pensées n’étaient pas dirigées vers son ainé en cet instant crucial de sa vie ; Il fallait qu’elle le rattrape et vite. Ses jambes commençaient a devenir douloureuses a force de courir si vite, et ses pieds nus étaient écorchés par les pavé mal encastré dans le sol de la Capitale. Mais elle n’en avait cure, ayant l’esprit trop occupé par son objectif tout personnel pour s’occuper de son corps et de ses blessures. Depuis combien de temps espérait-elle son retour parmi son public sans jamais le trouver du regard ? Trop longtemps a son gout. Tarder n’était pas un luxe qu’elle pouvait s’autoriser, aussi pressât-elle davantage le pas, puisant dans ses ultimes réserves de jeune femme.

Son acharnement la mena jusque sur un pont, vide de vie. Ou plutôt, sans une foule compacte pour en piétiné la surface. Il n’y avait qu’un seul être qui s’était aventuré, hormis elle. Sa cape flottante dans son dos indiquait clairement de qui il s’agissait. Mue d’une nouvelle et fraîche motivation, Hallellujah reprit sa course, jusqu'à se retrouver a quelques mètres derrière celui a qui elle pensait régulièrement depuis le premier jour ou elle l’avait vu se distinguer au milieu des passants. Elle ignorait encore que les sens de celui qu’elle poursuivait avec une hargne non dissimulée avaient remarqués sa présence bien avant qu’elle s’annonce, et qu’il n’avait pas fuit sans trop savoir lui-même pourquoi. Et c’est dans la nuit tout juste arrivée de la ville que la bohémienne brisa le silence qui n’en était pas un, régnant jusque là entre lui et elle.

   « Permettez que je vous rende ceci ? » Dit-elle en tenant en évidence la louis d’or entre deux des doigts de sa main gauche.

Bien sur, elle savait qu’elle prenait des risques. Quiconque offusquait un noble – et Dieu savait a quel point ces créatures là étaient susceptibles !- se voyait au mieux pendu le lendemain, au pire torturer pendant de longues heures dans les cachots du palais royal, avant d’être rendu a moitié fou a sa vie d’antan. Malgré tout, la brune n’était pas du tout effrayée. Pas le moins du monde, même. Pourtant sa lucidité extrême la poussait à ne rien espérer de trop intense en retour, car si elle se perdait sur le dérisoire chemin de l’espoir, elle savait d’avance qu’elle s’en retrouverait brisée si ses attentes n’étaient pas atteintes. Alors, un sourire sur ses lèvres charnues, elle attendait, se languissant de se qui allait se passer par la suite. Tout les scénarios possibles et imaginables lui étaient passés en tête ; Qu’il la gifle ou la tue immédiatement par noyade lui avait vaguement effleuré l’esprit, comme toutes les autres possibilités auxquelles elle avait réfléchit a la hâte tout en le poursuivant. Toute sauf une. L’immigrée n’avait pas pensé un instant qu’il prendrait la peine de se retourner après lui avoir répondu. Ce qu’il fit, pourtant.

   « Vous pouvez le garder, il est a vous. » répondit-il, sur un ton presque neutre, comme s’il ne voyait nul intérêt à lui adresser la parole de vive voix.

Ce qui était loin d’être le cas, paradoxalement. Il aurait voulu répondre de façon plus agressive, pour la faire fuir et … la protéger de lui-même, sans doute, mais il n’avait pu s’y résoudre. User de la violence contre cet ange délicat lui avait parut comme un blasphème fait au créateur. Ironique.

L’audace ayant fait de a bohémienne son pion, elle s’approcha alors de l’immense homme encapuchonné et, par une initiative folle, se saisit de la capuche qui ornait la tête de ce dernier et la fit basculer en arrière – devant pour se faire se mettre sur la pointe des pieds – dans le but de mieux discerner son visage. Et ce qu’elle vit la séduisit. Son sang vibra dans ses veines alors que le peu qu’elle pouvait distinguer du visage parfait de son bienfaiteur semblait l’hypnotisait. Elle voulut se taire sur les sensations qui envahissaient alors sans vergogne son corps de pure et chaste jeune fille, mais son visage permettait de lire en elle comme dans un livre ouvert. Le lycan le vit bien et ,gêné, détourna le regard. Pourquoi ? Encore une question a laquelle il n’avait pas réponse. Ou plutôt a laquelle il ne voulait pas répondre, ayant trop peur de la connaitre déjà, par la seule force de la déduction. La danseuse restait là, les deux mains jointes ramenées contre sa poitrine, le regard scintillant malgré l’obscurité et le sourire séducteur qui s’ignorait sur ses lèvres traduisaient sans mal son état d’esprit. Le silence s’était presque fait mais il fut secouer de nouveau par un seul mot échappé d’entre les lèvres de la demoiselle, de la façon la plus involontaire qui soit. Mais on ne pouvait espérer la blâmer toutefois, après tout il était si…

   « … beau. » laissât-elle s’échapper d’entre ses dents blanches, avant de réaliser l’entièreté de ses faits et de s’en mordre les lèvres presque a sang.


Elle marchait sur des œufs et le savait pertinemment. Prendre autant de risques était parfaitement inconsidéré, même pour elle. Mais le destin prit encore une tournure inattendue lorsque le notable lui répondit la même chose. Elle avait doublement rougit, d’une part parce qu’elle ne s’attendait pas a une telle déclaration mais en plus, venant d’un individu si haut placé, elle le prenait davantage que comme un compliment. Sa mauvaise manie a s’enflammer pour un rien refaisait brutalement surface, depuis qu’il avait prononcé ces simples mots : « …Merci… Vous aussi. »

Il avait toussé préalablement avant de se laisser aller a déblatérer une telle chose, ayant du mal a réalisé ce qu’il était en train de faire de son plein gré. Quelques rougeurs improbables s’étaient également établies sur ses pommettes, qu’heureusement la noirceur de la nuit masquait mieux que le meilleur des maquillages. Ainsi elle ne vit rien et s’était tant mieux ainsi. Mais Denovan reprit bien vite le contrôle de lui-même et, la chaleur de son visage se dissolvant petit à petit, il crut bon d’engager la conversation avec cette… fille des rues. Ne cherchant pas d’explication, il enclenchât le dialogue sur un sujet aléatoire et fut surprit de voir qu’elle le suivit dans sa démarche. Accoudés tout deux sur la rambarde du premier promontoire du pont, ils discutèrent une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce que le plus clair de Paris soit endormi.

Puis, vint le moment ou Morphée vint se languir de la présence d’Hallellujah dans ses bras. Provoquant chez elle quelques bâillements, elle se redressa alors et salua le noble dont elle ignorait presque tout avant de commencer à rebrousser chemin, hâté de retrouver sa paillasse. Pourtant, quand bien même elle aurait du freiner sa gourmandise et se contenter de l’échange de parole qui avait précédé son initiative de rentrer chez elle, la brune n’avait put s’empêcher de dévoiler son identité a l’homme aux cheveux d’or solaire, la fatigue lui ayant fait oublier les règles de préséance et de respect pendant un court instant.

   « Hallellujah.
   -Plait-il ? répondit alors le lycanthrope, curieux de ce mot balancé a la vas vite.
   -C’est mon nom. Je m’appelle Hallellujah. » Termina-t-elle, en souriant, avant de reprendre sa marche.


Mais elle était loin de se douter que l’échange ne se conclurait pas sur ces mots à elle. Le monstre répondit a son tour, après s’être éclaircit la voix ;

   « Denovan Elison de Saintlouis. C’est le mien. »

Et chacun fut satisfait. Hallellujah pouvait enfin mettre un nom sur le visage de celui qui hantait ses pensées les plus secrètes depuis prés de deux semaines, et Denovan quant à lui, possédait le nom majestueux de la sylphide ornant jusque ses rêves depuis peu. En tant d’années d’existence, le loup avait enfin l’impression de pouvoir gouter a un tout nouvel élixir ; Celui du désir. Mais pas n’importe lequel puisque celui-ci était teinté de sentiments clairs et obscurs à la fois.

Une envie le prit tout a coup alors qu’il interpela une nouvelle fois la bohémienne, qui s’était éloignée encore un peu plus, les bras se frictionnant les épaules a cause du vent frais qui commençait à faire valoir ses droits légitimes en cette saison.

   « Attendez !
   - Hum ? fit-elle, interloquée soudain.
   - Vous danseriez pour moi ? Je consens à vous céder un louis d’or à chacune des prestations que vous donnerez pour moi. Argumentât-il, sur de son fait.
   - Dites moi ou et quand et j’y réfléchirais se permit la demoiselle, un soupçon mutin dans ses paroles.
   - Ici, demain soir termina le Noble
   - Bien, je vous dit peut-être à demain dans ce cas là, messire. » fit-elle avant de disparaitre au coin de la rue la plus proche.

Denovan sentit ses lèvres s’étirer en un fin sourire jusqu'à ce qu’il rentre chez lui. Le nom de sa danseuse lui avait enfin été révélé. Et, sans trop savoir pourquoi, il était comblé et s’endormit sans difficulté cette nuit là.


Dernière édition par Mezariel D. de SaintLouis le Lun 27 Jan - 6:46, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Jeu 23 Jan - 17:30

Chapitre Quatrième;



Comme convenu, le lendemain au soir, Hallellujah vint honorer la demande pour le moins singulière de cet homme noble, sans trop en attendre toutefois. Après tout, en appartenant à une classe sociale élevée, sans doute était-il sujet aux caprices et aux sautes d’humeurs, non ? Alors parvenir jusqu’au pont vide et ne pas le voir ne l’aurait pas étonnée plus que ça. L’espérance, lorsque l’on parle d’un rang pareil, n’est autre que chose dépourvue de sens. C’était bien connu, les âmes de la Cour du Roi n’étaient pas les plus honnêtes ; Loin de là. Aussi, quelle ne fut pas l’agréable surprise de distinguer, sur le promontoire ou elle se trouvait la veille avec lui, la silhouette fine mais élancée de celui qui rongeait ses droites pensées sans même en avoir conscience ! Un sourire tatoua ses lèvres, sincère et charmeur, bien que ce ne fut-ce guère le but premier.

Il l’a voit approché et sourit à son tour, bien que l’ombre projetée par sa capuche sur son visage empêche la bohémienne de distinguer clairement. Mais qu’importe, elle est ici pour se donner en spectacle privé pour cet individu, et tiendrait sa promesse qui n’y ressemblait pas. Seule elle pouvait comprendre l’étendue de ses mots et de leurs sens cachés. A peine se trouve-t-elle devant lui, si grand, qu’elle entame une belle révérence, qui lui sied bien mieux qu’à toutes les marquises et autres femmes notables pense le loup déguisé. Par après, une fois l’échange des salutations effectuées, la voici qui laisse ses pieds s’exprimer selon leur bon vouloir. A droite, à gauche, en arrière, en avant. Aucun mouvement n’ait jeté dans les griffes du hasard et tout est parfaitement bien contrôlé, jusqu’aux pointes que la demoiselle exécute avec brio, se donnant ainsi l’apparence d’un splendide cygne immaculée, voletant avec grâce au sein d’un zéphyr qui le clou au sol.

Les yeux de Denovan frémirent dès les premiers enchainements. La grâce de la bohème, ses courbes en elle-même… Tout le subjugue, l’hypnotise. Il l’a désire toute entière. Pour preuve, sa langue de prédateur ne cesse de caresser l’extérieur de ses lèvres, à la manière d’une bête infernale se préparant à savourer une âme égarée et innocente. Mais il sait se contenir et surtout, maîtriser l’avatar du Malin qui se trouve enfermé à l’intérieur de son corps d’apparence humaine. Hors de question qu’il l’a dévore, il a d’autres envies la concernant. Se laissant bercer nonchalamment par les chuchotements de la nuit, il fantasme déjà sur ses mains qui pourraient facilement glisser sur la peau de cette fille des rues ; Sur ses lèvres qu’il a la possibilité de posséder dès qu’il en aurait le désir ardent ; Et sur tant d’autres choses encore, ne se rendant pas compte immédiatement de la dérive que prenait le cours de ses pensées.

Il secoue la tête, elle termine sa danse, éreintée. Hallellujah dansa terriblement bien, sans doute plus pour elle-même que pour le Marquis, d’ailleurs. Mais elle ignore cet infime détail et personne ne sera jamais au courant de cette motivation secrète et inexplicable. La représentation s’achève sur les halètements de la jeune femme, épuisée. Le noble lui tend alors son paiement, en bon et due forme. Elle sourit et le remercie chaleureusement, mettant sa pièce en lieu sûr, puis ajoute une nouvelle révérence avant de filer, ravie que son admirateur lui donne de nouveau rendez-vous le lendemain soir à la même place. Lui s’en retourne dans ses appartements, veillant à ne pas se faire remarquer, et s’endors rapidement tandis que son cœur commence à délier ses entraves de lui-même.

Ces retrouvailles fort peu conventionnelles perdurèrent pendant les trois semaines qui suivirent. Rien n’arrêtait les deux êtres qui se retrouvaient à leur lieu de rencontre par tous les temps. Nulle météo, si mauvaise est-elle pu être, n’aurait su les empêcher d’agir selon leurs désirs respectifs. Tant qu’ils se voyaient l’un l’autre, pour le moment cela leur suffisait. Pourquoi auraient-ils cherché davantage s’ils n’en voyaient pas l’intérêt, après tout.

Mais vint un soir ou l’affaire reçue du plomb dans l’aile. La bohémienne était venue avec hâte retrouvée le mystérieux noble à l’ endroit habituel, joliment vêtue d’une somptueuse robe cousue par ses soins. Pleine de joie et de patience, elle avait attendue, longuement, qu’il daigne se montrer devant elle. Mais jamais personne n’arriva jusqu'à elle. La jeune femme avait passé sa soirée seule, sur ce pont lugubre, sans danser une seule fois.

Ses yeux manifestèrent d’amers picotements alors qu’elle se retint de pleurer. Une part d’elle la sermonnait d’avoir trop rêvé de cet homme dont elle ne savait rien, finalement. Mais l’autre moitié, en revanche, lui intimait de persister, et s’armer d’encore plus de patience et de réitérer ses venues sur ces pavé lavés par la pluie récente et surtout, de ne pas cultiver en son cœur la rancœur et sa jumelle rancune. Il ne fallait pas qu’elle se laisse abattre par ce coup de poignard du Destin. Forte de cette pensée, elle rentra auprès des siens et, secrètement, décida de suivre son propre conseil. Durant les quinze jours suivants, elle renouvela ses visites sur ce pont, passant toutes ces soirs – de plus en plus froids à cause de la mauvaise saison approchant – avec pour seule compagnie sa solitude et sa foi imperméable aux germes du doute. Malgré tout, vint un moment ou, dévorée par l’absence, bien qu’elle se l’était clairement interdit, Hallellujah se décida à agir d’une toute autre manière… En bonne tête brûlée qu’elle était parfaitement capable d’être lorsque son sang-froid la quittait trop longtemps.

En vérité, elle n’aurait jamais pu savoir d’elle-même que le Noble ne l’avait nullement oublié, mais qu’il avait été pris par une affaire des plus urgente. Son rang de Marquis lui permettait nombre de voyages exaltants – il apprit à nager parfaitement durant l’un d’eux – mais la contrepartie exigeait qu’il serve la Couronne sans réserve ni plainte aucune. C’était présentement ce qui s’était produit. A cause d’une révolte dans un hameau à l’est du pays, les cargaisons de marchandises en provenance des états voisins étaient bloquées aux frontières entre les deux pays. C’est pour cette stupide raison que Denovan fut dépêché immédiatement sur les lieux du désagrément, contre son gré, bien entendu. Oh, bien sûr, il avait fulminé et tempêter à ce propos, ne comprenant pas pourquoi on l’envoyait lui spécifiquement alors que d’autres Marquis et Marquises se trouvaient être tout aussi compétents dans le domaine des négociations. Lorsqu’il apprit que les deux nobles de ce rang présentes au Palais étaient enceintes et ne pouvaient donc pas se permettre un tel voyage, le loup crut qu’il allait les étrangler l’une et l’autre. Parti une heure à peine après, il n’avait même pas pu prévenir sa danseuse qu’il ne serait pas présent sur le pont avant un certain temps. Le cocher ne consentit pas à attendre la soirée pour quitter la Capitale, et le notable n’eut d’autre choix que d’espérer pouvoir finir rapidement cette inutile mission pour revenir sur ces terres-ci au plus vite.

Cela lui prit en tout et pour tout un peu plus de deux semaines, en prenant en compte l’allée et le retour vers ce maudit village, abritant les malotrus qui l’avait privé de sa distraction particulière. Les négociations en elles-mêmes, ne prirent pas tant de temps que cela puisque la carrure imposante du Lycanthrope, assortie a son regard tout sauf sympathique, eurent tôt fait de convaincre les faux rebelles de se remettre au travail au pas de course ; Comme quoi certain animaux primitifs sentaient encore peut-être l’aura glaciale, propre aux lycans, qui fuyait dangereusement de l’enveloppe du de Saintlouis. Le travail achevé, il tardait à l’homme en question de retrouver son foyer mais surtout, sa bohémienne. Plus il songeait à elle, et moins son loyal raisonnement envers les paroles de son propre père parvenait à suivre le rythme. Aveugle aux changements qui le façonnaient, la créature de légende ne remarquait même pas qu’elle se transformait en un être, non pas plus doux, mais davantage compréhensif.

Mais le plus perturbant, ce qui marquât d’une pierre blanche la construction du faible équilibre logé entre la femme et le loup se produisit dès le retour de ce dernier dans ses appartements, au château du Roi de ce territoire. Fatigué, le Marquis avait fait prendre congé ses domestiques afin qu’il puisse profiter d’un peu de solitude salvatrice au plus vite. Seul entre ces murs magnifiquement décorés, il attendait et réfléchissait quelque peu à diverses choses, bien que le noyau de son esprit ne soit obnubilé que par le visage gracile d’Hallellujah. Depuis qu’il connaissait son nom, il ne cessait de se le répéter en boucle, comme s’il en avait besoin. Et cela l’effrayait quelque peu. Jamais ô grand jamais il n’avait été rendu dans un pareil état, et par une humaine qui plus est ! La lune, masquée par la présence de nuages hivernaux ne parvenait même pas à calmer les ardeurs de son fils aux allures de mortels.

Les yeux bleus du noble fixaient sans grande conviction les jardins royaux, vides de monde en cette heure avancée de la nuit, comme si un quelconque fantôme aurait pu l’aiguiller sur la marche à suivre. Étrange est le comportement d’un drogué, quémandant toujours plus de substance malgré le semblant de honte qu’il parait ressentir. C’était le cas de Denovan. Il savait que son géniteur n’autoriserait jamais une chose pareille, mais d’un autre côté, l’envie de lui faire ce qui lui chantait, en raison de son rang d’Alpha se faisait de plus en plus tentatrice. Finalement, s’appuyant sur son avant-bras gauche, lui-même pressé contre la vitre froide, il y posa son front et essayât de mettre de l’ordre dans son capharnaüm de pensées fusantes. Sans succès, si bien que cet échec cuisant lui tira un grondement de contrariété, venu du fin fonds de sa gorge humaine ; Moins impressionnant que ceux qu’il pouvait faire des lors qu’il revêtait sa peau de loup, mais tout de même. S’il n’avait pas été l’unique être en ce lieu, sans doute aurait-il réussit a effrayé ses serviteurs.

Un verre d’absinthe pure dans son autre main, le monstre le porte jusqu'à ses lèvres, afin d’en avaler une gorgée qu’il espère efficace contre cet état qui ne lui ressemble guère. Mais rien à faire, aucune amélioration n’est observée et le De SaintLouis, en grand impatient qu’il a toujours été sur les bords, cède de nouveau à cette hargne bouillante sous sa peau et envoie valser le verre encore à moitié plein contre l’un des murs su fonds de son appartement, laissant le liquide se répandre sur la moquette, n’y accordant aucune importance. Haletant, il passe par après une main dans sa chevelure blonde, la renvoyant en arrière. Il ne parvient pas à s’expliquer lui-même les raisons d’un tel emportement. L’impression d’être envouter le gagne et…

On frappe soudainement à la porte. Dans un premier temps, le noble n’y prête aucune attention, préférant jouer la carte de l’ignorance. Toutefois, l’âme recluse derrière le morceau de bois soigné semble pour le moins acharnée et peu décidé à laisser l’animal en paix. Par trois fois les petits coups résonnent à l’intérieur de l’appartement, occasionnant un désagréable mal de tête à Denovan, qui finit par craquer et parvenir d’un pas lourd jusqu'à la porte qu’il voulait ouvrir avec le moins de délicatesse possible, histoire de faire comprendre au gêneur qu’il n’était pas le bienvenu dans l’immédiat. S’attendant donc à tomber nez à nez avec un coursier ou un serviteur, le notable usa de son idée et fit coulisser la pièce boisée sans aucune douceur, la faisant percuter le mur le plus proche. Mais quelle ne fut pas sa surprise de découvrir une silhouette fine couverte d’une cape en lin sombre juste devant lui. Le Marquis mit un temps avant de réaliser qu’il s’agissait de sa danseuse – il fallut que celle-ci ôte le pan de tissu lui tombant sur le visage. Mais dès qu’il l’a vit, toute la pression reposant jusque-là sur ses seules épaules parut s’être envolée, comme si elle n’avait même jamais existé.

Percutant tout de même la dangerosité de la situation, vif comme l’éclair, il ne répond pas au sourire de la belle mais se saisit d’elle par les épaules et l’attire à l’intérieur de son appartement avant d’en refermer la porte. L’adrénaline apparue à cause du stress dans ses veines lui fit dresser le duvet de ses bras et vibrer son échine. Posant de nouveau ses deux larges mains sur les clavicules de la jeune femme, il rouspéta quelque peu, l’angoisse se lisant parfaitement bien dans sa voix.
« Mais pour l’amour du ciel que faites-vous donc ici Hallellujah ?!
- Et vous alors ?! Voilà plus de dix jours que je vous cherche, inquiète, pensant que vous ne vouliez plus me voir !
- Mais je… Point du tout ! Vous n’y êtes pas j’avais des…
- Des obligations de Marquis, oui, je le sais. Voici pourquoi j’ai mené mon enquête et que je suis là devant vous.
- Comment ?
- Oh, vous seriez surpris de savoir tout ce que l’on peut apprendre dans la rue. Et puis il n’est pas très compliqué d’entrer dans le Château, à condition de savoir s’y prendre bien sûr. »
Le fils de Lune fut ému par ce discours sans structure de la sylphide. Alors, pendant tout le temps où il n’avait pas pu se rendre sur le pont, elle l’avait attendu sans relâche, malgré la fraicheur de la nouvelle saison arrivante ? Pire encore, elle avait mené des recherches sur son compte dans le but de le retrouver par elle-même ! Mais pourquoi donc ? En vérité, les motivations de la jeune femme n’intéressaient pas le lycan qui, pour l’heure, se sentait comme le plus heureux des hommes.

La bohémienne continuait de le sermonner gentiment mais elle ne put continuer bien longtemps puisqu’il se penchât sans crier gare vers elle et l’embrassa tendrement. Surprise, elle ne pouvait l’être plus. Mais d’un autre côté, elle seule savait à quel point elle attendait cet instant depuis la première fois ou elle avait vu cet homme dans la foule de ses admirateurs. Sans réfléchir davantage, l’immigrée répondit au baiser et passa ses bras autour du cou de celui qui se trouvait alors avec elle.

Emportés par l’ivresse des retrouvailles, saupoudrée par l’alcool du manque, les deux âmes s’abandonnèrent l’une à l’autre cette nuit-là. Une fusion s’était alors établie entre eux. Mélange de sang et d’amour, de peur et d’envie, de terre et lave, leur union aussi somptueuse que parfaite aurait pu faire rougir le soleil lui-même. Denovan accordait une liberté illimitée à ses mains délivrant de douces caresses sur la peau de la bohème, qui se blottissait toujours plus contre le Noble à mesure que son désir l’invitait à le laisser prendre possession de son corps tout entier. La magie de cette nuit embruma leurs esprits respectifs au point qu’ils en avaient oublié tout ce qui pouvait les entourer. Seul l’autre comptait.

Les gouttes de sueurs servant d’encre à la rédaction de leur fraîche relation tombèrent sur les pages vierges de l’ouvrage du Destin tandis qu’au dehors, les tous premiers flocons de l’hiver commençaient à tomber sur les toits.

Contrairement à ce que l’éthique aurait pu être en droit d’exiger d’eux, le loup et l’humaine se revirent encore plus fréquemment, par la suite. Leurs épousailles charnelles avaient créé un lien entre eux, lien qu’ils voulaient plus que tout préserver, chérir et voir croitre de plus en plus, autant l’un que l’autre.

Pour protéger leur alibi commun, Hallellujah revenait toujours avec un louis d’or, chaque soir, auprès des siens, sous les rues de la Capitale. Tous ignoraient d’où provenait ces sommes exorbitantes et elle s’en tint à une version unique : Un homme la rémunérait pour qu’elle danse devant lui avant de partir et de li laisser ces pièces chaque soir. En soit ce n’était pas réellement un mensonge, simplement une vérité maquillée, qui ne laissait rien voir par-delà son masque. Ses proches ne voyaient pas d’inconvénients à cela tant qu’elle ne se prostituait pas bien entendu, ce qui était hors de question pour la jeune femme. Elle tenait bien trop au simple fait de n’ouvrir son jardin qu’a Denovan seulement pour faire l’erreur d’y inviter quelqu’un d’autre.

Régulièrement, elle s’infiltrait au sein du Château, avec la discrétion et la grâce d’un félin – le tout acquis par ses qualités d’artiste des rues- et allait retrouver le Noble, devenu à son sens son amant, afin de partager un instant intime avec lui. Chaque embrassade la faisait s’immerger sous une vague de bonheur. Elle était heureuse, tellement heureuse. Et amoureuse. Ce haut fait, que bien des bohémiens auraient rêvé d’emporter dans leurs tombes se vit décrocher par un notable de la Haute Cour. Toutes les fois où elle se donnait sans réserve à cet homme, Hallellujah avait la sensation que c’était la première. Il était entré sans rencontrer de résistance à l’intérieur de ses grâces et en profitait comme il lui était permit. Elle l’aimait plus que tout au monde. Comme si un phénix lui dévorait le cœur, la bohème se laissait tomber dans les flammes de la passion, qui devinrent rapidement sa nouvelle raison d’être. Auparavant dépendante de la danse, c’était maintenant du contact du Notable qu’elle le sentait le mieux et… reprenait gout à la vie. Il n’y a que deux élixir pouvant combler une plaie encore fumante, le temps et l’amour. La perte successive de son père et de sa grand-mère, bien que ce fût arrivé deux ans auparavant, n’avait jamais laissé les sentiments de la jeune femme en paix et la douleur était toujours présente. Mais auprès de lui, de ce mystérieux et beau jeune homme, la brune sentait s’éteindre cette détestable sensation. Rien n’aurait pu la combler d’avantage.

De son côté, depuis qu’avait débuté officiellement leur relation, plusieurs semaines auparavant, Denovan lui aussi voyait désormais les choses différemment. Tombé allégrement dans les filets d’amour de cette humaine, il n’en ressentait pas moins les effets de ce nectar sur son être. L’optimisme le gagnait et il s’imaginait déjà à la tête d’une famille avec de nombreux enfants, dont la mère ne serait autre qu’Hallellujah, la belle et splendide nymphe mortelle.

Chapitre Cinquième;

  « Je suis amoureuse d’un Noble, et j’attends un enfant de lui, si je ne fais pas erreur. »
Elle avait prononcé ces quelques mots d’une traite, sans jamais faillir ou bégayer malgré l’angoisse qui papillonnait à l’intérieur de ses entrailles, faisant trembler ses mains qu’elle espérait conserver le plus calmes possible en les appuyant l'une sur l’autre au-dessus de ses genoux.

Dans la roulotte ou elle vivait avec les autres deux seuls autres membres de sa famille de sang encore en vie, Hallellujah guettait leurs réactions, qu’elle craignait violentes. Sa mère et son frère la regardaient, tous deux avec des yeux ronds comme des soucoupes, les mâchoires leurs tombant tout à coup. Sans doute avaient-ils mal ouïe ce que la plus jeune, alors en face d’eux, venait de leur dire ! Ce ne pouvait pas être possible ! Depuis quand un Notable de la Cour s’intéressait a une bohémienne, mais en plus de ça, la mettait enceinte ?! C’était insensé !
Mais Lino comme sa génitrice fut bien forcé d’admettre que les petites rondeurs qu’il vit sur le ventre de sa cadette lorsque celle-ci releva sa robe de toile jusqu'à ce niveau, n’étaient pas le fruit de son imagination ou d’hallucinations causées par Dieu sait quoi. Sa sœur ne devait pas, en revanche, être au courant de ceci depuis longtemps, car on discernait à peine les courbes de la future petite vie à naître. Un silence pesant s’installa alors entre les fragiles murs de bois de la carriole, alors que la jeune femme se tenait prête à essuyer toutes éventuelles représailles. Elle était parfaitement au courant de ce que pensaient les bohémiens des nobles, et vice versa. Aussi, cette grossesse ressemblait fort à une trahison envers les siens, a son sens. Mais que ce soit le cas ou non, dès l’instant où elle avait identifié ce qui clochait chez elle depuis quelques temps, il lui était impensable de supprimer ce qui grandissait en elle, ou même de l’abandonner. Elle l’aimait déjà d’un amour fusionnel, son enfant. Pour lui, elle aurait même accepté d’être rejetée du clan des bohèmes.

Son frère se leva alors de sa chaise, s’alluma le contenu de sa pipe usée et s’avança vers elle, le poing serré. Hallellujah ferma les yeux a son approche, persuadée qu’un coup bien senti allait lu atterrir quelques part. Par réflexe, elle ramena ses bras devant son ventre, pour protéger son occupant, au cas où.

Mais son imagination lui avait simplement joué un tour, car s’il est vrai que Lino leva sa main en l’air, ce ne fut que pour mieux caresser doucement la chevelure de sa petite sœur. Il sourit, amusé de voir à quelle point elle pouvait le craindre alors qu’il n’y avait aucune raison à cela. Entourant par la suite la jeune femme de ses bras musclés, lui-même qui était devenu père peu de temps auparavant lui assura qu’elle n’avait pas à être terrorisée, car tout se passerait bien. En vers et contre tout, sa mère et lui serait avec elle, pour la soutenir au mieux. Après tout, cet enfant, aussi petit soit-il, était déjà un membre de leur famille ; Et il ne pouvait décemment pas exclure un individu de leur sang, surtout lorsque celui-ci était innocent et pur, comme toutes les vies attendues par leurs proches.

Rassurée, la future mère laissa alors glisser ses doigts sur les rondeurs nouvelles de son bas-ventre, les caressant tendrement. Quelques larmes de joies coulèrent bientôt de ses beaux yeux et sa mère vint se joindre à l’embrassade familiale, félicitant sa fille chérie jusqu'à commencer à manquer de souffle. Toutefois, cette dame n’était pas sotte et devinait que le plus dur pour Hallellujah restait à faire. Du moins, elle le supposait si fort qu’elle ne put s’empêcher de lui poser directement la question, afin d’en avoir le cœur net.
« Ma fille, dis-moi, tu as annoncé ce que tu viens de nous dire au père de cet enfant ?
-… Non. Mais je compte le faire !
- Dépêche-toi alors, avant que le petit ne soit venu au monde.
-Oui Maman… »
La suite de la journée se déroula dans une ambiance des plus festives. Il fallait démontrer à la demoiselle qu’elle n’était pas seule au monde et que quoi que décide le géniteur de ce gamin, ils ne la rejetteraient pas. S’il l’épousait pour faire d’elle une noble dans les règle de l’art, tant mieux pour elle, Eliade ne s’y opposerait pas et elle savait que son fils partageait cette façon de voir les choses avec elle ; Devenir la femme d’un Notable revenait à changer son niveau de vie et ses habitudes, mais elle serait probablement bien mieux, au chaud, dans un appartement luxueux au château de sa Majesté, que dans les catacombes, c’était certain. Mais comme elle venait de le sous-entendre dans ces brèves paroles, si l’homme qui avait engrossé sa fille ne reconnaissait pas la petite vie qu’il avait lui-même semé dans les entrailles de cette dernière, et bien qu’il aille au diable ! Et l’enfant restera avec eux, dans un monde ou la solidarité et l’esprit de famille existe plus que nulle part ailleurs, et prime sur bien des choses.

Le lendemain, Hallellujah s’en alla voir Denovan. Ou plutôt, elle s’arrangeât pour pénétrer dans les appartements de celui-ci, y déposa une lettre et repartit aussitôt. En quelques lignes, elle lui avait donné rendez-vous dans un petit parc en bordure de la Capitale, qu’elle connaissait bien. Toujours désert après que les cloches ai sonné six heures du soir, ce lieu était idéal pour l’aveu qu’elle avait à faire devant la créature légendaire que son cœur avait choisi. En chemin, elle passa devant le pont ou elle avait osé aborder le Noble pour la toute première fois de sa vie. Une multitude de souvenirs envahis alors son âme, qui parut presque vibrer de bonheur. Du chemin avait été fait depuis lors, et elle en était plus qu’heureuse.

La fin d’après-midi venue, elle s’était assise a même le sol, en tailleur, depuis bien longtemps déjà. Si elle avait prit autant d’avance, c’était parfaitement volontaire et nullement irréfléchi. Ces heures cumulées lui avaient permis de se remettre en question mais aussi et surtout de songer sérieusement à devenir ou non une esclave de la Lune. Elle avait tût ce que lui avait confié Denovan auprès de ses proches ; Elle ne pouvait pas se permettre de tout leur dire non plus, c’était une chose entre elle et lui seulement. Après tout, ils n’avaient pas besoin de savoir ça. Comme attendu, l’homme arriva à son tour dans le petit parc en retrait et s’avança sans aucune hésitation vers sa bien-aimée, inquiet. Posant un genou à terre et lui prenant une main alors qu’elle tressait ses cheveux bruns, il lui lança un regard plein d’incertitude. Bientôt, sous l’effet du stress, ses lèvres ne tardèrent pas à se mouvoir, afin de quémander une explication.

« Hallellujah ? Que se passe-t-il à la fin ? Je me suis fait un sang d’encre en voyant ta missive !
-Denovan, j’ai choisis. Répondit-elle de but en blanc, sans pour autant oser croiser ses yeux bleus toutefois. Il reprit alors.
-Choisis ?
-Oui, je veux devenir comme toi. Mais avant toute chose … Elle ne laissa pas le temps a son amour d’appréhender ce qu’elle venait de lui annoncer qu’elle emmena la main que ce dernier avait poser sur l’une des siennes sous le tissu de sa robe et la fit glisser sur son bas ventre, en un miniature ballet d’aller-retour. Enfin, elle enchainât … J’aimerais que tu me laisse le temps d’accoucher, je ne voudrais pas risquer de le blesser avec ton venin. » Conclut-elle, laissant le lycanthrope complètement abasourdi, la bouche ouverte.

Lorsqu’enfin le De SaintLouis pu reprendre possession de ses moyens, instamment il sourit et se redressa avant d’entamer une splendide révérence devant sa douce muse. Par après, s’éclaircissant la voix, il tendit une main vers elle en se courbant et lui demanda sous les étoiles :
« Veux-tu m’épouser, Hallellujah ? »
Si jusque-là elle était restée dans l’incompréhension de tous ces gestes soudain, la bohémienne ne put retenir ses larmes et sourire à son tour à celui qu’elle aimait. Se saisissant de sa main à lui, elle se remit à son tour sur ses jambes et l’embrassa avant de répondre un « oui » décisif. Le loup l’enlaça, se trouvant chanceux et le plus heureux des hommes tout à coup. Il allait avoir un enfant… Jamais il n’aurait pu le croire si on lui avait annoncé ça, un an auparavant. Lui qui n’était pas être attiré par la perspective d’une famille se retrouvait propulsé au rôle le plus important au sein d’un foyer. Et il ne trouva rien à redire, à part cette demande en mariage. Sur un coup de tête ? Probablement, mais cela importait peu. Il voulait qu’elle porte son nom, qu’elle donne naissance à leur premier enfant, qui, il l’espérait, serait le premier d’une grande fratrie, a l’image de la sienne, lui qui avait deux frères et une sœur. Tout ceci, il le désirait profondément et ne laisserait rien lui enlever ce tout nouveau rêve qui s’offrait gracieusement à lui. C’était bel et bien l’expression de sa volonté pure et ses convictions n’auraient admis aucune dérogation, quelles qu’elles fussent.

Mais pour le jeune couple, une étape restait à franchir avant de pouvoir profiter pleinement de leur concubinage. Il fallait impérativement que les parents du Lycan soient avertis de l’entrer dans la famille d’Hallellujah, amenée à devenir une des leurs par la suite. En réalité, la meute des De SaintLouis toute entière devait être convoquée afin de délibéré convenablement ; Mais ne voulant pas effrayer plus que nécessaire celle qu’il voyait déjà comme sa futur épouse, Denovan ne dit rien de plus, hormis le fait qu’elle devrait rencontrer les autres membres de sa famille à lui. Possédant le rang d’Alpha, le blond se croyait invulnérable, même face aux créatures du même sang que lui. Plus tard, une fois rentré chez lui et Hallellujah auprès de ses proches, il fit parvenir à son père une missive, demandant une réunion de meute au plus vite.

Sans bien comprendre, mais ne s’y opposant pas pour autant, son géniteur fixa une date deux mois plus tard, dans l’enceinte de la demeure familiale, dans les faubourgs. En recevant cette réponse, Denovan ne put s’empêcher de déglutir quelque peu. Non pas qu’il se sentait effrayé outre mesure, mais le fait de ne plus pouvoir revenir sur ces pas à présent lui faisait l’effet d’une boule dans la gorge. Détestable sensation qu’il s’efforça pourtant de supporter jusqu'à l’avènement du jour dit.

Plus les jours s’écoulaient paisiblement et plus le ventre d’Hallellujah lui arrondissait son profil. Il fallut que les amoureux commencent à chercher quelques idées pour le prénom de leur enfant à venir. Bien des propositions furent faites, tant par le père que par la mère. La famille de cette dernière participa également, indirectement, en suggérant quelques noms de chez eux à la future mère lorsqu’elle rentrait auprès d’eux, le soir. Le choix masculin revint tout naturellement à Monsieur qui déclara, s’il avait un fils, vouloir l’appeler Emmanuel. Madame tentât aussi sa chance, mais le destin fit en sorte que même en argumentant de ce côté-ci, il fallut que seul un nom de fille lui soit permit de retenir.
« Mezariel… Fit-elle, songeuse, alors que les bras de son homme l’enlaçaient tendrement.
- Comment ? Répondit Denovan, qui pensait ne pas avoir bien comprit ce qu’il venait d’entendre.
- J’aimerais l’appeler Mezariel. Surenchérit-elle
- Mais, c’est un prénom de fille enfin !
- Vraiment ? J’ai entendu un individu étranger se faire appeler de la sorte, et vu sa carrure, soit les femmes de son pays sont des géantes, soit il était bel et bien un homme ! fit-elle en riant de bon cœur.
- Peut-être, mais je maintiens qu’ici, cette sonorité intime à la féminité ! Se défendit le loup, pour rentrer faussement dans le jeu de son amante.
- Raaah… Bon et bien d’accord, le bébé ne s’appellera Mezariel que s’il s’agit d’une fille alors… "concéda vite Hallellujah qui n’avait guère envie de débattre plus avant. Au moins, elle aurait essayé. Après tout, ce qui comptait réellement, c’était l’amour que les deux parents donneraient à la petite vie dont le terme de gestation approchait de plus en plus, et rien d’autre.

Quelle était belle, l’incertitude.
C’est avec les derniers vents chauds du mois d’Août que la réunion des De SaintLouis prit fermement pied dans l’enceinte de l’immense propriété de famille, endroit ou Denovan n’avait plus remit les pieds depuis son accession au rang de Marquis à la Cour du Roi, soit plusieurs années maintenant. Rien ne paraissait avoir changé pourtant, tout était resté figé, comme dans ses bons souvenirs. Sur le pas du porche attendait une silhouette atypique mais pas étrangère pour autant au Noble. Une longue chevelure blanche et des yeux couleurs vin, sans oublier son sempiternel sourire étirant ses lèvres bien que l’on puisse lire le sérieux sur son visage ; Il s’agissait de Nao. Cette louve s’était retrouvée à son service purement par hasard. Autrefois humaine, ses parents l’avait ni plus ni moins vendue à la famille de Lycans – ignorant tout de même ce qu’ils étaient- et s’en étaient allés, sans même lui lancer un dernier regard d’adieu. Ce fut donc à Denovan de la transformé en créature de Lune pour qu’elle rentre à son service, et rembourse ainsi la dette exorbitante de ses parents. En une décennie tout fut acquitté, mais elle tenu tout de même à rester auprès de la famille de Notable en tant que servante ; Elle fut exaucée. Et voici presque douze ans qu’elle prenait soin de la demeure, que ses maîtres y soient ou non.

D’une fidélité à toute épreuve, il ne fut guère étonnant que ce fut-ce elle qui vint accueillir celui qui avait radicalement changé sa vie.

La seule peur qui régnait alors dans les veines de l’Alpha à cet instant ci, fut que Nao n’accepte pas Hallellujah et ne lui accorde pas un regard, ou pire, tente de la blesser. Il fallait bien admettre que la perspective d’une lutte contre cette louve ne réjouissait pas le De SaintLouis, mais si elle essayait de faire du mal à sa compagne, alors il n’aurait pas le choix, et partirait au quart de tour sans la moindre hésitation.

Vêtue d’une superbe robe dans les tons bleus pastel, la bohémienne – qui aurait vraiment eu l’étoffe d’une noble en cette soirée !- avançait lentement, le bras de son amour embastillé dans les siens. Bien sûr qu’elle était terrifiée, et bien sûr que le rejet de cette famille lui clouerait le cœur à vif ; Mais elle ne pouvait se permettre de flancher, pour Denovan, certes, mais avant tout pour l’enfant qu’elle portait. Le tissu de son somptueux trousseau, étiré par ses courbes de plus en plus prononcées, ne faisait que mettre en valeur l’heureux événement approchant à grand pas. Maintenant, il fallut qu’elle s’arme de courage et ose, d’elle-même, saluer la servante avec une révérence. C’était la moindre des choses, d’après elle. Pourtant, à son grand étonnement, l’albinos la supplia avec de grand geste de ne pas se donner cette peine et s’inclina à son tour devant la demoiselle qui se retrouva coite de surprise. Malgré tout, sachant qu’elle ne devait pas trainer en discussion stérile, la belle laissa son homme l’emporter jusqu'à la salle de réunion, ou l’attendait l’épreuve la plus difficile qu’elle ait eu à affronter jusque-là. Mais elle ne le savait pas encore. Traversant le grand hall d’entrée, puis le salon de la demeure, la fille des rues ne pouvait s’empêcher de trouver l’endroit richement décoré et ne put que féliciter, silencieusement, les prouesses des artisans qui s’évertuèrent ici à donner une âme à cette propriété.

Puis, enfin, la grande porte de bouleau blanc, dernière limite avant la confrontation, apparue devant le couple. Denovan prit quelques profondes inspirations puis expirations, essayant de prendre un maximum sur lui. Sa promise, quant à elle, se contenta de lui prendre la main et de sourire, dans l’optique d’essayer de le déstresser. Ce fut une réussite puisqu’il lui rendit son rictus non sans un éclat d’amour à son intention.

« Entrez »

Une voix épaisse et étouffée quelque peu par le bois se fit entendre de derrière la porte. C’était celle du père de Denovan. Le sang de ce dernier se glaça une seconde avant qu’il ne se décide à obéir à l’ordre latent et ouvre la porte toute entière, laissant apparaitre un agencement de chaise et table en forme de « U ». Sa famille au complet s’y trouvait. Par sécurité, il pénétra dans la pièce le premier, Hallellujah sur ses talons, dont il n’avait pas lâché la main un seul instant. Impressionnée, l’humaine ne put que laisser son regard courir sur tous les faciès présent dans cet endroit. Trois hommes qu’elle identifia vite comme le père et les deux frères cadets de son âme sœur, et deux femmes, sans aucun doute la mère et la petite sœur, également. La marche s’arrête, solennelle, devant les parents de l’homme blond. Il les salut respectueusement et prends l’initiative de prendre une chaise dans un recoin de la pièce –qu’il ramena devant le bureau parental- et d’y faire assoir Hallellujah, afin qu’elle ne se fatigue pas trop à cause de l’arrondi de son bas ventre.

Déjà, ses géniteurs se regardèrent avec étrangeté. Pourquoi diable leur premier fils s’aventurait au sein de leur tanière familiale avec une simple femme humaine au profil arrondi ? Était-ce une offrande ? Un cadeau ? Presque la totalité des possibilités leur passèrent en tête, occultant celle qu’ils ne désiraient même pas imaginer dans leurs pires cauchemars. Le silence régnait et ils n’étaient pas décidés à dire un seul mot, préférant voir comme le nouvel Alpha aborderait sa déclaration. Mais à mesure que le temps passait, leurs sangs se réchauffaient de plus en plus.

Enfin, ce fut la sœur de Denovan qui prit la parole, pour faire avancer le débat, sans doute ;
« Alors, mon frère ? Pourquoi nous as-tu fais convoqués en ces lieux ? J’imagine que la raison est importante, non ? »
Puis elle marqua une pause interminable, le temps que son ainé réponde à sa question. Une fois qu’il eut trouvé ses mots, bien qu’angoissé, il s’approcha d’Hallellujah et posa sa main gauche sur le haut du dossier de la chaise sur laquelle elle était assise. Gonflant ses poumons d’air, il éclaira alors la lanterne des membres de sa famille.
« En effet, ma sœur. Si je vous ai fait venir ici, parfois de très loin, c’était dans le dessein de vous présenter Hallellujah, ici présente… »
Ce fut à son tour de marqué une pause, le temps que les autres loups observent et toisent la danseuse, et que celle-ci leur adressait de chaleureux sourire. Puis il continua.
« J’ai l’intention de l’épouser et de … »
Il ne put continuer tranquillement que le poing costaud de son paternel s’abattit sur le bureau devant lui et le fissura sur toute la largeur. Il n’avait pas besoin d’en savoir plus, le simple fait de savoir que son premier fils, celui qui faisait sa fierté, voulait amené dans la meute une humaine, une manante de surcroit –il se voyait suffisamment rien qu’à sa tenue qu’elle n’était pas noble-, suffit à le mettre dans une colère noire. D’ailleurs, nul n’osa le contredire lorsqu’il crachat, rageur, a la figure de Denovan, ce qu’il pensait de tout ça.
« Je m’oppose à ce que tu épouse une trainée tu m’entends Denovan ?! »
Si le cœur du susnommé sembla manquer un battement, celui d’Hallellujah, en revanche, battait à plein régime. Une fois qu’elle eut surmonté la surprise terrifiante du meuble fendu, elle se leva et osa affronter le regard du père de celui qu’elle avait choisi et se permit de parler à son tour, bien qu’elle n’y est pas été autorisée.
« Permettez-moi de vous dire une chose, Messire ; Votre fils est suffisamment grand pour faire ce qu’il souhaite. Il me semble qu’en plus de trente ans d’existence il sait dissocier le bien du mal et reconnaitre le bonheur lorsqu’il se trouve près de lui. Je ne le considère pas comme un monstre, mais sachez, Monsieur, qu’il en est toute autre à votre propos.
»
Sur ces mots, elle empoigna les pans de sa robe et quitta la pièce aussi vive que l’éclair. Les sourcils de Raphaël se plissèrent encore plus. C’en était trop et il se devait de s’assurer que Denovan ne tenterait pas davantage le Diable et délaisserait cette chose, engrossée d’un bâtard, dans les plus brefs délais. Mais la désagréable surprise de voir l’ainé de la fratrie qu’il avait constitué avec son épouse de sang pur se retourner contre lui déplut énormément à son égo. Elison quitta à son tour la pièce. Mais, avant de refermer la porte derrière lui, il fit une dernière et lasse déclaration, qui acheva de faire naître un foyer de haine parmi la plupart des siens ;
« Vous me voyez navré d’une pareille réaction de votre part, père. Toutefois, soyez assuré que cette femme, je l’épouserais, ferais d’elle une louve après la naissance de notre enfant et s’il le faut, fonderais ma meute avec uniquement elle et le nourrisson. »
Volontairement il avait insisté sur le « notre » dans sa seconde phrase, dans l’espoir que ses géniteurs admettent de gré ou de force qu’il ne renoncerait pas au bonheur qui lui était gracieusement offert par le Destin, son ennemi d’ordinaire. Passant dans le couloir menant vers la sortie, il vit au bout de ce dernier Hallellujah, pleurant à chaudes larmes dans les bras de Nao, la bête blanche.

Essayant de consoler la bohémienne du mieux qu’elle le put, elle attisa sans le vouloir ni le savoir, la sympathie de l’Alpha qui se dirigeait vers elle ; Si bien que, lorsqu’elle entendit « Nao, veux-tu venir avec moi, me servir au Château ? » elle n’en crut pas ses oreilles. Elle accepta immédiatement ; De toute manière, considérée comme une « Oméga » au sein de la meute malgré ses loyales années de services, il lui était instinctivement impossible de refuser quelque chose au chef de la meute. Ne possédant rien, il ne fut pas nécessaire que le couple hybride attende après la servante, qui les suivit sitôt furent-ils sortis de la bâtisse à l’intérieur de laquelle la tempête grondait intensément – il fallut que les autres enfants de Raphaël le retienne pour qu’il n’aille pas instamment décapiter Hallellujah et son fils. Regagnant le Palais, Denovan fit croire que la femme qui l’accompagnait était une noble d’un pays lointain et qu’il lui faisait visiter les lieux royaux durant son séjour ici.

Personne n’osa contredire le Marquis ; Aussi emmena-t-il donc sa danseuse dans ses appartements et s’assura que tout danger était écarté avant de s’autoriser un peu de repos.

Le lendemain, il fut décidé par les deux tourtereaux que l’extérieur était trop dangereux pour la bohème et l’enfant. Du moins, tant qu’elle serait encore une humaine véritable. Ainsi, et jusqu’au terme de sa grossesse, elle resterait cloitrée entre les murs de l’appartement somptueux appartenant à Denovan. Nao assignée à sa protection, tous pensait que tout irait pour le mieux. Douce illusion.

Le Noble dû reprendre son travail à la Cour, mais s’arrangea pour ne jamais partir très longtemps. Pas plus de deux jours consécutifs, car qui sait ce qui aurait pu arriver pendant ce temps-là ? Les pires scénarios défilèrent dans sa tête, le réveillant parfois en plein milieu de la nuit, en nage, à cause d’affreux cauchemars. Concernant Hallellujah, elle vécut très mal cette captivité forcée. Communiquant par le biais de lettres furtives avec sa famille, chaque missive ne faisait que remuer dans son cœur ce manque profond dû à l’absence de ses proches. L’immigrée, obligée d’attendre que les mois s’écoulent avant de devenir une louve et de pouvoir se défendre seule, passait ses journées à s’ennuyer, chaque jour plus fort que le précédent. La servante ne refusait jamais de passer du temps et de parler avec la bohème, avec qui elle s’entendait très bien. Rapidement devenue amies, toutes deux se confièrent à tour de rôle, ne faisant que renforcer ce lien invisible qui existait alors entre elles.

Décembre arriva vite, avec son lot de gros flocons, recouvrant toute la ville d’une dense couche d’albâtre. Entrée dans le neuvième mois de sa gestation, Hallellujah supportait de moins en moins la distance avec sa famille de sang. Leur ayant déjà mentit dans ses lettres à propos de son enfermement, prétendant être tombée malade et devant se reposée, sa conscience n’aurait pas supporté de ne pas les revoir au moins une fois avant de changer entièrement de vie et d’essence. Il était impératif qu’elle aille les retrouver. Même si ce n’était que pour un jour, la bohémienne désirait vraiment poser une ultime fois ses yeux noirs sur les visages aimant de sa mère et de son frère ainé. Rien qu’une fois. Une dernière.

Maline, elle attendit que Denovan soit envoyé en mission une journée entière pour soudoyer Nao avec tous ses talents de comédienne. La louve entra dans son jeu malgré elle et consentit à la laisser sortir à la condition qu’elle accepte sa présence près d’elle, comme si la blanche était une garde du corps. La danseuse ne refusa pas et enfila une chaude cape sur ses épaules, pour ne pas prendre froid dehors. Mais à peine fut-elle vêtue qu’on cogna a la porte de l’appartement. Sur ses gardes, l’Oméga ouvrit avec prudence et tomba nez à nez avec l’un des serviteurs de sang pur des De SaintLouis. Elle le connaissait bien, aussi, pas effrayée pour deux sous, elle lui demanda la raison de sa présence en ces lieux.
« Mon Maître souhaiterait que tu reviennes immédiatement au manoir, il a as te parler. » fit-il, sans une once de conciliante dans sa voix.

Malgré que son Maître restait le Marquis actuellement absent, Nao ne pouvait refuser une convocation de la part du père de ce dernier, aussi important que son fils dans la hiérarchie de la meute. Inquiète, elle expliqua alors la situation a Hallellujah qui, rayonnante, lui répondit avec optimisme :

« Ne t’inquiète pas, Nao, tu n’auras qu’à passer me prendre après ta convocation et nous rentrerons ensemble ici, d’accord ? »

D’abord peu encline à agir de la sorte, la louve finit par être si bien mise en confiance qu’elle ne vit plus rien à redire et partie alors, escortée par l’autre serviteurs, en direction de la demeure familiale des De SaintLouis. La bohémienne, avant de partir, cru sage de laisser une lettre à Denovan, afin de le tranquilliser quant à l’endroit où elle se trouvait s’il revenait avant elle, même si c’était très peu probable.

Protéger par son épais manteau, Hallellujah sortie affronter le froid mordant de l’hiver. La neige tombait encore abondamment mais quelques courageux restaient dehors afin de travailler et gagner convenablement leur pain. A cause de son profil bien rond, elle dû faire de nombreuses pauses avant de continuer sa route. De même, lorsqu’elle essayait de forcé malgré tout, des étourdissements l’empêchait de faire un pas de plus dans la couche blanche recouvrant les pavés. Le trajet fut long et pénible, mais heureusement pour elle, nul besoin de s’enfoncer dans les catacombes avec son habitant sous le nombril, puisque ses proches avaient remontés la carriole leur servant de maison à l’extérieur, bien imbriqué dans l’espace creux entre deux hauts bâtiments. Seule la lumière des faibles bougies permettaient d’affirmer que la roulotte était habitée.

Confiante, elle frappa à la porte et fut accueillie chaleureusement par sa mère et son frère, Lino, ainsi que par son neveu qu’elle aimait tant. Tous s’extasièrent par la forme plus présente de son bébé sur sa silhouette que la dernière fois qu’ils l’avaient vu. Une ambiance familiale naquit alors au sein du petit groupe, ce qui énormément de bien à la bohémienne, qui crut alors avoir passé une éternité loin d’eux. Dès lors, elle eut l’impression de revivre. Appliquant ses mains douces a la surface de son ventre, c’est en souriant qu’elle leur dit, une fois que tous furent éreintés de signifier leurs joies ;

« J’ai tant de choses à vous raconter. »

Chapitre Sixième;

Les bohémiens furent très attentifs au discours de leur demoiselle. Elle n’épargna aucun détail et raconta comment il avait tenté de l’imposer comme sa future épouse, la réaction de son père, la sienne mais également celle de Denovan. Même Nao eut son petit paragraphe. Ils burent ses paroles comme si elle était le messie tant attendu. Pendant de longues heures, nul n’osa l’interrompre dans son discours, tous étant trop curieux pour manquer ne serait-ce qu’une miette de ses dires à elle. Sans cesse, tandis qu’Hallellujah déblatérait, ses mains satinées courraient a la surface de son ventre, sous la peau duquel les mouvements du bébé étaient parfaitement perçus. A chaque coups de pieds du bambin, après la réaction de surprise de mise dans ce genre de cas, la future mère souriait, inéluctablement.

Lorsqu’enfin sa mère et son frère purent prendre la parole, ils l’assaillirent de questions auxquelles elle répondit à chaque fois sans détour, ou presque. C’est ainsi que la journée avança plus vite qu’il n’y parut, faisant oublier a tous combien le temps au dehors de la caravane était capricieux et réfrigérant. En fin d’après-midi, finalement, Hallellujah s’étonna de l’absence de Nao, qui n’était toujours pas de retour auprès d’elle. Toutefois, laissant ce détail de côté, elle déclara à ses proches qu’elle se devait, à présent, de retourner discrètement dans les appartements de son homme, avant qu’il ne se rende compte de son absence.

Ils ne lui en tinrent pas rigueur, déjà très satisfaits qu’elle ait prit la peine de venir les voir après tant de temps loin d’eux. Constatant, en revanche, l’absence de la fameuse servante, son frère lui proposa de la raccompagner au moins jusqu'aux grilles du Château, limite que lui ne pouvait plus franchir, ne possédant pas de couverture noble comme celle que sa cadette portait fièrement sur ses menues épaules. La brune ne refusa pas, se recouvrit de sa cape et voulu se lever pour partir quand ses jambes se dérobèrent sous elle et qu’une violente douleur l’apostropha sur le sol. Un cri de sa part et son instinct premier fut d’aller s’enquérir des formes de son ventre. Ce dernier était dur comme du bois, signe que l’accouchement venait de se déclencher. Paniquée, la plus jeune des brunes fondit en larmes alors que son frère la porta sur le lit de son mère et que cette dernière lui prit la main pour l’aider à se détendre. Eliade aussi était passée par là quelques années auparavant, et il était de son devoir d’épauler sa fille tout du long du processus de mise au monde.

Alors que s’évacuèrent de sa gorge, les prémisses de sa souffrance de plus en plus grandissante, au-dehors, une ombre observa la scène d’un œil aguerri. Son visage statique ne changea pas lorsqu’il fit demi-tour pour rejoindre le domicile de ses maîtres et annoncer la nouvelle en bon et due forme. Faisant fi des pleurs qui planaient pourtant tout près de lui et des supplications l’accompagnant, la noirceur obéit alors à son maître tandis qu’il lui ordonne de s’apprêter. La nuit n’était pas encore tombée, mais une organisation minutieuse était de mise pour mener à bien le plan suintant de diabolisme, issu du pire des esprit de ce bâtiment.

La sueur coulait le long de son visage et de son cou, lui brulant les yeux lorsque les gouttes trop grosses passaient au travers du mouchoir détrempé posé sur son front, atterrissant sur ses pupilles contractées. Les veines ressortaient de ses bras et même d’ailleurs à chaque contraction nouvelle. A chaque fois la douleur était plus intense que la précédente. Son souffle est court, voici déjà une heure qu’elle est attelée à expulser de ses entrailles le fruit de ses amours passionnés avec Denovan ; Pourtant, il lui semble qu’une éternité s’est déjà écoulée. Sa mère, toujours à son chevet, veille à ce qu’elle ne se déshydrate pas en l’obligeant à boire le plus possible, entre deux soubresauts de son corps, dû au mal. Lino est retourné auprès de sa propre femme, emmenant son fils avec lui, pour ne pas qu’il soit choqué à la vue d’une telle quantité de sang fusant en dehors du corps d’Hallellujah.

Déjà, les couleurs de son visage ont éclaircies, preuve immuable que ses forces sont toutes entières sollicitées par l’effort. Elle appelle Denovan mais c’est bien inutile au vu du contexte. Les doigts crispés sur le drap souillé juste en dessous d’elle, la bohémienne parvient tout de même à en déchirer tout un pan, tant la force de son corps s’est décuplée à cause de l’enfant désireux de connaître l’environnement qui l’entoure. Elle cri, elle peste même de temps à autre, se demandant pourquoi donc Dieu n'abrège pas ses souffrances immédiatement.

Ses beaux cheveux sombres, rendus poisseux par la transpiration, se retrouve collés a son derme alors que les traits de son visage sont affreusement déformés tant ils se retrouvent tirés. C’est le seul moyen que son corps a de traduire sa douleur lancinante. De temps à autre, en revanche, la Nature parait conciliante et lui accorde quelques secondes de trêve au milieu de cette guerre charnelle qu’elle est dans l’obligation de remporter. Il le faut, pour elle-même mais également pour le noyau agité qui a, pendant neuf long mois, grossit sous son nombril. Aucune autre alternative possible. Et, alors que sa propre génitrice lui rafraichit l’entièreté de son corps, en déversant de généreuse quantité d’eau sur sa tête, sa poitrine et ses jambes, elle continue de pleurer, ses pupilles se dilataient de plus en plus. Éreintée alors que la course à la vie débutait a peine, la danseuse ne pouvait que sentir sa chaire qui s’émaciait davantage à mesure que l’enfant, instinctivement, forgeait son chemin vers la lumière. Chaque sensation était dûment retranscrit dans les os de la mère qui hurlait encore plus à chacune des avancées du nourrisson, bien déterminé à continuer de creuser sa voie vers le futur qui lui était promit.

Finalement, après un craquement sinistre symbolisant l’abandon de deux des côtes de la bohémienne, le silence se fit. Ses paupières se refermèrent presque avec entrain alors que sa tête basculait en arrière. Tombée inconsciente à cause des torrents de sang qui s’évadaient de son enveloppe charnelle, elle n’avait même pas lutté contre Morphée, lorsque ce dernier vint la cueillir dans ses bras doucereux, lui prodiguant un repos bien mérité après cet épuisant exercice. Hallellujah n’entendit pas les premiers râles de son enfant, tout tâché de son sang. Ce fut sa mère qui, inquiète, et seulement après avoir vérifié à plusieurs reprises que sa fille chérie respirait toujours correctement, s’empara du nourrisson, fit sécher ses sanglots et l’enroula dans un drap blanc et propre, chauffé sur le petit poêle tout spécialement pour lui. Lavé avec amour et eau fraiche ramenée tout spécialement du puits le plus proche pour sa petite existence, le bébé se calma rapidement.

Sa toute nouvelle grand-mère le berça tendrement, en lui chantonnant quelques chansons de chez elle, ce qui l’apaisa et le plongea dans une somnolence certaine ; Après tout, lui aussi avait vu son palpitant s’affoler vu la force qu’il avait dû déployer de l’intérieur de son cocon de chaire pour en sortir. Pestant contre son fils ainé qui tardait à revenir, Eliade veille tout de même à ne pas réveiller le nouveau-né, préférant laisser ce plaisir à sa génitrice.

La danseuse dormit jusqu'à la tombée de la nuit. Une insupportable sensation d’insécurité l’avait alors gagné, l’empêchant de se reposer davantage. Elle ne s’imaginait pas alors combien ses ressentit était vrais. Pour l’heure, tournant la tête vers sa propre mère, elle sourit et verse même quelques larmes de joie lorsqu’elle constata que son enfant allait pour le mieux. Elle demanda à son homologue de lui remettre cette part d’elle-même et fut rapidement exaucée, sentant aussitôt la chaleur de cette minuscule boule de chaire réchauffer ses bras refroidi par l’épuisement. Heureuse, elle n’aurait pu l’être plus, bien qu’elle n’avait guère prévu d’accoucher dans cette roulotte, cela va de soi. Dans un sens, en revanche, le fait d’avoir donné la vie au même endroit où elle était née, plus de dix-huit ans auparavant, la comblait d’une fierté intense. Désormais, dès lors qu’elle pourrait de nouveau recouvrer suffisamment de force pour rallier le Château, elle le ferait se promit-elle. A moins, songea-t-elle, que ce soit Denovan qui vienne la prendre lui-même, chose qui serait tout à fait crédible vu la situation. Sans doute devait-il s’inquiéter, mais la belle ne s’en formalisa guère, persuadé qu’en posant les yeux sur son rejeton, le loup verrait ses ardeurs immédiatement calmées. Sans se l’avouer pour autant, la brune avait même hâte de le voir débarquer ; Cela signifierait que sous peu, elle deviendrait comme lui. Et rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

Si seulement elle avait su… Car la bête qui se présenta ne fut point celle attendue.

Tout à coup, alors que les bonnes gens étaient sans doute tous cloitrées chez eux par cette nuit de vingt-quatre Décembre, un choc secoua la roulotte. Puis un grincement sinistre se fit entendre.

Denovan arpentait le couloir en direction de ses appartements au Château au pas de course. Il avait un mauvais pressentiment qui lui dévorait le peu de sang-froid qu’il était parvenu a conservé jusque-là, alors que sa calèche avait été ralentie lors de son trajet de retour, à cause des gros flocons qui chutaient du ciel. Sa logique lui ordonnait de taire cette sensation, mais rien à faire, il n’arrivait pas à se tenir tranquille. Il fallait qu’il l’a voit, Hallellujah ; Et qu’il s’assure par la même occasion que tout allait bien pour elle.

Sans frapper ou s’annoncer, il pénétra entre les murs qu’avait gracieusement offerts le précédent Roi à sa famille et qu’il occupait depuis bien des Lunes. L’odeur fruitée de sa compagne, mais aussi, celle moins prononcée de Nao, envahissaient les lieux. Mais aucune trace, ni de l’une ni de l’autre. Il eut beau chercher dans chacune des pièces, il n’y trouva personne. Déjà stressé plus qu’il ne le fallait, il paniqua réellement dès lors qu’il aperçut la lettre laissé à son intention par son amour.
« Chéri ;
Je vais rendre visite une dernière fois visite à ma famille. Nao a été convoquée par tes parents je crois et est donc repartie là-bas. Dès qu’elle aura fini, elle viendra me chercher et nous rentrerons ensemble au Château. J’espère que tu ne verras pas cette lettre, car cela voudra dire que tu as été plus rapide que moi !
J’ai hâte de te revoir. Tu me manques. Je t’aime.
Hallellujah. »

Instamment, le sang du Lycan pulsa comme jamais. Persuadé que les autres loups de la meute avaient alpagué sa bohème pour lui faire subir Dieu sait quoi entre les murs de la demeure familiale, il s’y précipita aussi vite que son enveloppe humaine le lui permettait. Les rues étaient désertes, ne faisant que renforcer son effroi toujours grandissant. Le vent fort et imprégné de neige brouillait ses sens sous cette forme, mais il n’en tint pas compte en arrivant devant le manoir qui l’avait vu grandir en qualité de jeune Marquis pendant bien des années.

Enfonçant la porte sans ménagement, se fichant bien de ce que ses liens de sangs pouvaient penser d’un tel comportement, il s’enfonça toujours plus dans le ventre de cette maison, hélant chacun des noms de son clan. Mais aucune réponse ne lui fut renvoyée, jamais.

Il n’entendit que des sanglots à moitié étouffé dans l’une des pièces fermées à clefs. Dans le doute, même s’il ne sentait pas là le parfum de la brune, il ne pouvait s’accorder le luxe de trainasser davantage. Un frisson désagréable se fit alors sentir dans son échine, repoussant encore ses capacités à rester calme d’un cran supplémentaire.

La vision qui s’offrit à lui le glaça sur place. Assise sur le sol, enchainée au mur derrière elle par une chaine, des menottes et un collier luisants se trouvait Nao. Elle pleurait abondement et suffisamment de sang coulait en bonne quantité de son cou et de ses poignets pour que Denovan devine de quoi étaient faits ces artifices. De l’argent. Cette matière, sitôt enfilée sur le corps d’un lycanthrope se met à le brulé irrémédiablement, déclenchant une douleur d’une rare intensité. Quelle abjecte sanction que voilà. Il s’approcha d’elle en deux enjambées et répéta mille et une excuses à son Alpha entre deux salves de larmes.
« Par…Pardon Monsieur, je… Pardon. »
Son Maître, n’ayant pas la patience de réfléchir à comment se prémunir de l’effet nocif de ce métal sur sa personne, agrippa fortement le collier cranté entre ses puissantes phalanges et le fit éclater sur le sol, faisant de même avec les bracelets. Ses mains furent entièrement brulées suite à cela, sans doute garderait-il longtemps des cicatrices.


Dernière édition par Mezariel D. de SaintLouis le Dim 26 Jan - 12:19, édité 2 fois
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Aspara Mel'Aelyn
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Jeu 23 Jan - 17:37

Bwaaaaaaahhhh
Bon courage pour ta fiche, petit Ren
Si tu veux savoir, c'est moi qui t'ait filé le lien sur FB...
Quelle longue histoire !! *o*
Faudra que je la lise.

Au plaisir de RP avec toi ~♫

PS : Evite les double posts Wink
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Dim 26 Jan - 12:40

Chapitre Septième;

Immédiatement après ce secours porté juste à temps à la louve, le blond posa un genou à terre devant elle et lui posa une seule et unique question, droit dans les yeux, mêlant presque l’océan froid des siens et l’enfer rougit par les flammes prisonnier des prunelles de la blafarde.

« Nao, ou sont-ils tous passés ? »

Pendant une seconde qui parut une éternité litanique, la susnommée essayât de garder un visage sérieux et plus agréable à regarder que celui ou les larmes coulaient en torrents ; Mais rien n’y fit. Une nouvelle saison de cristaux salés trouvèrent la porte de son faciès et s’y déversèrent sans le moindre remord, n’oubliant point d’hachurer précautionneusement les quelques mots qu’elle trouva pitoyablement à répondre à son maître.

« Je suis dés…lée…. Ils m’ont dit…. De ne pas…. Les suivre…"

C’est précisément à cet instant que le plan de ses aïeuls sauta aux yeux de Denovan dont le sang se noircit alors ; davantage à cause de l’élixir de l’inquiétude que de l’acide nectar de la rage. Devant une albinos tétanisée, il abattit ses barrières de contenance et se laissa imprégner par son propre venin lycanthrope. Vif comme l’éclair, il retomba sur ses quatre puissantes pattes, grognant sourdement. La pièce étant étroite d’entrée, il n’eut guère le choix que de forcer le passage avec ses larges épaules, ce qui en endommagea grandement l’encadrement de l’unique porte présente. Mais sur le moment, il n’en avait cure. Accordant un seul regard en arrière à Nao, restée contre le mur mais le contemplant avec une certaine admiration au fond de ses grands iris rubis, sous sa forme lupine, il lui fit comprendre que si elle voulait l’accompagner, elle était la bienvenue.

La mordue se redressa, tangente. Puis, à son tour, elle revêtit une somptueuse fourrure blanche, contrastant avec la dorée de son Alpha. Bien qu’affaiblie, elle ne pouvait laisser le chef qui régnait sur sa vie partir seul dans cette quête. Et si elle devait mourir, alors ce serait pour le protéger, lui et son enfant. Bien sûr, des traces de brulures imposantes s’étaient établies autour de son cou et de ses pattes avant, faisant jaillir le sang sur ce pelage immaculé, mais elle prit sur elle. Son état importait peu, aussi, elle fit face à la douleur et emboita le pas au Lycan couleur des blés lorsque ce dernier sauta par le premier balcon et débuta une longue course contre la montre en direction de l’intérieur de la Capitale. La chance qu’ils avaient, c’était que personne ne rodaient dans les allées enneigées des alentours, tout le monde célébrait la fête de Noël chez soi, sans se soucier de ce qui pouvait bien se passer à l’extérieur. Et c’était très bien ainsi.

Mais un adage bien connu affirme que le bonheur des uns fait le malheur des autres. Et en ce contexte effroyable, ceci est plus que véridique.

Arrivant là ou l’odeur d’Hallellujah était la plus forte malgré le vent du Nord dansant sur la ville, le de SaintLouis ne put que contempler avec horreur qu’il ne restait rien de la carriole qui abritait autrefois son tendre amour. En lieu et place de l’image qu’il lui restait de ce lieu de vie nomade ayant vu naitre sa compagne, il ne subsistait plus de mes monceaux de bois déchiquetés de part et d’autre et une forte odeur de sang s’échappait d’un cadavre encore frais. Quelques filets de chaleur émanaient encore. Les reliefs du souffle des Denovan s’épaississaient et se rabattaient sur ses côtes, à mesure qu’il observait le triste spectacle qui se déroulait alors devant son regard inhumain.

Un homme – qu’il identifia comme Lino, le frère ainé de sa danseuse – se tenait là, à genoux sur les pavés glacés car recouvert d’une pellicule neigeuse, un corps mutilés dans ses bras. Dans le désespoir de cet homme, le noble dénicha tout de même une consolation ; Cette enveloppe charnelle n’était pas celle de la bohémienne imprudente. Il fallait donc qu’il reparte immédiatement à sa recherche, mais avant tout, qu’il piste les fragrances des siens, embaumant l’air comme rarement c’avait été le cas de son vivant. Son odorat avait identifié son père, sa mère, l’un de ses frères mais aussi les domestiques fidèles des premiers cités. C’était une meute respectable qui avait donc été formée au pas de course uniquement pour abattre celle qu’il désirait ardemment pour femme, il en était convaincu. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’était que si les siens avaient attendus si longtemps avant de mettre les menaces du patriarche a exécution, ce n’était que pour lui faire le plus de mal possible, et rien d’autre ; Pour lui retirer le bonheur alors qu’il était sur le point de s’en délecter. Du sadisme a l’état pur, digne des pires charognes.

Son regard croisant celui de l’ainée d’Hallellujah, il redescendit brusquement sur terre et reparti aussitôt à la suite de son clan, déterminé à ne pas les laisser mener leur diabolique à terme.

Son souffle était court et ses poumons torturés par l’effort qu’elle se voyaient forcée d’accomplir. Maltraitant son rythme cardiaque élevé, la silhouette s’évertuait à courir encore et encore, toujours plus loin et toujours plus vite. Le froid mordant sur ses pieds nus, elle n’en avait que faire en cette soirée tatouée aux frasques de l’effroi. Il était impératif qu’elle trouve un endroit ou se cacher, où trouver asile au plus vite. Elle paraissait fuir de Diable en personne alors que sa chevelure noire voletait dans son dos d’une façon désarticulée et que ses yeux exorbités ne lâchaient pas le point invisible qu’elle fixait depuis qu’elle était sortie de son foyer émietté par les monstres.

Un couffin dans les bras, elle était d’autant plus motivée à survivre à la menace infernale qui pourtant, ne faisait que gagner du terrain sur ses talons. Son fils, tout juste naquit au cœur de cette ville et qui pourtant, renferme déjà bien des mystères. Tel est son précieux chargement.

La première chose qu’elle vit chez la chaire de sa chaire, alors qu’elle l’avait pris pour la première fois dans ses bras, il avait enfin daigné à ouvrir les yeux et ses paupières dévoilèrent un orbe aux teintes du ciel sans nuage et un second… Pour le moins étrangement difforme. Le droit ne possédait ni le contour blanc de son jumeau, ni même sa composition ; Il n'y avait qu’une lumineuse et interminable iris peinte de cyan et une minuscule pupille tout au centre. Un œil de loup. Lorsque sa propre mère vit cette étrangeté, elle hurla a Hallellujah de se débarrasser de sa progéniture, car il était destiné probablement à devenir un monstre. Mais bien qu’elle l’ait vivement défendu à coup d’acerbes propos, l’immigrée ne put que rester impuissante lorsque la lune se leva, derrière les nuages, et attira le nouveau-né sous l’apparence de l’autre moitié de son sang. Une minute à peine avait suffi pour qu’à la place de son rejeton se trouve un minuscule louveteau, sans poils, avec des yeux fermés et des pattes maladroites.

Réitérant ses paroles mauvaises, l’aïeule du nourrisson avait davantage élevé la voix en affirmant que sa fille avait été engrossée par l’un des pairs de Lucifer en personne. Allant pour s’emparer de la boule de peau fripée, Eliade jura alors que noyer cette dernière dans un baril d’eau bénite était l’unique issue qu’il restait à l’âme de son unique enfant pour atteindre un jour, les plaines du Paradis. En revanche, la récente accouchée ne l’avait pas entendu de cette oreille ; Aussi, se recroquevillant sur la petite bête au creux de ses membres supérieurs, elle avait foudroyé sa génitrice d’un regard plus sombre encore que les abysses logées dans les fossés entre deux montagnes, la maudissant, lui intimant de disparaitre immédiatement. Car elle aimait son fils malgré tout. Elle l’aimait pour ce qu’il était, pour ce qu’il représentait et bien plus encore. De toute façon, la bohémienne était bien déterminée à quitter les siens dès lors que Denovan serait auprès d’elle, bien qu’elle ait tenu secret ce projet. Seul le père de sa progéniture était au courant de ses desseins à venir. Et elle espérait que ce fut-ce lui qu’elle entendait au dehors, là, immédiatement.

Sauf que. Lorsque la roulotte trembla comme jamais, la brune avait alors eut le réflexe de tendre l’oreille. En effet, il y avait là des bruits de pattes lourdement abattus sur le sol givré de la Capitale ; Mais lesdits sonorités étaient bien trop nombreuses, bien trop étranges pour qu’il puisse s’agir de l’être qu’elle attendait de toute son âme.

La femme l’ayant mise au monde des années auparavant cria sa peur et avant même que les yeux noirs d’Hallellujah ne puissent aller se poser encore une fois sur elle, le bois du flan de la roulotte s’affaissa sur elle, l’embastillant dans un cercueil compressé. Une immense créature, toute recouverte d’une fourrure brumeuse – bien que parsemée d’épais flocons- broya la pauvre vieille sous le poids de son anatomie. Et c’en fut finit de celle-ci. Parfait, s’était dit le loup, plus qu’une et l’enfant.

Il n’avait en revanche pas prévu une chose, s’était que la danseuse dont son fils s’était éprit avait dans sa manche la carte de la malice et de la ruse. Sans même échafauder un plan – ce n’aurait guère eu d’utilité en cet instant crucial – d’action, Hallellujah se saisit de la première chose qui lui tomba sous la main – en l’occurrence un petit pot fait d’argile- et le lança avec toute la force disponible sur le museau de l’avatar du Malin qui se tenait là, a moins d’un mètre d’elle. Le destin parut vouloir être clément avec elle et l’immigrée constata alors avec satisfaction que le récipient en question contenait du poivre moulu. L’effet fut immédiat et la créature recula, geignant en tentant d’ôter de ses yeux et de son nez sensible de loup. Les autres membres de la meute, inquiet pour leur chef, vinrent s’enquirent de son état en s’approchant aussi près que cela leur était permit. Parfait, ils avaient donc sans même l’avoir désiré ouvert une brèche pour la femme qui ne se fit nullement prier pour s’en saisir, l’empruntant avec ferveur, son bébé caler contre sa poitrine.

Et maintenant, la voilà qui devait supporter une atroce guirlande de douleur qui enroulait tout son corps, aussi vicieusement qu’un serpent. Chaque pas supplémentaire était peut-être un pas de plus vers la sécurité, mais la souffrance recueillit en échange se trouvait être de plus en plus insoutenable. La torture était si puissante que la jeune femme n’avait même plus l’impression de sentir la présence de ses jambes ou de ses bras, bien rivés au reste de son corps, pourtant. Ou pouvait donc être Denovan ? Il était le seul à pouvoir lui porter secours contre ses poursuivants ! Mais il n’était pas là, non, sa chaleureuses présence n’était même pas perceptible, le vide remplaçait le tout et …

C’est alors que les yeux auburn aperçurent le mirage qui lui ôta une pression des épaules. Par-delà les étoffes neigeuses qui s’évadaient des nuages grisâtres, se dessinait la forme rassurante d’une immense bâtisse. Et pas n’importe laquelle. Il s’agissait là ni plus ni moins que de la Grande Cathédrale. Sauvée.

La bohémienne pourrait y trouver un refuge certain, jusqu'à ce que l’homme qui avait fait d’elle une jeune mère vienne la chercher et l’emmener en sécurité.
Hors d’atteinte, elle serait protégée par le Seigneur tout puissant ! Cette certitude injecta dans ses muscles l’adrénaline nécessaire pour qu’une fébrile pointe de vitesse ne la fasse atteindre bien plus vite l’imposante porte de bois sombre qui clôturait l’entrée de ce lieu Saint.

Elle abattit furieusement son poing sur la pièce épaisse et boisée, mais rien de lui revint. Une seconde fois. Toujours rien. Une troisième, et là encore, nul ne vint lui ouvrir l’accès à cet endroit qu’elle avait cherché avec détermination tout au long de son échappée belle. Au bout de la quatrième, le vague sourire qui étirait alors ses lèvres gercées par la froideur du climat, acheva de se décomposer. Non… Ce n’était pas possible, pas envisageable… Ou était le curé ?! Lui qui ne quittait jamais son presbytère, ou se trouvait-il alors qu’une enfant du Seigneur implorait sa présence immédiate ?!

Hallellujah aurait pu se poser davantage de questions, si plus de temps lui avait été accordé. Mais ce ne fut pas le cas. Alors que ses ongles tremblant s’essayait à griffer le bois des portes de la Cathédrale, une ombre imposante la submergeât toute entière, lui glaçant le sang par la même occasion. Encore une fois. Inutile d’être issue des plus hautes institutions pour savoir qui se tenait derrière elle, martelant son dos de son souffle trop chaud pour être imprégné de bonnes intentions. Le père de Denovan en personne. Arrivée au summum de sa rage, il s’apprêtait à lui faire subir le même sort qu’a sa mère, en l’écrasant de sa masse musclée contre le marbre des marches de la Cathédrale. Mais la raison de la jeune femme lui ordonna de se jeter dans une tentative de fuite, aussi improvisée qu’elle était désespérée.

Bifurquant juste avant que les pattes de l’animal ne l’atteigne, elle et l’enfant, elle entreprit de descendre les marches qui menaient jusqu’aux parvis une à une, allant se jeter littéralement dans les gueules des autres loups l’attendant en bas, avec gourmandise. Mais sur le moment, elle n’avait pas réfléchit davantage, se disant qu’elle trouverait bien une solution une fois arrivée à la dernière marche. Erreur.

Le chef de la petite meute exécuta un rapide volte-face pour lui asséner le coup de grâce, mais ses dents, a défauts de trouver logement dans la chaire sanguine a souhait de sa proie, agrippèrent en revanche le tissu qui entourait le petit être tout juste extrait des entrailles de cette dernière. La danseuse ne voulut pas céder face à la bête, mais il fallait être réaliste plus d’une petite seconde. Elle affrontait bien plus fort qu’elle. Et en un simple coup de griffes, la réalité épousa de nouveau les traits de son esprit, encore hagard des efforts fournis. Son corps se retrouva marqué d’une large et profonde plaie partant de sa hanche droite, jusqu'à son épaule gauche. Puis la morsure du gel se fit sentir sur son dos tandis que sa carcasse meurtrie fut projetée contre le parvis de l’édifice, tout en bas de l’escalier. Son souffle, étrangement sirupeux, s’échappait des tréfonds de sa gorge telle une hydre informe. Ses yeux, épuisés, parvenaient difficilement a lui montrer autre chose que des silhouettes floues de prédateurs, dont certains se rapprochaient d’elle, du cadavre en devenir. Sa fatigue était si intense que ses larmes n’arrivaient même plus à couler. Tout était perdu, s’était –elle dit.

En soit, elle n’avait pas réellement tords. Du haut de son piédestal fictif, Castiel observait avec une certaine concupiscence le spectacle qui s’étalait sous ses yeux bleus de vil représentant d’une lignée satanique. Il ne lui restait plus maintenant qu’à broyer le corps encore chétif de la chose qui remuait vivement dans le couffin de fortune qu’il tenait entre ses crocs soyeux. Déposant le fragile contenu sur les roches froides des marches, il émit un grognement avant de se préparer au coup ultime qui réduirait à néant les plans extravagant de son fils ainé.
Mais celui dont la présence avait pourtant été soigneusement évitée jusque-là décida que ce fut-ce l’instant propice pour se montrer devant les siens. Deux autres lupins dardèrent de leur présence le petit groupe déjà sur place. Le doré, sans même prendre le temps de réfléchir à ses actes, repoussa fortement son paternel en arrière, manquant de peu de lui faire traverser l’épaisse porte de bois menant à l’intérieur de l’église. Denovan arqua ses pattes, comme s’il avait l’intention d’attaquer celui qui lui avait céder son titre d’Alpha, en prenant appui sur les blocs durs des marches de la Cathédrale. Ainsi, il protégeait du même coup la petite vie qui avait frôlé de bien peu les caresses de la Faucheuse, sans même le savoir. Son enfant.

Castiel se redressa, accusant de ses iris, rendus jaunes par la fureur, son descendant. Pourquoi diable s’évertuait-il à vouloir tant conserver une chose si fébrile à ses côtés ? Ceci n’avait pas de sens ! La consolation de l’ancien Alpha trouva racine dans le fait que l’insolente qui avait osé se faire mettre enceinte par Denovan ne serait bientôt plus de ce monde. Il n’avait peut-être pas remporté la guerre, mais la victoire à l’une des plus importante bataille était sienne, présentement.

Reprenant un peu de son sang-froid, Denovan cessa d’hérisser sa fourrure, rangea ses crocs derrière ses babines suintante et tourna finalement la tête vers le corps de sa chère et tendre, allongée au milieu d’un tapis de neige fraiche. Faisant comprendre a Nao – qui d’un signe de tête négatif après un rapide examen de la danseuse à terre, lui avait alors signalé qu’il était trop tard -qu’elle devait immédiatement venir a sa place pour prendre le petit bébé entre ses mâchoires – par mesure de sécurité -, l’Alpha descendit alors de nouveau les quelques marches qui le menèrent jusqu'à une Hallellujah plus affaiblie que jamais. Elle sût qu’elle allait mourir. Et elle l’avait accepté, au contraire du monstre qui lui, voulut tout faire pour tenter de lui sauver la vie. Car il était borné. Sa prestance dominante força les autres membres de la meute à rabattre leurs oreilles et s’écarter de la silhouette de la suppliciée, bien que cette dernière ne ressentait déjà plus la douleur depuis quelques instants maintenant. Une libération bienvenue.

Ni une ni deux, l’Alpha planta ses dents imbibées de son poison lycanthrope dans le bras de sa belle, dans l’espoir que sa constitution ne soit pas encore trop épuisée pour que sa mutation ait lieu.

Mais il était bien trop tard hélas. Et malgré les plaintes sourdes qui furent perçues par tous en provenance du loup couleur miel, rien n’y fit. Dans un dernier élan de passion et un effort surhumain, Hallellujah vint appliquer une dernière caresse sur la tête de l’animal juste à côté d’elle. Quelques paroles réfléchies s’exaltèrent dans le vent, aussi mourantes que leur expéditrice.

« Prends soin de notre enfant Denovan. Je l’aime autant que je t’aime. Prends soin de lui… De Mezariel… »

Et son membre retomba sur la couche de neige, éclaboussant ce dernier de tâches vermeilles. C’était bel et bien la fin d’une histoire à présent. La bohémienne était morte.

Emplit par le chagrin aigre, Denovan se retint cependant d’hurler son désespoir. Pas tout de suite. Il avait conscience d’être en plein cœur de la Capitale, et céder maintenant à son basique instinct d’animal n’aurait en rien arrangé la situation. Délaissant contre son gré le corps inanimé de celle qu’il avait aimé au point de se damné, l’Alpha de la meute remonta les marches, les épaules affaissées par la douleur et la tristesse. Arrivant prés de Nao, il entreprit de lui dérober doucement le couffin qu’elle avait protégé le temps qu’il fasse ses adieux à la mère de la petite vie qu’il contenait.

Enfin, l’entièreté de la meute prit le chemin du retour vers la demeure familiale, quittée moins d’une heure auparavant. Le cadavre de l’immigrée ne sera découvert par le prêtre qu’au petit jour, le lendemain, alors que ce dernier rentrait de l’immense fête donnée au Palais par sa Majesté le Roi des Humains, comme tous les ans.

C’était le seul motif qui l’aurait poussé à quitter les lieux saints qu’il habitait à tout instant. Ceci couta la vie à une fille d’Eve, poursuivit par les chiens du Diable.

De nouveau entre les murs de la villa l’ayant vue grandir, Denovan reprit sa forme humaine, faisant basculer le couffin qui contenait sa progéniture de sa gueule a ses puissants bras musclés. Bien que nu comme un ver, il n’éprouvait aucune pudeur devant les siens, le choc de la récente perte encore trop bourdonnante a ses oreilles.
Venant s’installer devant le feu grésillant au creux des reins de l’imposante cheminée du grand salon, l’Alpha s’exila volontairement du reste de la meute, ne tenant pas à leur adressé la moindre parole. Même Nao comprit qu’elle devait se retirer pour l’heure, et s’isola à son tour quelque part. La peine que ressentait la bête redevenue homme était incommensurable. Et pourtant, comme si ce ne fut pas assez pour ses ascendant, juste avant de monter se coucher dans leur chambre, ils eurent le culot, l’audace de lui dire que si l’avenir faisait en sorte que l'enfant ressemble trop à la « vermine » - Denovan grinça des dents à l’usage de cette appellation péjorative pour désigner la mère de l’enfant – qui l’avait porté pendant neuf mois, ils le tueraient sans hésiter un instant, qu’il soit là ou non pour le protéger.

Ce n’est qu’une fois seul qu’il réussit à laisser couler sa peine sur ses pommettes. Le cœur brisé de part et d’autre, il avait tout de même du mal à réaliser tout ce qui venait de se produire, s’appropriant la faute du drame et s’excusant par mille fois auprès du nouveau-né qu’il tenait tout contre son torse. Il découvrit à cet instant qu’il s’agissait d’un petit mâle ; Enfin, d’un petit garçon actuellement sous la forme d’un louveteau bouffi et malhabile. La crainte que son descendant ne puisse jamais arboré une apparence humaine le submergeât alors, et il resta auprès de lui jusqu'à ce que les premiers rayons de soleil ne sortent de leur couche sombre et ne dissipe cette peur bien réelle. Entre temps, il eut le temps de décidé du nom de son fils.

« Tu es né sous une bonne étoile, mon fils. Mezariel Denovan Elison Emmanuel. Sache que ta mère t’aimait profondément, et il en est de même pour moi. Je te protégerais, mon fils. Oui, je te protégerais. »

Les premiers instants de la vie noire qui attendait vicieusement cet enfant comme une araignée patientait jusqu'à l’arrivée de l’imprudent moucheron, venait tout juste de commencer.
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Dim 26 Jan - 12:41

Fiche terminée ♪
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Juzo Fuwa
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Dim 26 Jan - 18:36

Je dit félicitation au modo ou à l'admin qui aura le courage de tout lire pour valider cette fiche.
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Dim 26 Jan - 19:57

Moi aussi, d'avance merci, aussi ♥
Et encore, ceci est la version abrégée du remaniement de mon personnage 8'D
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Erebus Coursevent
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 27 Jan - 13:22

Correction

Re coucou!

J'AI REUSSI A TOUT LIREEEEE

Tu parle d'une bourse pleine de Louis d'Or, mais sachant que nous sommes dans un univers fantastique, il s'agirait plutôt de Pièces d'Or très commune. Dans le Chapitre Troisième, dans le paragraphe 15, ligne 4.

Tu parle de la ville de paris aussi. XD Il n'y a pas de Paris, la capitale humaine est Imalnel. Après ta musique "Il est beau", 2eme paragraphe, dernière ligne.

Sinon, a part cela que tu devra corriger je te valide! J'aime beaucoup ton histoire inspiré du Bossu de Notre Dame^^

Une dernière chose, n'oublie pas qu'en devenant le roi des Lycans, les vampires et lycans, bien qu'ennemis de nature sont alliés. Je serais honorée de rp avec mon Erebus quand ton personnage sera roi. Et que les Lycans sont aussi en guerre contre les humains. Bien que ton personnage soit à moitié humain, il devra quand même se défendre contre le Roi humain. Voila!!!

Tu peux aller faire ton journal intime et rp. Ton logement sera le Vieux Chateau (donc la demeure du roi Lycan), je pourrais y rajouter des pièces si tu veux, et tu peux aussi demander un logement pour ton personnage puisqu'il ne devient pas tout de suite roi. Mais ne tarde pas trop à le lui faire devenir ;3

Bon jeuuu


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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   Lun 27 Jan - 13:38

... Pardon je pensais avoir tout bien corrigé ;w;
Je te remercie pour la validation en tout cas et je serais également ravie de rp avec Erebus en tant que Roi <3
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MessageSujet: Re: A glass of blood || Mezariel   

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A glass of blood || Mezariel
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